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Simon Grégoire
Photo: Jean-François Hamelin

Projet Virgule : le temps de méditer

Un espace pour méditer est mis à la disposition des membres de la communauté universitaire depuis l'automne dernier.


Photo: Jean-François Hamelin

Par Pierre-Etienne Caza

Ralentir, se poser, reprendre son souffle. Tel est le slogan affiché sur la page Web du Projet Virgule, amorcé l'automne dernier à l'UQAM, et visant à offrir aux étudiants, aux professeurs, aux chargés de cours et aux employés l'occasion de prendre une pause. Concrètement, le projet consiste en de courtes séances de méditation de 20 minutes, offertes dans un contexte séculier, sans aucun référent religieux ou spirituel.

«Nous sommes bombardés d'information du matin au soir, sous pression, nous fonctionnons à plein régime sur la voie de gauche. Ce projet vise à promouvoir la qualité de vie à l’UQAM et à prévenir les problèmes de détresse psychologique qui se multiplient», souligne Simon Grégoire. Le professeur du Département d'éducation et pédagogie est responsable du Projet Virgule, entrepris en collaboration avec ses collègues Isabelle Mahy (communication sociale et publique), Lise Lachance (éducation et pédagogie), Julie Ménard (psychologie) et Gilles Dupuis (psychologie).

Présence attentive

Trois types de séances sont  proposées, précise Simon Grégoire. Trois fois par semaine, des séances libres de 20 minutes sont offertes à tous. On n'a qu'à se présenter au local N-M130 aux heures spécifiées (voir site Web) et le tour est joué. À la session d'hiver, ces séances ont lieu les mardis matin à 8h45 et les mercredis et jeudi à 13h15.

«Nous conseillons aux gens qui ne sont pas familiers avec la méditation de suivre une séance d'introduction, donnée une fois par mois, précise-t-il. Cette séance dure 45 minutes. Un professeur guide les participants et explique la posture à adopter et le genre de méditation que nous privilégions.»

Pour éviter toute connotation religieuse ou spirituelle – et aussi parce que la méditation est un mot qui peut faire peur à certaines personnes – les instigateurs du projet parlent plutôt de «présence attentive». «D'aucuns pensent que l'objectif de la méditation est d'essayer de ne penser à rien, mais ce n'est pas vrai, poursuit le professeur. La méditation est un entraînement à l'attention. C'est vrai qu'on réalise que  l'esprit n'arrête jamais quand on tente l'expérience pour la première fois, mais nous avons des trucs à offrir aux participants pour qu'ils puissent être présents à eux-mêmes, d'abord à leur propre respiration, puis ensuite à ceux qui les entourent.»

Une recherche concluante

En plus des séances libres et d'introduction, des séances thématiques prennent la forme de conférences ou de causeries. C'est lors d'une de ces séances, en novembre dernier, que Simon Grégoire a présenté les résultats d'une recherche portant sur l'intégration en milieu de travail d'un programme d'intervention basé sur la présence attentive. Cette recherche a été réalisée auprès d'agents et de gestionnaires d'un centre d'appel d'une institution financière. «Pour les dirigeants, et c'est représentatif du milieu corporatif, il n'était pas question d'utiliser le mot méditation, qui risquait de rebuter certaines personnes, ni de regrouper les gens dans un local pour méditer, alors nous nous sommes adaptés», raconte le chercheur. Deux fois par jour, le matin en arrivant au travail et après l'heure du lunch, les participants devaient écouter des capsules portant sur des trucs et astuces liés à l'attention (à la respiration, aux émotions, etc.).

«Les résultats ont été à la hauteur de nos attentes, note fièrement le chercheur. Cette pratique a permis de réduire significativement la détresse psychologique chez les employés. Nous avons observé une baisse du stress, de l'anxiété et de la fatigue. Même les clients qui ont été en contact avec ces employés durant cette période ont confié être plus satisfaits en raison du bon service qu'ils ont reçu.»

Ce genre de pratique en milieu professionnel se développe surtout aux États-Unis, observe-t-il. «Notre but est que la pratique se répande sur les lieux de travail et devienne une saine habitude pour les gens de la communauté universitaire. Cela s'inscrit dans une perspective préventive.»

Le Projet Virgule est un projet-pilote, le local ayant été prêté au groupe jusqu'en avril. «Nous aimerions que ce projet devienne à la fois un service à la collectivité et un terrain d'expérimentation, car nous pourrions élaborer des projets de recherche à partir de cette expérience», conclut le chercheur, lui-même adepte de la méditation depuis deux ans.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 9 (21 janvier 2013)

Catégories : Éducation, Santé, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 21 janvier 2013