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Sébastien Cliche au milieu de son installation La Doublure, à la Galerie de L’UQAM.
Photo: Nathalie St-Pierre

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Les bourses Bronfman : contribuer à l'essor des jeunes artistes


Surveillance (2010) et Microdrama (2010), détail du «cratère». Photos: Sébastien Cliche.

Par Valérie Martin

Le journal Voir Québec a qualifié son installation Microdrama, présentée en 2010 au centre L'Œil de poisson à Québec, de délire paranoïaque post-apocalyptique! En 2008, le projet Web Ruptures présentait des fragments de texte agencés à des images «qui se recombinent pour faire la chronique de situations désespérées où la désorientation, la perte de repères et la résignation peuvent précipiter vers l'inéluctable.» Il n'y a pas de doute : Sébastien Cliche aime faire peur ou du moins susciter l'inconfort!

«Je m'intéresse au rapport de l'être humain à la sécurité et à la manière dont la perception des gens est modifiée par leurs mécanismes de défense. Je construis des univers psychologiques qui portent sur des angoisses», explique le candidat à la maîtrise en arts visuels et médiatiques, qui a remporté cette année la prestigieuse bourse Bronfman d'une valeur de 55 000 $.

Décernées depuis 2009 par la Fondation de la famille Claudine et Stephen Bronfman, ces bourses, d'une durée de deux ans, sont remises chaque année à un étudiant de cycle supérieur en arts visuels et médiatiques de la Faculté des arts de l'UQAM et de la Faculté des beaux-arts de l'Université Concordia. Elles permettent aux artistes émergents de développer leur pratique professionnelle, de présenter des travaux de recherche-création, et d'enseigner. «Il existe peu de soutien financier pour les jeunes artistes en fin d'études, remarque Sébastien Cliche. C'est une bourse vraiment polyvalente conçue en fonction des besoins des artistes et qui leur permet non seulement de mieux se faire connaître, mais aussi d'explorer d'autres facettes du travail d'un artiste: publier un livre ou enseigner.»

Sébastien Cliche n'est pas un premier venu dans le monde de l'art contemporain. Après avoir complété un baccalauréat en arts visuels à l'UQAM, en 1996, il a enseigné le multimédia au Collège André-Grasset et les arts plastiques au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, tout en poursuivant une carrière artistique multidisciplinaire combinant la photographie, le son et le texte. Il a exposé plusieurs de ses travaux, en solo ou dans le cadre de projets collectifs, notamment à la Galerie Skol, à l'Usine C, à la Meredith Keith Gallery, à Toronto, et au Centre d’art contemporain de Meymac, en France. Les amateurs de musique électronique et de multimédia ont pu découvrir son projet d'art audio, L'inertie agitée, au festival Mutek de Montréal. En tant que commissaire, il a mis en forme le projet L'oreille dans l'œil, une série de rencontres d'artistes et de musiciens autour du thème de la musique et de sa représentation en images, diffusé entre autres au Centre d'art et de diffusion Clark.

La doublure

Sébastien Cliche présente deux nouvelles expositions cet automne. La première, La doublure, à la Galerie de l'UQAM jusqu'au 8 décembre prochain, constitue le volet création de son mémoire de maîtrise, réalisé sous la supervision de la professeure Claire Savoie, de l'École des arts visuels et médiatiques. L'installation met en scène un laboratoire de psychologie dans son aspect le plus quelconque – bureau, chaise, horloge, tapis – et dans lequel les spectateurs peuvent se déplacer comme bon leur semble. Dans la pièce adjacente séparée par une baie vitrée se trouve un espace miroir et clos, où des performeurs – des doublures – observeront les spectateurs indirectement à l'aide d'écrans de télévision, «sans échanger de regards ni établir de relations.» Ce manque de connectivité peut amener, selon l'artiste, un certain malaise chez le spectateur et la mise en place de mécanismes de défense pour se protéger. «L'idée de départ, c'était de trouver des moyens de remplacer l'ordinateur par des êtres humains. Je transpose la notion d'interactivité informatique dans un contexte d'interactions humaines.»

Le volet recherche du mémoire-création se penchera quant à lui sur le parcours non linéaire du récit. «On retrouve toujours un angle narratif dans mes travaux. J'aime raconter des histoires, mais pas de manière linéaire. Il n'y a pas nécessairement de début, de fin : c'est très ouvert. Le spectateur est libre de faire ce qu'il veut et de concevoir sa propre histoire à partir de l'œuvre», précise-t-il.

En parallèle de son mémoire de création, Sébastien Cliche présente à la galerie Optica, jusqu'au 1er décembre prochain, l'installation audiovisuelle Le château, dans le cadre de l'exposition Montréal / Brooklyn (dont un autre volet est également présenté par la Galerie de l’UQAM jusqu’au 8 décembre). Ce rendez-vous d'art contemporain, qui jumelle des artistes des deux villes, mettra en lumière les différences et les similitudes culturelles entre les deux endroits. L'installation déménagera par la suite ses pénates au Momenta Art de Brooklyn, à New York, en 2013.

On peut voir le portfolio de l'artiste à www.aplacewhereyoufeelsafe.com.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 5 (31 octobre 2012)

Catégories : Recherche et création, Étudiants

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 31 octobre 2012