
Yves Gingras
Photo: Nathalie St-Pierre
Le Cœur des sciences de l'UQAM accueille, du 5 au 8 septembre, la 17e conférence internationale sur les indicateurs de la science et de la technologie, qui réunira près de 250 participants, dont les plus grands spécialistes du domaine. Cet événement, qui se tient pour la première fois hors d'Europe, est organisé conjointement par l'Observatoire des sciences et de la technologie (OST) de l'UQAM et Science-Metrix, un organisme qui évalue des activités à vocation scientifique et technologique.
Ce n'est pas un hasard si cette conférence se tient à Montréal, souligne l'un de ses principaux organisateurs, Yves Gingras, professeur au Département d'histoire, directeur scientifique de l'OST et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. «Montréal est l'un des endroits où se concentre l'expertise canadienne en matière de mesure des sciences et des technologies, à l'aide d'indicateurs bibliométriques. L'Observatoire et Science-Metrix représentent d'ailleurs les deux équipes de recherche les plus actives dans le domaine au Canada.»
Les indicateurs de la science et de la technologie, dont l'utilisation est croissante dans plusieurs pays, permettent de mesurer l'évolution de la science et de la technologie, d'identifier et de suivre des tendances et des domaines émergents, comme celui des nanotechnologies, poursuit Yves Gingras. «Quand on parle d'indicateurs, on fait référence, notamment, aux activités de publication des chercheurs universitaires et à leur impact – nombre moyen de citations des revues dans lesquelles les articles scientifiques ont été publiés – aux subventions et contrats obtenus, ainsi qu'aux brevets pour ce qui concerne l'innovation.»
Depuis sa création en 1997, l'Observatoire des sciences et des technologies a construit plusieurs banques de données permettant aux chercheurs de mettre au point divers indicateurs de l'évolution de la recherche universitaire, tant au Québec et au Canada qu'à l'étranger. Ses membres ont pu ainsi montrer que les recherches des doctorants québécois ont représenté 33 % de la production scientifique québécoise, toutes disciplines confondues, au cours de la période 2000-2007.
Les indicateurs sont aussi des outils d'aide à la décision et à la planification pour, entre autres, les ministères, les organismes subventionnaires et les entreprises. Le Conseil des académies canadiennes (CAC) a d'ailleurs publié, en juillet dernier, un rapport intitulé «Éclairer les choix en matière de recherche : indicateurs et décisions». Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) du Canada, qui consacre environ un milliard de dollars annuellement à la recherche scientifique, avait demandé au CAC de réunir un comité d’experts afin d’examiner les pratiques internationales qui guident l’affectation des fonds et de constituer une banque d’indicateurs pouvant être utilisés dans l’évaluation des décisions de financement. Le constat le plus important fait par le comité est qu’il est préférable de confier l’interprétation des indicateurs quantitatifs à des experts possédant une compréhension approfondie et nuancée du contexte du financement de la recherche, ainsi que des enjeux scientifiques.
![]()
Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 1 (5 septembre 2012)
Catégories : Sciences, Sciences humaines, Recherche et création, Professeurs
![]()