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Une architecture lumineuse


Par Claude Gauvreau

«Avant de choisir l'architecture, Michel aspirait à devenir peintre. Il avait, en fait, un oeil de peintre. Pour un architecte, le regard est la chose la plus importante», souligne Nathalie Régnier Kagan, qui a été pendant 20 ans l'associée et l'épouse de Michel Kagan, décédé prématurément en 2009. Elle-même architecte, elle a réalisé, en collaboration avec la designer graphique Nancy Ottaviano, l’exposition Être et transmettre, présentée au Centre de design de l'UQAM jusqu'au 11 novembre. Après avoir circulé dans plusieurs villes françaises, cette exposition, qui invite à redécouvrir l'œuvre de l'architecte de réputation internationale, débute sa tournée nord- américaine à Montréal.

Lauréat de plusieurs concours d'architecture et co-auteur, en 1985, de l'ouvrage Nouvelles directions de l'architecture moderne, Michel Kagan a fondé, en 1987, l’Agence Michel Kagan Architecture et Associés que dirige aujourd'hui Nathalie Régnier Kagan. Refusant de s'enfermer dans une spécialité, il a construit au fil des ans des ensembles de logements sociaux, des immeubles de bureaux, des résidences universitaires et divers équipements. Il s'est aussi intéressé aux constructions à petite échelle – maisons, appartements –, ainsi qu'aux rénovations de logements et de bâtiments.

Figure majeure d’un courant issu du mouvement architectural moderne, Michel Kagan est l'auteur d'une architecture lumineuse. «Michel préférait les immeubles qui respirent, les bâtiments qui portent leur lumière, pour que les gens habitent l'architecture, explique Nathalie Régnier Kagan. Dans ses projets, le rôle de l'espace et le trajet de la lumière étaient fondamentaux. Il utilisait la lumière naturelle comme un matériau, détachait les éléments pour la laisser pénétrer et se servait de la structure d'un édifice pour l'accueillir et la réfléchir. La lumière naturelle est gratuite et ajoute de la beauté et du bien-être dans la vie quotidienne des habitants.»

Valoriser la promenade architecturale

Michel Kagan a aussi développé la notion de promenade architecturale. «Pour lui, le fait d'aller du parking à la porte de son appartement ou de se rendre à un ascenseur, par exemple, devait être une source de plaisir, d'émotion, que ce soit grâce à un aménagement paysager ou à une échappée lumineuse offrant une vue sur la ville», observe l'architecte.

On reproche parfois à certains architectes modernes de concevoir une architecture très formelle, séductrice, visant avant tout à plaire, de construire des bâtiments de façon indifférenciée, sans tenir compte du contexte dans lequel ils s'insèrent. «Un bâtiment doit résonner avec son site, dit Nathalie Régnier Kagan, même quand ce dernier est peu aimé, pour révéler des qualités qu'on ne soupçonnait pas. Le premier bâtiment de Michel, la Cité technique de la ville de Paris, était situé le long d'un carrefour autoroutier.»

Le souci de transmettre

Outre l'architecture, l'enseignement a occupé une grande place dans la vie de Michel Kagan. Professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville, il a aussi enseigné à Lille et à Genève, à l'Université Columbia, à New York, ainsi qu'à l'École de design de l'UQAM et aux Écoles d'architecture des universités de Toronto et de Montréal.

«Michel avait la volonté de transmettre. Pour lui, un projet architectural, avant d'être un projet d'affaires, était un cas d'étude. Ses réflexions d'architecte et de professeur se croisaient continuellement.»

Aujourd'hui, Nathalie Régnier Kagan  poursuit ses propres projets et se confronte à de nouveaux défis. «Je conduis mes projets dans le même état d'esprit que celui qui habitait Michel Kagan», dit-elle en souriant.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 4 (15 octobre 2012)

Catégorie : Arts

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