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Former des designers polyvalents


Par Claude Gauvreau

Le 5 octobre dernier, l'École de design a inauguré son nouveau programme de maîtrise en design de l'environnement et des locaux tout neufs, logés à la Cinémathèque québécoise. «Seul programme de deuxième cycle offert dans ce domaine au Canada, cette maîtrise vise à former des praticiens et des chercheurs», souligne Réjean Legault, professeur à l'École de design.

Alors que les activités de conception et de recherche sont souvent séparées dans les programmes d'études universitaires en design, cette nouvelle maîtrise comporte deux profils inter-reliés et offre une base de réflexion commune sur les enjeux sociaux, économiques, culturels et écologiques associés à la pratique du design. Le profil conception (sans mémoire) a pour objectif spécifique de former des praticiens capables de mener à bien des projets et de résoudre des problèmes posés par l'environnement matériel. Le profil recherche propose, pour sa part, un parcours plus individualisé conduisant à la production d'un mémoire de recherche-création ou de recherche-intervention.

Pour une culture durable

«Les premières écoles en design de l'environnement sont apparues aux États-Unis, dès les années 60, en réaction à un enseignement qui concevait le design industriel, le design d'architecture et le design urbain comme des disciplines cloisonnées, rappelle la professeure Anne-Marie Broudehoux, également de l'École de design. Depuis, le design de l'environnement a pris un nouveau sens en s'appuyant sur la notion de culture durable qui incite à repenser les cadres de vie.» Le design de l'environnement est ainsi devenu un champ d'études et d'interventions couvrant le registre élargi de ce qui compose notre culture matérielle : conception d'objets, de lieux construits et d'espaces intérieurs et extérieurs qui contribuent à façonner l'environnement.

«Il faut résister à la tendance à la sur-spécialisation et rompre avec les silos disciplinaires, insiste Réjean Legault. C'est pourquoi notre programme de maîtrise cherche à former des designers polyvalents, aptes à collaborer avec des architectes et des designers industriels er urbains, en tenant compte de la dimension communautaire du cadre de vie.»

Selon Maurice Cloutier, directeur de l'École de design, les futurs diplômés de la maîtrise seront en mesure d'intervenir en amont du processus d'élaboration d'un projet. «Dans le contexte actuel de vieillissement de la population, ils pourront, par exemple, évaluer les problèmes associés à la mobilité et à l'aménagement des lieux de résidence et d'hébergement des personnes âgées, avant même l'élaboration d'un projet.»

Une cohorte diversifiée

La première cohorte de la maîtrise en design d'environnement comprend actuellement une vingtaine d'étudiants et se compose notamment de diplômés du baccalauréat en design de l'environnement, des trois DESS existants à l'École de design (design d'événements, connaissance et sauvegarde de l'architecture moderne, design d'équipements de transport), de professionnels et d'étudiants provenant d'autres universités au Canada et à l'étranger.

Les futurs diplômés pourront oeuvrer au sein de bureaux d'architectes et de designers, d'entreprises et d'institutions publiques, ou encore en tant que travailleurs autonomes. «Le caractère novateur des connaissances acquises et des habiletés développées – approche globale et intégrée, ouverture multidisciplinaire, expérience de travail en équipe – leur permettra de se distinguer dans divers secteurs d'activités liés au design», conclut Maurice Cloutier.

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Madeleine Arbour, docteure honoris causa

À l'occasion du lancement de la maîtrise en design d'environnement, l'UQAM a rendu hommage à Madeleine Arbour en lui attribuant un doctorat honorifique sur recommandation de sa Faculté des arts. Par ce geste, l'Université a voulu reconnaître l'apport singulier de cette artiste hors norme dans les domaines du design, de la scénographie, de la télévision et des arts visuels.

Madeleine Arbour est une autodidacte qui a excellé dans les arts visuels et particulièrement en design de l’environnement, bien avant que ce mot n’existe dans le vocabulaire courant. Fréquentant des artistes d’avant-garde comme Paul-Émile Borduas et Jean-Paul Riopelle, elle a fait partie, en 1948, des signataires du manifeste Refus global, texte fondateur de l’ouverture à la modernité de l’expression artistique québécoise. Par la suite, elle a travaillé pendant une vingtaine d'années à la télévision, où elle a contribué à diffuser des connaissances en design, en architecture et en arts visuels auprès d'un vaste public.

Artiste multidisciplinaire, Madeleine Arbour a touché à tout : dessin, peinture, affiche, cinéma d’animation, sculpture, scénographie de théâtre et télévisuelle, tapisserie et courtepointe, confection de meubles et de murales, aménagement intérieur de résidences privées et d’affaires. Cette conceptrice prolifique a enseigné pendant 20 ans à l’Institut des arts appliqués de Montréal, puis au Cégep du Vieux-Montréal. Elle a été la première femme à présider le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal, de 1989 à 1991. En 2000, le Musée des beaux-arts de Québec lui a consacré une exposition solo et une publication originale qui célébraient la diversité de ses réalisations.

Madeleine Arbour a reçu le titre de membre de l’Ordre du Canada en 1987 et de chevalier de l’Ordre national du Québec en 1999. Elle a été nommée membre de l'Académie royale des arts du Canada en 2001 et a obtenu le prix Sam-Lapointe de l'Institut de design de Montréal pour l'ensemble de son œuvre, en 2002.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 4 (15 octobre 2012)

Catégories : Arts, Professeurs

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