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Excursion géologique au mont Royal


Mont Royal

Le mont Royal, un endroit idéal pour observer les grandes étapes de la formation du Québec.
Photo : Ville de Montréal


Par Dominique Forget

De toutes les sciences enseignées à l’école, la géologie fait figure de parent pauvre. Les Québécois, jeunes et moins jeunes, savent très peu de choses sur les origines de la Terre et du continent sur lequel nous vivons. C’est un peu pour compenser ces lacunes que Gilbert Prichonnet, professeur retraité et associé au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère, multiplie conférences et ateliers, autant pour les élèves et les enseignants du primaire et du secondaire que pour les naturalistes amateurs ou les professionnels.

En mai dernier, par exemple, à l’occasion du congrès annuel de l'Association géologique du Canada et de l'Association minéralogique du Canada, tenu à l’UQAM, il a amené un groupe de congressistes faire une randonnée à Montréal, à la découverte de millions d’années d’histoire. Selon le professeur, la région métropolitaine a beaucoup à offrir sur le plan des attraits géologiques. Pour les débutants, il recommande une simple balade sur le mont Royal. «Un endroit idéal pour observer les quatre grandes étapes de la formation du sud du Québec», dit-il.


Des Laurentides aux Montérégiennes

En accédant à la montagne par le chemin de la Côte-des-Neiges, en montant en bordure de la voie Camillien-Houde, on peut facilement voir le plateau des Laurentides dont l’âge remonte à plus d’un milliard d’années. «Cette ancienne chaîne de montagnes fait partie du Bouclier canadien, un des plus vieux continents de la Terre, raconte le professeur. Il a commencé à se former il y a environ 3,8 milliards d’années. Les Laurentides se sont ajoutées plus tard au restant du Bouclier, poussées et compressées contre les plus vieilles roches par le phénomène de la tectonique des plaques.»

Le mont Royal est aussi l’endroit idéal pour observer les basses terres du Saint-Laurent, la plaine qui borde le fleuve et qui correspond à la deuxième grande étape de formation de cette partie du continent nord-américain. Contrairement au Bouclier canadien, qui regroupe des roches métamorphiques ou ignées, les basses terres sont formées de roches sédimentaires. «Du sable et de la boue se sont effrités du Bouclier canadien et se sont déposés, il y a entre 500 et 400 millions d’années, au fond de l’océan Iapetus qui occupait l’espace à l’époque. Les roches se sont empilées et, très lentement, les basses terres ont émergé.»

La balade le long de la voie Camillien-Houde offre également l’occasion d’observer les roches magmatiques qui ont formé le mont Royal. «La montagne, comme l’ensemble des Montérégiennes, a été formée il y a 125 millions d’années par une poussée de magma qui a percé les roches des basses terres pour ensuite se cristalliser, explique le géologue. On peut en témoigner en marchant sur la montagne puisque la route a été creusée à même la roche cristalline noire : un beau gabbro, fait de jolis cristaux brillants.»


L’île du mont Royal

La quatrième et dernière étape de la formation du sud du Québec date des 100 000 dernières années environ, période durant laquelle les glaciers ont avancé sur le territoire, creusant le relief et poussant des sédiments sur leur passage. Quand les glaciers se sont retirés, ils ont laissé des lacs et même des mers derrière eux. Il y a 10000 ans, tout le mont Royal était entouré par la Mer de Champlain, alimentée en eau salée par l’estuaire du Saint-Laurent.

Cette époque où le mont Royal était une île a laissé plusieurs vestiges, notamment des fossiles de mollusques que l’on peut retrouver dans toute la région, dans les sablières qui entourent les collines Montérégiennes en particulier. Justement, le 27 septembre dernier, Gilbert Prichonnet était de passage à la Société de paléontologie du Québec pour conseiller les membres à la recherche de fossiles à ajouter à leurs collections.

Le professeur Prichonnet a récemment vu l’un de ses voeux exaucé. À la suite de la réforme de l’éducation, quelques notions de géologie seront enseignées au secondaire. «Il ne s’agira que de concepts de base, mais ce sera néanmoins un début. Assez pour donner la piqûre à quelques-uns, j’espère.»

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Quelques définitions

Bouclier canadien
Gabbro
Mer de Champlain
Océan Iapetus
Roches ignées
Roches métamorphiques
Roches sédimentaires
Tectonique des plaques

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIII, no 3 (2 octobre 2006)

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