UQAM - Université du Québec à Montréal
Entrevues
UQAM › Entrevues › Une université à défendre
Micro

Robert Proulx
Photo: Denis Bernier

Une université à défendre

En poste depuis à peine deux semaines, le recteur Robert Proulx doit s'attaquer à des dossiers chauds pour l'avenir de l'UQAM.


Par Marie-Claude Bourdon

Le conseil d'administration de l'UQAM venait de recommander sa nomination, mais Robert Proulx n'était pas encore en poste, l'automne dernier, quand l'annonce gouvernementale a pris le milieu universitaire par surprise.  Confronté à un manque à gagner imprévu, le gouvernement allait réclamer de tous les ministères, mais aussi des établissements de santé et d'éducation, que chacun fasse sa part pour contribuer à l'équilibre budgétaire. Résultat : des compressions de 124 millions de dollars imposées aux universités d'ici la fin de l'année budgétaire. «Certainement pas la meilleure façon de commencer un mandat», commente le nouveau recteur, en poste depuis le 7 janvier dernier.

Les compressions réclamées, calculées selon la taille des universités, se traduisent pour l'UQAM par un retrait de presque 13 millions de dollars de son budget pour l'exercice se terminant le 30 avril prochain. «Cela représente environ 3 % du budget de fonctionnement de l'Université, précise le recteur. Mais comme nous sommes en janvier et que bien des dépenses prévues ont déjà été engagées, ces compressions ne peuvent porter que sur les trois ou quatre mois qui restent d'ici la fin de l'exercice financier.»

Or, la marge de manœuvre de l'UQAM est mince, affirme son dirigeant. En adoptant son Plan de retour à l'équilibre budgétaire 2009-2016, l'Université a déjà été poussée aux limites de ce qu'elle pouvait faire en termes de réduction de ses dépenses. Ce plan étant basé sur des prévisions et des objectifs, des ajustements étaient à prévoir. À cette situation est venu s'ajouter le conflit étudiant de l'hiver dernier. Reprise de session, nouveaux contrats avec les chargés de cours et les auxiliaires d'enseignement, session d'été annulée dans plusieurs facultés: le conflit aura coûté à l'UQAM près de 20 millions de dollars.

Une situation très particulière

«La situation de l'UQAM est très particulière», mentionne le recteur, rappelant à la fois la mission d'accessibilité de l'Université, sa localisation au centre-ville de Montréal et son statut d'université de grande taille.»

Robert Proulx a déjà rencontré les représentants du gouvernement pour leur exposer les particularités de la situation uqamienne. «Nous leur avons dit que nous comprenons le problème du gouvernement, dit-il, mais nous voulons que, de leur côté, ils comprennent notre situation afin que nous puissions trouver ensemble une solution qui évite à l'UQAM de replonger dans une spirale de difficultés financières.»

Pour le recteur, tout est sur la table. «Dans les discussions qui ont cours et qui vont mener à une entente avec le gouvernement, plusieurs scénarios sont envisagés. Par exemple, est-ce qu'on pourrait faire des déficits pendant une période un peu plus longue que ce qui est prévu dans le Plan de retour à l'équilibre budgétaire? Est-ce que nous serons compensés pour les pertes liées au conflit étudiant? Toutes ces questions peuvent avoir une incidence sur l'entente à laquelle nous parviendrons.»

Robert Proulx affirme que les décisions budgétaires qui seront prises le seront en accord avec les priorités qui sont les siennes. «Si des compressions doivent être faites, on regardera plutôt en périphérie des activités académiques. Des projets qui visent à améliorer notre fonctionnement sont importants pour l'UQAM, mais certaines dépenses pourraient être étalées sur une période plus longue, par exemple.»

Sommet sur l'enseignement supérieur

Le recteur a assisté aux rencontres préparatoires qui ont eu lieu jusqu'à maintenant en prévision du Sommet sur l'enseignement supérieur qui doit se tenir fin février. «Je comprends la stratégie gouvernementale qui est d'amener les divers intervenants à se rencontrer pour mieux se connaître, dit-il. Mais le nombre et la diversité de ces intervenants, qui arrivent tous avec des visions différentes de l'université, de même que le peu de temps qui est alloué aux rencontres font en sorte qu'il est difficile de se comprendre.»

Pour Robert Proulx, il faut éviter que le Sommet se transforme en un exercice où chacun tente de s'approprier l'université. «Si l'université est un moteur de développement social, c'est parce qu'elle jouit d'une autonomie, dit le recteur. C'est parce qu'elle jouit de cette autonomie qu'elle peut engendrer des connaissances qui mènent au progrès social.»

Séparateur

Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 9 (21 janvier 2013)

Catégorie : Direction

Séparateur

Flèche Haut

UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 21 janvier 2013