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Combattre la violence par la philo


Par Claude Gauvreau

«Quand j'étais petit, les autres se moquaient de moi parce que j'étais gros. La violence peut être discrète parfois. Mais j'ai appris à ne pas être malheureux…  La philosophie, pour moi, c'est le bonheur». Ce témoignage d'un élève de la Rive-Sud de Montréal a été entendu le 15 novembre dernier, à la Journée mondiale de la philosophie UNESCO qui était consacrée cette année à la prévention de la violence et à la  philosophie pour enfants.

Se déroulant sous l'égide de la Commission canadienne pour l'UNESCO, l'événement était organisé conjointement par la Commission scolaire Marie-Victorin, sur la Rive-Sud de Montréal, La Traversée, un centre d'aide aux femmes et enfants victimes d'agressions sexuelles, et la Chaire de philosophie UNESCO, dont la titulaire est la professeure Josiane Ayoub, du Département de philosophie. Plusieurs personnalités étaient présentes, dont Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme et Anne-Marie Trahan, juge à la retraite de la Cour supérieure du Québec, ainsi que des représentants du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et de la Commission scolaire Marie-Victorin.

«Une quinzaine d'enfants d'écoles primaires de la commission scolaire Marie-Victorin, où le programme éducatif Prévention de la violence et philosophie pour enfants a été implanté, présents à l'événement, se sont livrés à un exercice de réflexion sur la nature de la violence», relate Josianne Ayoub. Conçu et lancé en 2005 par La Traversée, ce programme s'inspire d'une approche élaborée il y a 40 ans par le philosophe américain Matthew Lippman. Il est appliqué aujourd'hui dans 45 écoles, dont l'école La source, située dans un quartier défavorisé de Paris. Il consiste à animer des discussions à partir de courts romans abordant les thèmes de la violence, du conflit et de la justice.  

Serge Robert, professeur au Département de philosophie, a rappelé les résultats d'une étude, réalisée sous sa direction en 2009, visant à évaluer les effets du programme sur le développement moral de 205 enfants de sixième année du primaire. Le programme aurait permis de renforcer l'aptitude des enfants à repérer les manifestations de violence psychologique ou symbolique : harcèlement, intimidation, insultes. Il aurait aussi facilité l'acquisition de compétences logiques et cognitives en aidant à développer une pensée abstraite et à porter des jugements nuancés et critiques, tout en contribuant à réduire les écarts entre les enfants de milieux favorisés et défavorisés.

«La philosophie permet aux enfants de réfléchir sur les différents aspects qui caractérisent la violence et de porter un jugement moral sur le monde qui les entoure», affirme Josiane Ayoub.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 7 (26 novembre 2012)

Catégories : Sciences humaines, Santé, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 26 novembre 2012