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Jean-François Giroux
Photo: Nathalie St-Pierre

L'environnement au baccalauréat

Un nouveau baccalauréat en sciences naturelles appliquées à l'environnement verra le jour dès l'automne 2013


Photo: Annick St-Pierre

Par Benjamin Tanguay

Appauvrissement de la biodiversité, changements climatiques, contamination des sols ou pollution des cours d'eau, voilà autant de défis marquants du 21e siècle qui seront explorés dès l'automne 2013 par les étudiants du nouveau baccalauréat en sciences naturelles appliquées à l'environnement. Tout sourire, Jean-François Giroux, professeur au département des sciences biologiques et directeur de ce programme, est fier de cette création. «La Faculté des sciences de l'UQAM a réellement pris le leadership dans ce dossier», lance-t-il.

Ce baccalauréat est le premier dans son genre au Québec. «Il existe deux grands types de programmes en environnement : l'étude de l'environnement, qui met l'accent sur les sciences humaines, et les sciences de l'environnement, plutôt axées sur les sciences naturelles», explique Jean-François Giroux. Un programme d'étude de l'environnement existe à l'Université de Sherbrooke, mais le baccalauréat de l'UQAM est le seul dans les universités francophones de la province à approcher la discipline sous l'angle des sciences naturelles. «Je crois que former des personnes dans ce domaine en français répond à un besoin», ajoute le professeur.

Il y aura d'autant plus de débouchés pour les futurs diplômés que l'industrie des technologies vertes au pays est en pleine expansion. D'après un rapport de 2010 de l'organisme Technologies du développement durable Canada portant sur la croissance et la mise en marché des technologies propres, ce secteur d'activité a connu, malgré la récession, une hausse de 47 % en 2008-2009 et devait augmenter de 117 % entre 2010 et 2012 seulement. Le même rapport situe les investissements mondiaux faits dans cette industrie au troisième rang, derrière ceux faits dans les télécommunications et la santé.

Mot d'ordre : interdisciplinarité

Pour Jean-François Giroux, l'interdisciplinarité est au cœur du programme qu'il dirige. «Les problèmes environnementaux sont par définition toujours interdisciplinaires, résume le biologiste. Les employeurs recherchent des personnes spécialisées dans un domaine, mais tout de même capables de communiquer, d'échanger et de comprendre les problématiques des autres disciplines.»

Le programme en sciences naturelles appliquées à l'environnement regroupe des cours provenant des départements de chimie, de sciences biologiques, de sciences de la Terre et de l'atmosphère et de géographie, principalement. Les étudiants seront invités à se spécialiser dès la deuxième année en écologie, en sciences de la Terre ou en chimie de l'environnement.

C'est lors de la troisième année du programme que l'interdisciplinarité du baccalauréat prendra tout son sens. Les étudiants devront alors choisir parmi quatre thèmes transversaux : les environnements terrestres, l'eau, le climat ou l'énergie. Même si les détails restent encore à régler, Jean-François Giroux entretient de grandes ambitions pour ces thématiques. Pour chacune d'entre elles, l'objectif est d'arrimer les cours communs afin de voir les mêmes enjeux sous l'angle de disciplines différentes. «Les étudiants risquent d'avoir trois cours différents à leur horaire, mais ce sera comme s'ils n'avaient qu'un grand cours de neuf crédits, avec trois professeurs différents», s'enthousiasme Jean-François Giroux.

Sous le thème de l'eau, par exemple, le problème des algues bleues pourrait être abordé simultanément en chimie, en biologie et en sciences de la Terre. Des travaux communs aux trois cours sont même envisageables. «Les étudiants qui auront choisi des disciplines de spécialisation différentes à la deuxième année pourront même s'entraider. Après tout, c'est un peu comme ça que le marché du travail fonctionne», souligne-t-il.

En plus d'être adapté aux exigences du marché du travail, le baccalauréat en sciences naturelles appliquées à l'environnement permet plusieurs cheminements à la maîtrise. Peu importe les cours suivis pendant le programme, l'étudiant aura toujours la possibilité de se diriger au deuxième cycle en sciences de l'environnement ou en sciences biologiques. Selon la spécialisation choisie en deuxième année, certains étudiants pourront, en plus, choisir la maîtrise en chimie ou en sciences de la Terre.

Dans le noir

Les artisans de ce baccalauréat, fruit d'une démarche entamée à l'UQAM en 2003, effectuent un dernier sprint pour aller chercher les 60 étudiants que le programme pourra accepter. De la préparation des cartons publicitaires en passant par les visites dans les cégeps et les portes ouvertes de l'UQAM, les prochaines semaines de Jean-François Giroux seront remplies d'efforts pour attirer de nouveaux candidats. On a même repoussé la date d'inscription au premier mai. Avis aux intéressés.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIX, no 10 (4 février 2013)

Catégories : Sciences, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 28 janvier 2013