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Chaire de tourisme Transat: 20 ans de recherches ancrées dans le milieu


Par Pierre-Etienne Caza

Nombre de visiteurs, retombées économiques, visibilité extraordinaire. «Le milieu touristique est friand de chiffres, mais ceux qu'on lance habituellement à gauche et à droite ne servent à rien», affirme sans détour Paul Arseneault, professeur au Département d'études urbaines et touristiques et nouveau titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l'École des sciences de la gestion. L'industrie touristique a besoin de meilleures données afin d'évaluer la pertinence de ses attraits et la qualité de ses services, ajoute-t-il, car on ne peut pas transformer des données macro-économiques en pratiques de gestion. «Pour que des chiffres soient utiles, il faut des mesures plus raffinées.»

Voilà pourquoi la Chaire de tourisme Transat organise un symposium sur le sujet dans le cadre de son vingtième anniversaire. L'événement, qui aura lieu les 24 et 25 septembre au Palais des congrès de Montréal et qui s'intitule «Les entreprises touristiques au cœur du développement économique», réunira plus de 250 spécialistes d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Australie. «Les Français, à l'échelle des régions, et l'Australie, qui a développé des partenariats entre le gouvernement, les universités et les entreprises touristiques, sont en avance sur nous à ce chapitre», note le chercheur.

Depuis 20 ans, la Chaire de tourisme Transat poursuit le même mandat : agir comme interface entre le milieu académique et l'industrie, ce qu'elle a réussi avec brio grâce au Réseau de veille en tourisme, aux Gueuletons touristiques et à plusieurs partenariats, soit par l'entremise de veilles dédiées à des secteurs particuliers ou par des interventions en recherche-innovation. «Le transfert des connaissances  a toujours été au cœur de nos actions, note Paul Arseneault. Tout en conservant notre indépendance et notre rigueur en tant que chercheurs, nous aidons les acteurs de l'industrie touristique afin qu'ils soient plus compétents et mieux éclairés, ce qui constitue un avantage pour toute la communauté, car le tourisme est un vecteur de développement non seulement économique, mais aussi culturel et social.»

Soutenir l'innovation

«On oublie trop souvent que le tourisme est le cinquième produit d'exportation au Québec, car les étrangers qui viennent ici ont d'abord dû échanger leur argent en devises canadiennes», souligne Paul Arseneault. Le domaine se compare presque à l'aéronautique en matière d'exportation. La différence majeure, explique le chercheur, est que l'aéronautique est une industrie plus organisée, contrôlée principalement par Bombardier et un nombre limité de fournisseurs. L'industrie touristique québécoise, en comparaison, compte environ 30 000 entreprises, dont 80 % emploient moins de 15 personnes. «La multiplicité des acteurs dessert l'industrie quand vient le temps de parler d'une voix forte, dit-il. C'est pourquoi il faut mieux les outiller.»

Cela permettrait d'éviter les dérapages ou les interventions mal avisées. En 2006, les organisateurs des Outgames, un rassemblement sportif ciblant la communauté gaie, avaient comparé leur événement au Grand Prix de Formule Un en termes de retombées économiques. «Impossible! s'exclame le chercheur. Arrêtons de jouer à la surenchère. De toute façon, ça fait des années que le Conseil du Trésor ne se fie plus aux études d'impact économique pour attribuer les subventions dans le domaine touristique. On regarde plutôt la crédibilité du promoteur, l'intérêt du produit et  le potentiel d'innovation de l'entreprise. On attribue désormais des ressources aux projets qui changeront les choses dans leur région.»

Le chercheur se réjouit du nouveau Plan de développement de l'industrie touristique qui a été dévoilé en mai dernier par le ministère du Tourisme. Ce plan constitue la réponse aux recommandations du comité Performance, présidé par Gilbert Rozon et auquel Paul Arseneault a participé. La principale recommandation du comité était de mettre en place une structure qui soutient l'innovation dans l'offre de produits touristiques. Or, le dernier budget provincial a octroyé un demi-milliard de dollars à l'industrie touristique, dont la création d'un fonds pour appuyer l'innovation. Ce fonds sera géré par un comité aviseur, présidé par l'ancien titulaire de la Chaire de tourisme Transat, le professeur associé Michel Archambault.

Sortir de l'université

Le nouveau titulaire de la chaire de tourisme Transat entend améliorer les partenariats de la chaire avec d'autres regroupements de chercheurs de l'UQAM – le Groupe de recherche sur les espaces festifs (GREF) et OURANOS, entre autres. Il souhaite également poursuivre le travail de collaboration avec les associations touristiques de chaque région du Québec. «J'ai visité 20 régions sur 22 au cours des trois dernières années. Cette présence est importante, car on ne peut pas faire de la recherche-innovation et espérer effectuer du transfert de connaissances si on demeure dans notre tour d'ivoire. Il faut aller sur le terrain et rencontrer les gens.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 2 (17 septembre 2012)

Catégories : Gestion, Recherche et création, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 17 septembre 2012