
Dominique Primeau
Photo : François L. Delagrave
Dominique Primeau chantait pour elle-même, sans s'imaginer pouvoir monter un jour sur une scène, parce qu'à chaque fois elle se mettait à pleurer. Cette artiste d'une grande sensibilité, a une voix exceptionnelle, d'une grande étendue pouvant s'adapter à plusieurs registres et à plusieurs genres. Sans le savoir, on connait sa voix car c'est celle que l'on entend dans des pubs de Menthos ou Danone, dans le thème de la populaire série télévisée Un gars, une fille ou dans le doublage de films pour enfants comme Hugo et le dragon. Elle mène aussi une carrière de soliste dans les milieux du jazz et de la musique populaire.
Dominique Primeau est arrivée au Département de musique de l'UQAM en 1993 à titre de chargée de cours. Elle a décliné une offre d'emploi à temps plein dans un cégep parce qu'elle croyait en l'UQAM : «Je sentais qu'il y avait du renouveau dans l'air, un essor de la musique populaire. Avant même qu'il y ait une ouverture de poste j'avais choisi de consacrer mes énergies à l'UQAM.» Elle a eu raison car, en 2005, elle obtient le statut de professeure.
Elle se définit comme une chanteuse avec une pensée de musicienne. «C'est peut-être ce qui fait de moi un bon professeur. Plusieurs chanteurs chantent de manière intuitive, sans se poser de questions. Moi, j'ai toujours envie de comprendre et de faire des liens avec un instrument, je vois la voix comme un instrument.» Ce besoin de comprendre, de découvrir, l'a d'ailleurs poussée à s'inscrire dans un programme de musique et sciences au collège. À l'époque elle était incapable de choisir entre la carrière de flûtiste ou celle de scientifique pour guérir des maladies graves. Quand son option la force à prendre un deuxième instrument, elle choisit le chant.
C'est une révélation : sa voix est forte et bien posée naturellement. Ses progrès sont rapides et une bourse vient l'aider à terminer ses études. Elle étudie pendant deux ans le chant classique à McGill et termine son premier cycle à l'Université de Montréal en musique populaire et jazz qui l'attirent davantage.
Dès la fin de ses études elle obtient des contrats intéressants et variés, tantôt comme choriste ou comme soliste, sur scène, en studio, à la télévision, dans les cafés, dans les maisons de la culture, en tournée en France ou ailleurs. Elle enseigne aussi. Devenue maman, les studios et l'enseignement et leurs horaires diurnes sont plus adaptés à sa nouvelle condition. «J'ai toujours pu continuer en musique, parce que je suis très polyvalente et j'ai su m'adapter au milieu musical. C'est aussi la base de notre nouveau bac en musique», explique Dominique Primeau. Même si elle n'a pas été impliquée dans l'élaboration de ce programme elle adhère totalement à sa définition parce qu'elle colle bien, dit-elle, à l'expérience qu'elle a eue. «Pour survivre dans ce monde en constante évolution, les musiciens doivent posséder une grande autonomie, savoir gérer leur carrière et être à même de se démarquer des autres», ajoute-elle.
Au département, elle donne dix heures de cours de chant par semaine, dirige l'ensemble vocal de jazz, coordonne les concerts de fin de session et fait la promotion du nouveau baccalauréat de musique auquel elle croit beaucoup. Ce programme s'adresse tant aux étudiants intéressés par la musique classique que par la musique populaire. Il a été pensé pour être en continuité avec la formation offerte en musique dans les cégeps. Les enseignants doivent travailler de concert pour établir des liens entre les cours afin que la matière transmise par chacun converge vers un enseignement plus global, souligne Dominique Primeau.
Des deux concentrations du programme c'est celle en pratique artistique (anciennement en interprétation) menant à un projet de fin d'études qui a connu des modifications majeures. La concentration en musicothérapie par contre a été abandonnée. À la place on propose aux intéressés de s'inscrire à la toute nouvelle majeure en musique et à un certificat en psychologie. La majeure en musique peut aussi être combinée avec des certificats offerts par l'UQAM et la Téluq, par exemple «... un certificat en études littéraires pour les futurs auteurs-compositeurs ou en administration ou en marketing pour quelqu'un qui voudrait devenir gérant d'un groupe de musique, les possibilités sont multiples», affirme Dominique Primeau, enthousiaste.
![]()
Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 2 (15 septembre 2008)
Catégories : Arts, Professeurs
![]()