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Philippe Guertin
Photo: Traversée internationale du lac Saint-Jean

Vaincre le lac


Photo: Traversée internationale du lac Saint-Jean

Par Pierre-Etienne Caza

Aux Jeux olympiques de Londres, le nageur chinois Sun Yang a remporté l'épreuve du 1 500 mètres – la plus longue épreuve de natation – en 14 minutes, 34 secondes et  14 centièmes, un nouveau record du monde. À peu près au même moment, Philippe Guertin relevait un tout autre défi. Le jeune homme de 21 ans, étudiant au certificat en comptabilité générale à l'École des sciences de la gestion, participait le 28 juillet dernier à la Traversée internationale du lac Saint-Jean. Il a nagé les 32 kilomètres séparant Péribonka de Roberval en 6 heures, 33 minutes, 57 secondes et 78 centièmes.

Le jeune nageur a terminé au troisième rang, à une seconde de la deuxième place, obtenue par Tomi Stefanovski, de la Macédoine. «C'est la première fois qu'un sprint final est aussi serré, précise-t-il. Comme en cyclisme, on peut se placer juste derrière un adversaire pour profiter de l'effet d'entraînement. C'est ce que Stefanovski a fait avec moi durant toute la course. Il a profité des derniers mètres pour y aller d'une poussée irrésistible. C'était sa stratégie et c'est de bonne guerre!» Le vainqueur de l'épreuve, l'Australien Trent Grimsey, a complété la course en 6 heures, 26 minutes, 12 secondes et 65 centièmes.

Cette performance époustouflante a valu à Philippe Guertin trois bourses : l'une pour sa troisième place (1 900 $), l'une pour avoir été le premier Québécois à franchir le fil d'arrivée (500 $) et une autre (200 $) pour avoir terminé au troisième rang du sprint final – les 800 derniers mètres sont chronométrés séparément.

Une épreuve culte

Chaque été, depuis 1955, la Traversée internationale du lac Saint-Jean attire l’élite mondiale de la nage en eau libre – on entend par là dans l'océan, la mer, un lac ou une rivière. Une vingtaine de nageurs et nageuses représentant une douzaine de pays participent à cette épreuve culte, qualifiée en 1994 par le magazine américain Outside comme étant l'une des six épreuves sportives les plus difficiles au monde. Avec sa superficie de plus de 1 000 kilomètres carrés, le lac Saint-Jean se compare à une véritable mer intérieure. «L'eau est froide et le courant est imprévisible», explique Philippe Guertin. Selon les conditions météorologiques, la température de l'eau du lac varie entre 17° et 23° C, et ses vagues peuvent atteindre 2 mètres (6 pieds). L'épreuve constitue aujourd'hui la cinquième étape du Grand Prix de nage en eau libre FINA 2012.

Philippe Guertin n'en était pas à ses premiers contacts avec le lac Saint-Jean. À 11 ans, il avait participé à l'épreuve de 1 kilomètre. «Cela s'était bien déroulé, parce qu'à cet âge-là, on ne ressent pas vraiment la douleur», dit-il en riant. L'an dernier, il y a remporté le Marathon de la relève, une compétition en eau libre de 10 kilomètres. «Je m'étais promis de participer à l'épreuve de 32 kilomètres cette année, mais je n'espérais pas obtenir un aussi bon résultat», note fièrement le jeune nageur, qui a pris part à d'autres compétitions en eau libre, notamment au Mexique, en Argentine et en Floride.

Lors des compétitions en eau libre, les nageurs doivent demeurés hydratés et ils peuvent aussi manger. «Je prends des électrolytes et des suppléments de protéines, explique l'étudiant. Mon entraîneur, qui me suit dans un bateau, me les tend avec une longue perche au bout de laquelle est fixé un contenant.» Afin de lutter contre les irritations, de minimiser les pertes de chaleur et de se protéger du soleil, les nageurs utilisent de la graisse – Vaseline, Zincofax, etc. – dont ils s'enduisent le corps.

En piscine aussi…

Inscrit à temps partiel à l'UQAM, Philippe Guertin compte poursuivre ses études au baccalauréat en sciences comptables. Il aimerait bien participer aux Jeux olympiques de Rio en 2016 en eau libre – on y dispute une épreuve de 10 kilomètres – ou en piscine, car il est aussi un spécialiste du 1 500 mètres. Il fait partie du club CAMO Natation, basé au centre Claude-Robillard, où il s'entraîne avec Claude St-Jean. Il entreprend  une nouvelle saison ces jours-ci et se prépare pour les championnats universitaires de natation et le championnat du monde de natation en eau libre qui auront lieu à l'été 2013.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 1 (5 septembre 2012)

Catégories : Gestion, Sports, Étudiants

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 5 septembre 2012