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Une contribution exemplaire à la direction de la chaire MCD

Josiane Boulad-Ayoub, Jules Duchastelet Joseph-Yvon Thériault
Le professeur Jules Duchastel entouré de Josiane Boulad-Ayoub, titulaire de la Chaire UNESCO de philosophie, et du nouveau titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie, Joseph-Yvon Thériault.
Photo : Denis Bernier


Par Claude Gauvreau

Jules Duchastel, professeur au Département de sociologie, quittera le 1er juin son poste de titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie (MCD). Pour souligner sa contribution exemplaire, la Chaire UNESCO de philosophie de l'UQAM l'a invité récemment à présenter une conférence pour dresser un bilan de ses recherches.

Créée il y a sept ans, la Chaire MCD a été une des premières chaires de recherche du Canada attribuées à l'UQAM, et l'une des plus dynamiques. «La Chaire a toujours privilégié le travail d'équipe, note M. Duchastel. Nous avons publié une dizaine d'ouvrages individuels et collectifs, organisé une dizaine de conférences par année et participé à plusieurs colloques, sans compter la formation à la recherche de nombreux doctorants et postdoctorants.»

La Chaire MCD a contribué au développement des connaissances sur les problématiques qui lui sont propres et qui sont devenues des thèmes de recherche fondamentaux en sciences humaines. «Je me souviens qu'au début des années 1990, mon collègue Gilles Bourque et moi étions parfois houspillés par d'autres chercheurs parce que nous utilisions le concept de néolibéralisme. Vingt ans plus tard, nombreux sont les chercheurs qui y ont recours», raconte le professeur avec un sourire en coin.

Le retour de l'État

Quand sa chaire a été créée, M. Duchastel formulait l'hypothèse que la mondialisation entraînait un affaiblissement des États nations. Aujourd'hui, il constate un changement de perspective. Certes, dit-il, la mondialisation a forcé les États à céder une partie de leur pouvoir à des instances de gouvernance supranationales. Mais, depuis quelques années, la libéralisation à outrance a provoqué des crises financières successives conduisant les grands acteurs économiques et les grandes organisations internationales, comme l'OCDE et le FMI, à appeler les États à la rescousse du système financier international. Ces mêmes organisations affirment également qu'il faut renforcer la capacité des États des pays du Sud à élaborer des stratégies de développement national. Bref, «le crédo néolibéral de non-intervention de l'État est remis en cause par ses propres thuriféraires», résume le chercheur.

Crise de la démocratie représentative

M. Duchastel observe également une plus grande fragmentation de la société civile, qui se compose aujourd'hui d'un ensemble de mouvements sociaux et d'organisations de toutes tendances, ayant chacun son agenda politique. «Les plus critiques d'entre eux, tels les forums sociaux, préfèrent construire un espace de contestation en dehors des institutions politiques, récusant l'idée même de représentation, souligne le professeur. Un ensemble d'idéologies de contestation rejoignent paradoxalement le néolibéralisme en mettant l'accent sur la critique de l'État omnipotent et sur la primauté des libertés individuelles. Pourtant, l'État n'est pas qu'un monstre bureaucratique. Il doit protéger le bien commun en faisant appliquer les lois et respecter les droits. Les sociétés démocratiques, tout en accroissant les mécanismes de participation, ne peuvent pas faire l'économie des formes institutionnelles de représentation.»

L'heure de la retraite n'a pas encore sonné pour Jules Duchastel, qui continuera d'enseigner la sociologie et d'assumer des tâches de directeur de recherche à la Chaire MCD. C'est Joseph-Yvon Thériault, professeur au Département de sociologie à l'Université d'Ottawa, qui lui succédera à la tête de la chaire. «Notre collègue jouit d'un grand respect et aspire à relever de nouveaux défis, souligne M. Duchastel. Son arrivée ne signifie pas un changement d'orientation car son programme de recherche s'inscrit dans la continuité des travaux de la chaire.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIV, no 17 (12 mai 2008)

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 12 mai 2008