
Suzanne Richard
Photo: Nathalie St-Pierre

Le local où sont conservés les matériaux.
Photo: Nathalie St-Pierre.
Suzanne Richard, architecte au Service de la planification, de l’aménagement et de la gestion des espaces (SPAGE) du Service des immeubles et de l’équipement, nous fait découvrir un petit local situé dans le stationnement Sanguinet, sous le pavillon des Sciences de la gestion. Il s’y trouve quelques cadres de porte et de fenêtre, des briques, du pavé uni… et même un casier à courrier. Ce sont là des matériaux récupérés lors de projets de rénovation des espaces et des locaux de l’université.
Dans les appels d’offres pour les gros chantiers, les constructeurs s’occupent habituellement de récupérer les matériaux, autant lors de la démolition que pour la construction, mais pour les petits projets, il est encore difficile d’imposer des règles, explique-t-elle. L’équipe du SPAGE tente donc de faire sa part pour récupérer le plus de matériaux possible. «Par exemple, il est difficile de trouver les mêmes couleurs de tuiles de plancher lorsque des réparations sont nécessaires aux pavillons Hubert-Aquin et Judith-Jasmin, explique Mme Richard. Ces couleurs n’existent plus! C’est pourquoi nous demandons aux entrepreneurs d’enlever délicatement la tuile des planchers lorsque des travaux sont effectués, pour pouvoir s’en servir ultérieurement.»
Une base de données permet dorénavant de gérer les matériaux récupérés. «Tout est numéroté, précise-t-elle. Nous pouvons ainsi donner le numéro à l’entrepreneur et lui dire d’aller chercher la pièce dans notre local.»
Le SPAGE récupère et tente autant que possible d’acheter des produits fabriqués au Québec. «C’est facile de ne pas se casser la tête et d’acheter le moins cher, admet Mme Richard, mais je crois qu’on doit faire un effort et miser d’abord sur les produits d’ici. La peinture que l’on utilise, par exemple, provient du Québec, tout comme les cadres de porte en acier et le bois que nous utilisons.»
«Nous essayons également de choisir des matériaux qui requièrent le moins d’entretien possible, souvent avec la collaboration appréciée de nos collègues de la Conciergerie et de la logistique, poursuit-elle. Je me rappelle entre autres de l’agrandissement de la cafétéria, au pavillon Hubert-Aquin. J’avais convaincu mon patron de l’époque de mettre de la céramique au lieu d’un revêtement de PVC pour le plancher. C’était un peu plus cher, mais l’entretien est beaucoup plus facile et la durabilité de loin supérieure.»
Écoambassadrice avant l’heure, membre du Comité institutionnel d’application de la politique en matière d’environnement, Suzanne Richard s’est longtemps sentie marginale… car elle récupérait avant l’heure. «Je le fais depuis mon arrivée à l’UQAM, il y a 18 ans. Au début, je tentais d’imposer des façons de faire, je devais me battre constamment. J’étais parfois fatigante, dit-elle en riant, mais, aujourd’hui, je sens que je ne suis plus seule. Les choses changent à l’UQAM.» Convaincue et convaincante, Suzanne Richard n’a pas hésité à se mettre au compost, sur son balcon, juste pour convaincre ses collègues qui possèdent un terrain que c’était facile. «Je leur dis souvent : Je n’ai pas d’enfant. Les efforts que vous faites, vous ne les faites pas pour moi, mais pour vos enfants.»
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 8 (8 décembre 2008)
Catégories : Développement durable, Employés
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