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Enrico Torlaschi et Eva Rosa Monteiro.
Photo: Nathalie St-Pierre.

Météo UQAM


Oubliez les pluviomètres d'antan : le pluviomètre optique de la Station météorologique de l'UQAM utilise un faisceau laser transmis à un capteur.
Photo : Nathalie St-Pierre

Par Pierre-Etienne Caza

«Quand je suis arrivé à l'UQAM, il y a plus de 25 ans, il y avait déjà une station météorologique sur le toit de l'un des pavillons du campus central, raconte le professeur Enrico Torlaschi, du Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère. Mais c'était très rudimentaire, cela n'avait rien à voir avec la station moderne que nous possédons aujourd'hui.» Petite visite des lieux en compagnie du professeur Torlaschi et de l'animatrice pédagogique et chargée de cours, Eva Rosa Monteiro.

Installée progressivement à partir de 2003, la station météorologique actuelle comporte plusieurs des instruments de mesure que l'on retrouve sur les sites des stations météorologiques officielles. Certains ont été installés sur la tour, de dix mètres de hauteur, et les autres ont été disposés sur une plateforme de bois. Un étage au-dessous, un ordinateur reçoit les données enregistrées digitalement et les transmet par réseau informatique jusqu'à un laboratoire.

Parmi ces instruments, on retrouve bien sûr un thermomètre et un hygromètre pour mesurer la température et l'humidité, de même qu'un baromètre pour la pression atmosphérique. Il y a aussi une girouette (direction du vent), un anémomètre à coupelles (vitesse du vent) et un anémomètre ultrasonique (direction et vitesse du vent). À quoi sert ce deuxième anémomètre? «L'avantage des ultrasons, c'est qu'en hiver, il n'y pas de problème de givrage», explique le professeur Torlaschi.

Un autre instrument permet de détecter la formation d'orages, en mesurant le champ électrique terrestre. «Le champ électrique par temps calme est de l'ordre de 100 volts/mètre, précise le professeur. Quand des orages approchent, il peut monter à 10 000 ou 20 000 volts/m.» Est-ce à dire que l'on peut détecter un orage même si le ciel est bleu et que le soleil brille? «Tout à fait, poursuit M. Torlaschi, mais il nous est présentement impossible de savoir à quelle distance se trouve l'orage. Nous souhaitons acquérir un détecteur de foudre qui nous le permettra.»

Lorsque l'orage éclate, le pluviomètre optique mesure les précipitations. Oubliez les pluviomètres maison fabriqués dans les cours de sciences physiques à l'école secondaire (qui consistaient souvent en une boîte de conserve avec une graduation), celui-ci utilise un faisceau laser transmis à un capteur. Lorsque les gouttes traversent le faisceau, elles projettent une ombre sur le capteur, qui mesure le taux de précipitation. «C'est une sorte de compteur de gouttes», dit en riant Eva Rosa Monteiro.

Sur le toit du PK, on retrouve également un GPS (qui mesure la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère), des panneaux solaires (pour fournir la station en électricité), un pyranomètre (qui mesure l'intensité du rayonnement solaire) et un radiomètre (pour le bilan radiatif, c'est-à-dire le rayonnement solaire et le rayonnement réfléchi par le sol). Le département possède aussi un sonar à ultrasons pour mesurer l'accumulation de neige, mais celui-ci n'est pas encore installé.

Un but pédagogique

La station météorologique de l'UQAM n'est pas une station de référence reconnue par Environnement Canada, car le site n'est pas acceptable selon les règles et critères de l'Organisation mondiale de la météo. «Nous devrions être au sol plutôt que sur un toit, et dans un endroit dégagé, une mission pratiquement impossible au centre-ville», explique le professeur Torlaschi. La station ne peut donc pas faire partie d'un réseau et générer des prévisions.

Le but de la station est essentiellement pédagogique, précise Mme Monteiro. «Les instruments permettent aux étudiants de la maîtrise en sciences de l'atmosphère de se familiariser avec ce type de mesures, dit-elle. Ce sont eux qui les installent et qui en effectuent le calibrage, dans le cadre du cours Instrumentation et travaux pratiques. Ils savent ensuite comment s'en servir, recueillir les données et les interpréter.»

Le programme de maîtrise en sciences de l'atmosphère est, rappelons-le, le seul à être offert en français en Amérique du Nord. «Notre programme est parmi les seuls qui familiarisent les étudiants avec des instruments, poursuit le professeur Torlaschi. C'est une valeur ajoutée à notre formation.»

La moitié des diplômés travaillent pour Environnement Canada, précise-t-il. D'autres se trouvent un emploi à Météomédia, à Hydro-Québec ou au sein du consortium Ouranos sur la climatologie régionale et l'adaptation aux changements climatiques. Le secteur éolien, en pleine croissance, en recrute également quelques-uns.

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À la minute près... ou presque!

La température mesurée à la Station météorologique de l'UQAM s'affiche désormais en temps réel sur le site de nouvelles L'UQAM au quotidien. Un hyperlien permet également d'accéder au nouveau site Web de la Station météorologique.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 8 (8 décembre 2008)

Catégories : Sciences, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 8 décembre 2008