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Hommage à l'honorable Juanita Westmoreland-Traoré

L'Université du Québec à Montréal rend hommage aujourd'hui à l'honorable Juanita Westmoreland-Traoré en lui attribuant le titre de docteur honoris causa, par décision de son Conseil d'administration et sur recommandation de sa Faculté de science politique et de droit. Par ce geste, l'Université veut souligner la détermination exprimée tout au long de la carrière exceptionnelle de madame Westmoreland-Traoré en faveur de l'affirmation des droits et libertés de la personne, dans le but de favoriser le respect de chacun dans la société québécoise et canadienne.

Votre parcours, madame Westmoreland-Traoré, est exemplaire à tous points de vue et votre carrière peut servir de modèle à nos jeunes juristes et politologues. Née à Verdun, dans le sud-ouest de Montréal, de parents d'origine guyanaise, vous obtenez avec les plus grands honneurs votre diplôme du Collège Marianapolis et de la Faculté de droit de l'Université de Montréal. Devenue membre du Barreau du Québec en 1969, vous décidez de vous ouvrir sur le monde, d'aller confronter un autre univers de formation universitaire en complétant un diplôme d'études supérieures en sciences administratives et un doctorat d'État en droit public à l'Université de Paris II.

À votre retour, vous choisissez de pratiquer le droit avec un champion de la cause des travailleurs, Me Bernard Mergler, le défenseur de Madeleine Parent et de tous ces militants qui ont construit le mouvement ouvrier québécois contre tous les Duplessis, leurs polices et leurs entreprises répressives. Vous vous consacrez alors à un domaine de la pratique juridique encore en friche, celui du droit de l'immigration et surtout celui des réfugiés politiques que le Canada venait tout juste de reconnaître en signant une convention internationale à ce sujet. Votre engagement dans la défense des droits des plus faibles s'est étendu à tous ceux qui avant l'Aide juridique et la Charte québécoise des droits et libertés de la personne n'avaient pas accès à la justice tout en demeurant des personnes discriminées.

Votre carrière universitaire commence à l'Université de Montréal où vous mettez sur pied le premier cours de droit de l'environnement pour y enseigner durant quatre années. En 1976, c'est votre engagement aux côtés des plus faibles et des discriminés qui vous amène à joindre les rangs du jeune Département de sciences juridiques de l'UQAM qui était alors l'objet de méfiance dans les cercles du pouvoir. Vous passez la décennie suivante à l'UQAM, enseignant le droit public et administratif et les droits de la personne.

Durant toutes ces années, vous pratiquez le droit et acceptez de nombreux mandats ici et à l'étranger comme médiatrice, arbitre, commissaire et observatrice de forums internationaux, que ce soit à titre de déléguée des Nations Unies, de la Fédération internationale des droits de l'homme, du Gouvernement du Québec ou de la Ligue des droits et libertés.

En 1985, votre carrière prend un nouveau tournant lorsque vous êtes nommée la première présidente du Conseil des communautés culturelles et de l'immigration. Vous y œuvrez durant cinq années. En 1990, interpellée par les nouveaux défis de l'arrivée au pouvoir du gouvernement NPD en Ontario, vous allez diriger la nouvelle Commission de l'équité en matière d'emploi. Votre titre de gloire en quelque sorte, dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement conservateur de Mike Harris rompt votre contrat. Par la suite, vous devenez doyenne de la Faculté de droit de l'Université de Windsor pendant trois ans ainsi que membre du Barreau ontarien.

Le Gouvernement du Québec vous offre alors de revenir dans votre province natale en vous nommant juge à la Cour du Québec, en 1999, à la Chambre criminelle et pénale et à la Chambre de la jeunesse. Déjà pionnière dans de nombreux domaines, vous devenez ainsi la première femme noire à accéder à la magistrature du Québec.

Honorable juge Westmoreland-Traoré, votre carrière a été à l'avant-garde des combats sociaux. Vous êtes une personne inflexible sur les principes. En consacrant votre vie à la défense du droit et de l'équité pour tous, votre pratique du droit a été empreinte de cordialité et de générosité. Vous avez été particulièrement sensible à la discrimination dont sont souvent victimes les immigrants, du simple fait de leur différence. Vous avez contribué, par les causes que vous avez plaidées, à préciser la définition de réfugié contenue dans la Loi canadienne de l'immigration. Votre première cause célèbre fut d'ailleurs la défense des étudiants de l'Université Sir George Williams accusés de méfaits à la suite de manifestations contre la discrimination raciale. Parmi ceux-ci se trouvait Roosevelt Douglas qui devait plus tard être élu président de l'île de la Dominique dans les Caraïbes.

Pour l'ensemble de ses réalisations, pour son intégrité et son dévouement à la défense des droits de la personne, notamment les droits économiques et sociaux, pour la remarquable qualité de son enseignement et de sa pratique, pour sa carrière nouvellement amorcée à la magistrature du Québec, l'Université du Québec à Montréal veut honorer et saluer Juanita Westmoreland-Traoré, docteur honoris causa.

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