
Marc Lucotte
Photo: Nathalie St-Pierre

Le bateau qui servait de maison aux étudiants du cours de Marc Lucotte, sur le Rio Tapajos, au Brésil. Photo: Angela Guentert.
N'essayez pas d'obtenir des places pour Les explorateurs scientifiques cette année. La passionnante série de conférences présentées au Cœur des sciences de l'UQAM affiche complet jusqu'au mois de mai prochain. Pas mal pour un événement qui en est à sa première édition!
Inspirés de la série bien connue Les Grands Explorateurs qui présente des films réalisés et commentés par de grands voyageurs, Les explorateurs scientifiques invitent les élèves de secondaire 3, 4 et 5 à voyager... et à découvrir le terrain de jeu de la science. La formule est toute simple : un scientifique raconte comment ses travaux l'ont mené au bout du monde, photos, vidéos et péripéties rocambolesques à l'appui. L'idée, on l'aura compris, est de dépoussiérer l'image du chercheur à lunettes et barbichette, dans son laboratoire, et de faire connaître aux jeunes le côté fascinant, attrayant et trépidant de la recherche.
Le 5 novembre dernier, des élèves des écoles secondaires Saint-Laurent, Cavalier-de-LaSalle et Pointe-aux-Trembles se sont entassés dans l'amphithéâtre du pavillon Sherbrooke pour entendre Marc Lucotte, professeur au Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère. Le biogéochimiste était venu leur raconter ses aventures au Brésil, sur les rives du Rio Tapajos - un affluent du puissant fleuve Amazone - à la recherche des origines de la contamination par le mercure des poissons pêchés et consommés par les riverains.
Attentifs, les élèves prenaient des notes et semblaient parfaitement à l'aise avec les subtilités scientifiques auxquelles Marc Lucotte faisait allusion, comme la différence entre le mercure inorganique et le méthylmercure organique, beaucoup plus toxique pour l'être humain. «J'ai préparé mes élèves avant de venir», m'a confié Alba Cozzolino, diplômée de l'UQAM en biochimie, aujourd'hui professeure de sciences à l'école Saint-Laurent.
Chaque école qui s'inscrit à une conférence des Explorateurs scientifiques reçoit un guide pédagogique qui met en relief les grandes idées qui seront abordées durant la conférence. On propose quelques exercices à réaliser avec les élèves avant et après l'événement et on conseille les étudiants sur la prise de notes efficace. «C'est très bien fait, m'a dit Alba. Tellement que j'ai décidé d'inscrire mes élèves non pas à une, mais à quatre conférences cette année.»
Il faut dire que les sujets qui composent le programme 2008-2009 sont des plus attrayants. Le 5 décembre, Louise Caouette-Laberge, chirurgienne plastique à l'Hôpital Sainte-Justine, expliquera comment elle a redonné le sourire à des jeunes enfants du Burkina Faso affligés d'une fente palatine (bec de lièvre). En février, le professeur Reinhard Pienitz, de l'Université Laval, racontera l'expédition qui l'a mené au Nunavik, pour prélever des carottes de sédiments au fond du lac Pingualuk, à la recherche de données sur l'évolution du climat. En mars, Charles Chebl, ingénieur chez SNC-Lavalin, entraînera les jeunes en Algérie et en Haïti, où il a participé à de grands projets d'ingénierie.
On se prend à envier les élèves qui pourront plonger au cœur de toutes ces aventures. Au total, huit conférences sont proposées cette année. Toutes organisées et coordonnées par la petite équipe de Sophie Malavoy, directrice du Cœur des sciences, qui n'a pas seulement déniché des explorateurs de renom, contacté des écoles et préparé des guides pédagogiques pour les professeurs, mais qui a aussi pondu un guide à l'intention des conférenciers. «Saurez-vous capter et maintenir l'attention de 300 jeunes âgés de 14 à 17 ans?», questionne le document en guise d'introduction. Le défi n'est pas mince! Heureusement que la suite propose moult conseils pour y arriver.
Marc Lucotte n'a pas manqué son coup. Le professeur a un talent naturel pour la communication. «J'ai vraiment aimé ses péripéties avec les piranhas», gloussait Mikaël à la sortie de l'amphithéâtre. «Ce serait cool d'habiter sur un bateau, dans un hamac, comme lui», ajoutait Antoine. Vicky a aussi apprécié son après-midi. «Il était très beau, le conférencier.» Toutes les raisons sont bonnes pour s'intéresser à la science!
Pour en savoir plus sur les aventures de Marc Lucotte au pays des piranhas : http://www.journal.uqam.ca/2004-2005/A3103.pdf
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 7 (24 novembre 2008)
Catégories : Sciences, Diplômés, Professeurs
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