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Hommage à Pierre Angers

L’Université du Québec à Montréal rend hommage à monsieur Pierre Angers en lui attribuant le titre de docteur honoris causa, par décision de son Conseil d’administration et sur recommandation du Conseil académique de son Secteur de l’éducation. Par ce geste, l’Université veut souligner sa contribution exceptionnelle au développement de l’éducation au Québec.

Au cours de sa longue carrière, qui a débuté en 1937, Pierre Angers a été un professeur pleinement engagé dans la formation et un penseur attentif au milieu de l’éducation québécois. Après être entré dans la Compagnie de Jésus, avoir obtenu une première licence en philosophie, une seconde en théologie et une troisième en lettres, il a complété un doctorat en philosophie et lettres. Pendant plus de 25 ans, Pierre Angers a enseigné le français, le latin et la philosophie dans plusieurs établissements. Ses élèves ont retenu de ce remarquable pédagogue son respect absolu des personnes, sa considération pour la dimension affective de leur processus d’apprentissage, sa volonté de les encourager sans cesse et de les soutenir dans leur développement intellectuel afin qu’ils deviennent les premiers artisans de leur formation. C’était, disent-ils, un professeur qui accompagnait plutôt qu’il n’imposait. Ils n’hésitent donc pas à qualifier ce professeur de " maître ", au sens le plus noble du terme.

Parallèlement à sa carrière de professeur, Pierre Angers a aussi œuvré au sein d’organismes qui ont marqué leur époque et contribué à façonner le monde de l’éducation et de la recherche d’aujourd’hui. Ainsi, de 1949 à 1959, il a été membre du Conseil canadien de recherche sur les humanités, alors que le Canada voulait se doter d’institutions et de politiques en recherche et en enseignement supérieur. Il a aussi siégé au Conseil des arts de la province de Québec, puis au Conseil supérieur de l’éducation, qui venait d’être créé. De plus, il a présidé la Commission de l’enseignement supérieur du Conseil supérieur de l’éducation, de 1965 à 1968, en pleine période de réformes sociales et de mutation des valeurs au Québec. Soulignons finalement qu’il a occupé avec brio, de 1977 à 1980, le poste de président de la Commission d’étude sur l’avenir de l’enseignement supérieur et des universités. L’une des retombées majeures de cette commission a été la réaffirmation du rôle de l’université dans la formation et le ressourcement des enseignants des niveaux préscolaire, primaire et secondaire. C’est également à cette époque que des départements d’éducation ont vu le jour dans les différents établissements du réseau des universités du Québec et que des ajustements majeurs ont eu lieu dans les universités déjà dotées de structures analogues.

Si Pierre Angers a contribué aux différentes instances qui ont forgé le monde de l’éducation au Québec, au cours de la seconde moitié du siècle, son apport à la recherche pédagogique et au développement de la pensée dans ce domaine mérite toute notre admiration. "Avec une constance et une cohérence exceptionnelles, il a eu le souci d’ancrer sa pensée dans l’observation minutieuse des pratiques pédagogiques en classe. C’est là qu’il a trouvé la source de la confirmation de sa vision de l’activité éducative" comme le souligne si justement Pierre Lucier, président de l’Université du Québec. Ainsi, à la fin des années soixante, il s’engage avec des collègues dans l’Opération Départ menée à Montréal dans des milieux défavorisés. À la fin des années soixante-dix, alors qu’il était professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, il entreprend une recherche-action à l’École Saint-Paul, située dans un quartier ouvrier de Trois-Rivières. Pierre Angers et son équipe mettent en pratique les principes de l’activité éducative humaniste, qui propose un projet éducatif suscitant l’intérêt intrinsèque de l’élève au lieu de lui imposer des connaissances de l’extérieur. Cette intervention a enrichi la théorie de l’environnement éducatif à laquelle Pierre Angers accorde une grande importance. Elle a donné lieu, huit ans plus tard, au projet ÉPEL, Éducation permanente à l’élémentaire, qui a constitué une innovation pédagogique marquante pour tout le milieu de l’éducation primaire.

Pour notre université, qui forme plus du tiers des enseignantes et des enseignants du Québec, l’héritage que nous laisse Pierre Angers est inestimable. On retiendra d’abord de lui l’image de l’enseignant-chercheur, du praticien-penseur, bref de l’intellectuel complet dont l’approche humaniste a marqué le milieu de la recherche pédagogique. Son modèle empirique d’apprentissage-enseignement a été repris par plusieurs générations d’enseignantes et d’enseignants. Ainsi, l’ensemble de son œuvre, qui intègre diverses disciplines, telles la philosophie, la psychologie et la sociologie, a élargi les horizons de la pensée éducative au Québec et a permis aux personnes engagées dans l’enseignement de mettre en pratique de nouvelles approches pédagogiques. Enfin, sa vision globale de l’éducation montre qu’une pédagogie du cœur, pour reprendre les mots de Pestalozzi, grand pédagogue du 19e siècle, n’exclut pas celle de l’esprit.

À l’heure où le technicisme imprègne le discours éducatif, cette conception d’une pédagogie qui assure l’émergence de l’humanité chez l’élève est éclairante et stimulante. Grâce à ses nombreux écrits, Pierre Angers laisse aux jeunes générations un précieux héritage, qui les aidera à réfléchir sur le "sens" de leur action et sur leur pratique éducative. Il mérite à n’en pas douter le titre de " maître à penser de la pédagogie moderne québécoise", un maître qui a su établir des passerelles entre la théorie et la pratique et dont l’œuvre demeure une source d’inspiration pour les enseignants et les enseignantes d’aujourd’hui et de demain.

Pour sa contribution exceptionnelle au développement de l’éducation au Québec,

l’Université du Québec à Montréal veut honorer et saluer monsieur Pierre Angers, docteur honoris causa.

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