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Sylvain St-Amand

Sylvain St-Amand, directeur du Service des relations internationales
Photo : Nathalie St-Pierre

De retour de Chine


Par Angèle Dufesne

À peine arrivé en février dernier, le nouveau directeur du Service des relations internationales de l’UQAM, Sylvain St-Amand, a déjà fait sa valise cinq fois à destination de trois continents pour établir des contacts à l’étranger, signer des protocoles et des contrats, recruter des universités partenaires pour des échanges d’étudiants, accompagner des missions gouvernementales, etc.

Même si le gros de son travail s’effectue ici auprès des facultés, départements et programmes, il est absent plusieurs jours par mois, 12 mois par année, au grand dam de son épouse et de ses deux fils qui croyaient qu’il s’absenterait moins souvent que lorsqu’il était à McGill, où il a travaillé une dizaine d’années à la Faculté de management, à titre de directeur du Centre d’études en gestion internationale. En fait, il se pourrait bien qu’il voyage davantage, car il n’est pas responsable des activités internationales d’une seule faculté, mais de mettre en oeuvre la politique internationale de l’université toute entière.

Pour sa mission la plus récente en octobre, il était en Chine avec la ministre des Relations internationales du Québec, Mme Monique Gagnon- Tremblay, où il a signé une entente avec la «meilleure école de langue de Chine», la Beijing Language and Culture University, pour l’échange de moniteurs de langues. Une étudiante de l’UQAM, Christelle Massé, y enseigne déjà le français tandis qu’une étudiante chinoise agit à titre d’assistante de langue pour le mandarin à l’UQAM cette année. Parlant couramment le chinois, Sylvain St-Amand est très à l’aise en Asie qu’il a parcourue de fond en comble plusieurs fois.

Au cours de cette mission, il a aussi signé une entente préparée par le vice-recteur Michel Jébrak et le professeur Alfred Jaouich avec les autorités de la China University of Geosciences pour favoriser la venue d’étudiants de 3e année de bac et des cycles supérieurs en sciences de la Terre et de l’atmosphère et l’envoi de stagiaires du Québec dans des lieux d’exploration en Chine. Il a également assisté à la collation des grades de la deuxième cohorte d’étudiants du MBA pour cadres offert par l’UQAM à la China University of Mining and Technology de Xuzhou, dans la province du Jiangsu. Il en a profité pour établir des contacts dans la province du Shandong (au sud de Beijing) où nous pourrions envoyer des étudiants dans des endroits ciblés enseigner le français pour favoriser la venue d’étudiants chinois à l’UQAM, confie-t-il. «Les Français le font, nous pourrions le faire aussi, et ça marche !», dit-il enthousiaste. Les Chinois sont très ouverts à l’idée d’aller étudier à l’étranger dans les meilleures universités occidentales où ils n’hésitent pas à payer les frais de scolarité exigés, même élevés, précise-t-il. «Nous pourrions les aider à choisir l’UQAM en leur offrant des cours de langues chez eux.»

Mobilité étudiante

Sylvain St-Amand a également à coeur de convaincre les étudiants (par l’entremise de leurs profs) de profiter des bourses et programmes offerts pour compléter une ou deux sessions d’études à l’étranger. «Nous avons un rattrapage à faire à ce chapitre», précise- t-il. La Conférence régionale des élus de Montréal, appuyée par les quatre universités montréalaises et la Chambre de commerce, laissait entendre il y a deux semaines à peine que le nombre d’étudiants internationaux avait triplé au Québec en 20 ans, mais qu’une infime minorité de Québécois prenait le chemin inverse (entre 1% et 15% selon les universités et les programmes). Des quatre universités à Montréal, l’UQAM est dans la moyenne faible.

La stratégie du directeur du Service des relations internationales sera de favoriser les ententes avec des universités qui nous ressemblent et qui sont à même d’offrir à nos étudiants une expérience internationale de la meilleure qualité. La politique du ministère a changé en ce qui regarde les étudiants internationaux et exige maintenant la parité dans les échanges bilatéraux : un étudiant arrive, un étudiant québécois doit partir. Quand la réciprocité n’est pas là, l’étudiant étranger est à nos frais. M. St-Amand est convaincu également que plus d’étudiants pourraient profiter d’un volet international dans leurs études s’ils étaient bilingues ou trilingues. Les langues étrangères sont un investissement extrêmement important, non seulement pour les études mais pour toute la vie, notamment pour se trouver un emploi valorisant et rémunérateur.

Les Européens, avec le «processus de Bologne» qui standardise et ajuste les programmes d’études aux programmes nord-américains – baccalauréats, maîtrises, doctorats – à travers la Communauté européenne, sont très tentés de venir étudier en Amérique du Nord. En cours d’élaboration depuis cinq ans, ce «processus» favorise énormément la mobilité étudiante. Il va falloir, de l’avis de M. St-Amand, enclencher notre propre réflexion sur les moyens à prendre pour intégrer l’expérience internationale au parcours académique de nos étudiants.

Nos voisins latins

L’Amérique latine comporte un potentiel très intéressant à exploiter, selon M. St-Amand. D’abord, ce sont nos voisins du sud et nous avons déjà beaucoup de liens avec un grand nombre d’universités. «De toutes les universités québécoises, c’est ici que nous avons le plus d’expertise sur le Brésil, par exemple. Nous sommes en lien avec une douzaine d’institutions là-bas.»

Sur le front de la coopération internationale, reconnue dans la politique de l’UQAM, c’est en Afrique que nous avons plusieurs projets de développement, en Guinée notamment. Mais Sylvain St-Amand rappelle que nous avons des partenariats très importants avec Haïti et la Bolivie.

Prochaine destination du directeur du Service des relations internationales : le Brésil avec le directeur du Centre d’études sur le Brésil, Gaétan Tremblay!

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIII, no 7 (27 novembre 2006)

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