
Magda Fusaro
Photo:Nathalie St-Pierre
«Peu de gens savent que les Chaires UNESCO au Canada, comme ailleurs dans le monde, contribuent à la création de pôles d'excellence en recherche. L'un de leurs principaux défis est de mieux faire connaître leur rôle sur les plans local, national et international», lance Magda Fusaro, titulaire à l'UQAM de la Chaire UNESCO en communication et développement international.
Celle qui est aussi professeure au Département de management et technologie a participé, en juin dernier, à la réunion annuelle des Chaires UNESCO du Canada, tenue pour la première fois à l'UQAM. Organisé en collaboration avec la Commission canadienne pour l'UNESCO, l'événement réunissait les titulaires des Chaires UNESCO au pays, dont ceux de trois autres chaires de l'UQAM : Josiane Boulad-Ayoub (Chaire d'étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique), Yves Prairie (Chaire en changements environnementaux à l'échelle du globe) et Philippe Jonnaert (Chaire de développement curriculaire). Michèle Santon-Jean, représentante du gouvernement du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada auprès de l'UNESCO, David Atchoarena, de l'UNESCO à Paris, des représentants du ministère des Relations internationales du Québec et divers chercheurs étaient aussi présents.
Créées dans les années 90, les Chaires UNESCO ont pour mission de développer le transfert des connaissances entre les pays du Nord et les pays en développement, notamment en stimulant les échanges scientifiques et culturels entre les universités, ainsi que la formation des étudiants des cycles supérieurs. La plupart sont organisées en réseau autour d'un champ de recherche commun. «Environ 500 Chaires UNESCO ont été fondées à travers le monde au cours des 20 dernières années, dont 14 au Canada, rappelle Magda Fusaro. Plus de la moitié des chaires canadiennes (9) se trouvent au Québec et l'UQAM est l'université qui en compte le plus.»
Les titulaires des Chaires UNESCO au Canada se sont demandé comment mieux positionner leurs chaires pour qu' elles soient reconnues comme des lieux de recherche, au même titre que les autres chaires universitaires. «L'UNESCO accorde à ses chaires le droit d'utiliser son nom, qui est prestigieux, mais ne leur verse pas d'argent, souligne la professeure. Celles-ci, comme n'importe quelle autre chaire de recherche, doivent soumettre des demandes de financement auprès des organismes subventionnaires.» Les Chaires UNESCO plaident également pour une plus grande reconnaissance institutionnelle dans les universités. «Contribuant au rayonnement international des universités, les chaires devraient être rattachées aux structures de recherche, ce qui n'est pas le cas partout», observe Magda Fusaro.
Les thèmes de recherche des chaires sont diversifiés : analyse intégrée des systèmes marins (Université du Québec à Rimouski); environnement et paysages urbains (Université de Montréal); apprentissage dans les arts (Université Queen's). «L'an dernier, une première Chaire de niveau collégial a même été créée au collège Marie-Victorin, à Montréal, sur la recherche appliquée pour l'éducation dans les prisons», note la chercheuse.
La prochaine année sera consacrée, entre autres, à l'élaboration d'un plan d'action pour valoriser les Chaires UNESCO du Canada et d'une stratégie pour les intégrer dans les efforts des gouvernements visant à augmenter la visibilité des institutions d'enseignement canadiennes à l'étranger. Un forum électronique d'information et de discussion ouvert aux chercheurs et au public sera d'ailleurs bientôt créé.
«Il s'agit d'un processus en évolution, dit Magda Fusaro. Cela débouchera peut-être sur la formation d'un réseau canadien de Chaires UNESCO ou d'un réseau d'excellence dans un domaine de recherche particulier. Chose certaine, la volonté de collaborer des titulaires est forte. À l'UQAM, même si nos intérêts de recherche sont très différents, nous formons une petite communauté animée par un même désir : favoriser l'accès libre aux connaissances et accroître la formation de jeunes chercheurs.»
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 1 (5 septembre 2012)
Catégories : Gestion, Recherche et création, Professeurs
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