
Chaque module a une fonction et un plan de vol spécifiques,
ainsi qu’une vitesse définie.
Photo: Nathalie St-Pierre

Gontran Sion, Anis Bounif, Anh-kiet Vuong et Kada Im. Photo: Nathalie St-Pierre
La petite fusée et sa sonde ressemblent à s'y méprendre à un jouet. Mais attention : seuls des adultes avertis peuvent les manipuler! Gontran Sion, Anis Bounif, Kada Im et Anh-kiet Vuong, étudiants au baccalauréat en génie microélectronique, ont mis un nombre incalculable d'heures en dehors des salles de cours à élaborer une sonde spatiale miniature pour la compétition CanSat. Organisé par la NASA, la Société américaine d'astronautique (AAS) et l'Institut américain d'aéronautique et d'astronautique (AIAA), le concours, qui s'adresse principalement aux étudiants en génie, consiste à fabriquer une sonde (proche parent du satellite) selon des normes spécifiques établies par les organisateurs.
C'est la première fois qu'une délégation de l'UQAM participe à cette compétition d'envergure internationale. Parmi les exigences du concours, l'engin doit pouvoir être inséré dans le compartiment d'une fusée, avoir une taille comparable à celle d’une grosse boîte de café moulu, et ne pas peser plus de 700 grammes. «CanSat amène les participants à réaliser toutes les étapes de la conception d'un système aérospatial, explique Gontran Sion. Comme si on avait à concevoir la mission spatiale de la navette Discovery, de A à Z.»En fait, le défi technique et scientifique des étudiants consiste à construire la sonde, et non la fusée, qui est fournie par les organisateurs. Tous les points du concours vont à la conception et au comportement de la sonde miniature.
Sur les 38 équipes sélectionnées au départ cette année, seules 26 ont participé, en juin dernier, à l'épreuve finale, le lancement de la sonde dans le désert du Texas, devant un jury d'experts. Les équipes ont été jugées en fonction de plusieurs critères : le respect du calendrier, les rapports de conception, la démonstration de vol, le budget, etc. Les Uqamiens se sont classés au final au 13e rang, devant l'Université McGill (19e rang) avec une note de 80,77 %. «Nous étions parmi les plus petites équipes de la compétition», note Anis Bounif. Le groupe a pu participer grâce à des dons provenant entre autres de la Faculté des sciences, du rectorat, du Département d'informatique, du programme de génie microélectronique et de l'Association étudiante du secteur des sciences.
Lors du lancement, la sonde est éjectée de la fusée qui la propulse à une altitude de 650 mètres. Elle doit par la suite redescendre à une vitesse de 20 m/s. Lorsqu'elle atteint une altitude de 90 mètres, la sonde se sépare en deux modules principaux qui se déploient à l’aide de parachutes. Chaque module a une fonction et un plan de vol spécifiques, ainsi qu'une vitesse définie. «Ces modules enregistrent et transmettent plusieurs données télémétriques en temps réel à une station au sol. Ces données incluent le positionnement GPS, la vitesse, la pression et la température», explique Gontran Sion. La sonde doit être assez résistante et sécuritaire pour transporter… un œuf de poule! «La sonde doit se poser le plus possible en douceur pour ne pas abîmer l'œuf, précise Anh-kiet Vuong. Ce qui demande des calculs précis pour réduire la vitesse, notamment.»
Les étudiants du Département d’informatique ont eu recours à plusieurs logiciels pour concevoir leur prototype. «Nous avons dû nous familiariser avec des logiciels de génie mécanique et de programmation, lance Anh-kiet Vuong. Nous n'avions aucune compétence en génie mécanique au départ.» L'étudiant s'est découvert des qualités d'ingénieur mécanique et… de designer de mode! C'est lui qui a dû apprendre les rudiments de la machine à coudre - et subir les taquineries de ses collègues -, afin de confectionner les parachutes. Les Uqamiens ont dû également trouver le matériel adéquat pour construire les modules. «Nous avons utilisé le plastique malléable et léger qui sert à fabriquer les pancartes électorales, dit Anh-kiet Vuong. C'est un plastique assez fort pour résister aux chocs et peu coûteux.» Les étudiants ont bénéficié des conseils du professeur Guy Bégin, du Département d'informatique, qui agissait à titre de mentor.
L'équipe, qui espère recruter d'autres étudiants, est de nouveau à la recherche de financement afin de participer à la prochaine compétition CanSat prévue pour 2013. On peut appuyer financièrement le projet en contactant l'Association étudiante de génie microélectronique ou Gontran Sion au 514 991-7819.
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 4 (15 octobre 2012)
Catégories : Sciences, Recherche et création, Étudiants
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