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Trois boursières Vanier


Audrée Wilhelmy, Emmanuelle Sirois et Julia Posca. Photos: Nathalie St-Pierre

Trois doctorantes de l'UQAM ont reçu la plus prestigieuse bourse d'études supérieures au Canada, la bourse Vanier, d'une valeur de 50 000 $ par année pour une durée de trois ans. Il s'agit d'Audrée Wilhelmy et d'Emmanuelle Sirois, doctorantes en études et pratiques des arts, et de Julia Posca, doctorante en sociologie.

Audrée Wilhelmy

Sous la direction de Martine Delvaux, professeure au Département d'études littéraires, et de Gilles Lapointe, professeur au Département d'histoire de l’art, les études doctorales d'Audrée Wilhelmy portent sur les rituels de l’écriture et la place qu’occupent le dessin et l’image dans le processus de création littéraire. Son approche théorique se distingue par un regard pluridisciplinaire et par l’intégration des théories de la création généralement employées dans la recherche en arts visuels. «J'ai sélectionné des auteures québécoises dont les textes romanesques témoignent d'un rapport au corps, explique-t-elle. En consultant les fonds d'archives de ces auteures, on s'aperçoit que certaines ont dessiné sur les pages de leurs manuscrits, ou ont laissé des photos et des images. Je veux analyser le rôle de ces éléments visuels dans leur processus de création.»

Pour la partie création de sa thèse, la doctorante prévoit publier à l'automne 2013 chez Leméac un roman qui se veut une réécriture des contes Barbe Bleue et Peau d’âne de Charles Perrault. «J'écris aussi en dessinant, et ce depuis l'école primaire, dit-elle en riant. Lors du lancement du livre, il y aura une exposition des dessins qui m'auront aidée dans le processus de création.»

Il s'agira de la deuxième œuvre publiée chez Leméac pour Audrée Wilhelmy, qui avait fait paraître Oss, un conte «amoral et cruel», à l'automne 2011. La jeune chercheuse séjournera par ailleurs à l’Université de Boston, en octobre et novembre prochains, où elle étudiera l’enseignement de la création littéraire.

Emmanuelle Sirois

Diplômée du baccalauréat en animation et recherche culturelles de l'UQAM, Emmanuelle Sirois entamera en janvier prochain un doctorat en études et pratiques des arts. Passionnée par les arts vivants, la jeune femme s’intéressera aux dispositifs de médiation culturelle, soit la relation entre les œuvres d'art et le public, et plus précisément aux moyens dont dispose le public pour commenter et critiquer les œuvres. «C'est une mise en cause de la critique d'art traditionnelle telle qu'on peut la lire dans les journaux ou l'entendre à la radio, explique la doctorante. Avec le Web 2.0, les internautes peuvent commenter et critiquer le travail des artistes ou simplement faire part de leur expérience en tant que spectateurs, au moyen, par exemple, d'un blogue, d'une page Facebook ou d'un compte Twitter. Ils s'approprient en quelque sorte, et ce, d'une manière bien personnelle, le travail du critique d'art.»

Emmanuelle Sirois a complété un master erasmus mundus en étude du spectacle vivant de l'Université libre de Bruxelles et de l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Elle est également cofondatrice de l'UPop Montréal, une université populaire implantée dans différents quartiers de la métropole. L'organisme dévoilera sous peu sa programmation d'automne. La doctorante participe aussi au Young Performing Arts Lovers ou Ypal, un réseau formé de jeunes Européens amoureux des arts de la scène qui proposent des ateliers, des tables rondes et des discussions autour du thème du spectateur.

Julia Posca

La doctorante Julia Posca, âgée de 28 ans, a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en sociologie à l'UQAM. Son mémoire de maîtrise portait sur les processus économiques et politiques ayant participé à l’émergence de la classe moyenne nord-américaine au début du 20e siècle. Aujourd'hui, dans le cadre de sa thèse de doctorat dirigée par le professeur Éric Pineault, du Département de sociologie, elle s'intéresse au phénomène de l’endettement des ménages canadiens, de 1975 à aujourd’hui. «J'essaie d'analyser, dit-elle, le processus de fragilisation de la classe moyenne et l'émergence d'une nouvelle figure de l'individu dans une période marquée par la financiarisation de l'économie, la remise en question de l'État-providence et la précarisation du travail.»

La jeune chercheuse fait partie de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) et du Collectif d’analyse de la financiarisation du capitalisme avancé (CAFCA), qui est rattaché à la Chaire de recherche en mondialisation, citoyenneté et démocratie. Depuis 2010, elle collabore à un projet de recherche, chapeauté par le Service aux collectivités de l’UQAM, visant à développer des formations sur l’économie, les finances publiques et les modèles économiques alternatifs pour les membres de deux centrales syndicales québécoises.

Julia Posca ne sait pas encore si elle s'engagera dans une carrière universitaire après ses études de doctorat. Chose certaine, la recherche la passionne. «Je n'ai jamais l'impression que j'en connais assez, dit-elle. J'aime la sociologie pour sa dimension critique et parce qu'elle permet de mieux comprendre la direction dans laquelle notre société évolue.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 1 (5 septembre 2012)

Catégories : Arts, Sciences humaines, Recherche et création, Étudiants

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 5 septembre 2012