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Un plan d'urgence bonifié


Alain Gingras, directeur du Service de la prévention et de la sécurité, et Daniel Hébert, directeur du Service des communications.
Photo: Nathalie St-Pierre.

Par Pierre-Etienne Caza

À quelque chose malheur est bon. Les perturbations vécues à l'UQAM les 11 et 12 décembre dernier n'ont été agréables pour personne, mais elles auront permis d'attirer davantage l'attention du gouvernement du Québec sur la nécessité de se doter de nouveaux outils pour faire face à ce genre de crise.

Rappelons les faits. Le 11 décembre, vers 13h45, le Service de la prévention et de la sécurité reçoit quatre appels, signalant que l'on aurait entendu des coups de feu au pavillon de l'Éducation (N) et qu'on a trouvé un sac au contenu suspect.

Aussitôt alerté, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) est arrivé sur les lieux et a dressé un périmètre de sécurité. Un sac contenant une dizaine de balles de calibre 22 ainsi que deux armes blanches a été trouvé. Les sons de coups de feu auraient été provoqués par des pétards, que les policiers du groupe d'intervention tactique ont retrouvés lors de leur fouille. «Lorsqu'il y a probabilité de tireur actif, les policiers doivent fouiller tous les locaux, étage par étage, précise Alain Gingras, directeur du Service de la prévention et de la sécurité de l'UQAM. Voilà pourquoi la consigne que nous avons donnée aux gens par le réseau phonique était de demeurer enfermés dans les bureaux et les salles de classe.» Le pavillon N a finalement été évacué vers 16h et a été fermé pour le reste de la journée.

Outre le système phonique (intercom), un courriel a été envoyé à l'ensemble de la communauté universitaire, des messages ont été affichés sur les écrans géants et sur le site Web de l'UQAM, et le message téléphonique du 987-3000 a été modifié, sans compter les points de presse aux médias, donnés aux 30 minutes par Daniel Hébert, directeur du Service des communications. «Nous avons tout mis en œuvre pour donner le maximum d'information possible à la communauté universitaire», analyse ce dernier, précisant que seuls les gens des pavillons N, W et A ont reçu des consignes par intercom, afin d'éviter de créer une panique inutile sur le campus.

Le lendemain, 12 décembre, un autre colis suspect a été découvert vers 9h30 dans une toilette du troisième étage du pavillon N. Cette fois, les occupants ont été évacués très rapidement et le groupe d'intervention tactique du SPVM a neutralisé le colis, qui contenait une minuterie reliée à des bâtonnets dont on ignore toujours la nature. Le pavillon a pu rouvrir ses portes vers 13h30. «L'enquête du SPVM se poursuit pour les deux événements et nous en saurons davantage au cours des prochaines semaines», précise Alain Gingras.

De nouveaux outils de communication

Depuis la tragédie de Dawson, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a demandé aux universités, via la CRÉPUQ, de rédiger et de lui soumettre des plans d'intervention en cas d'urgence. Dans cette foulée, l'UQAM a déposé en septembre dernier un projet de modernisation de ses outils de communication auprès du MELS. «Ce projet portait sur trois modes de communication en cas de crise : la centralisation du système phonique, la possibilité de forcer la messagerie vocale en main libre sur les téléphones IP et l'installation d'un système d'affichage numérique sur le campus, composé d'une soixantaine d'écrans au plasma», explique Alain Gingras.

À la suite des événements de décembre, l'UQAM a bonifié ce plan, y ajoutant la modernisation du parc de télésurveillance, l'achat de serveurs dédiés à la communication interne, un devis pour changer le barillet des poignées de portes des salles de cours afin de pouvoir les verrouiller de l'intérieur (il y a quelque 230 salles de classe et le tout coûterait environ 50 000 $) et l'acquisition d'outils permettant d'envoyer des messages textes (SMS) sur les téléphones cellulaires des employés et des étudiants hors campus. «L'envoi de messages d'urgence via SMS est l'une des mesures les plus pertinentes et les plus efficaces, souligne Daniel Hébert. Plusieurs campus américains l'utilisent, l'Université Concordia également.»

En cas d'urgence, le site Web de l'UQAM demeure le lieu de référence pour obtenir de l'information, précise Daniel Hébert.

Simulations à venir

Le Service de la prévention et de la sécurité, qui travaille en collaboration avec le SPVM depuis quelques mois déjà, procédera à des simulations d'exercices «Tireur actif» les 14, 21 et 28 janvier, de même que les 4 et 11 février prochains. Ces exercices auront lieu dans différents pavillons, durant la nuit. «Les événements survenus en décembre nous ont permis de constater que le plan d'intervention d'urgence de l'UQAM fonctionne bien, mais qu'il y a toujours matière à améliorations», précise Daniel Hébert.

Ces simulations, auxquelles participeront des comédiens, prendront la forme de différents scénarios, par exemple : un individu armé a été aperçu, des coups de feu ont été entendus, des personnes ont été blessées, un suspect est en fuite, etc. «Ce sera l'occasion pour les policiers du SPVM de se familiariser plus étroitement avec les pavillons de l'UQAM et avec les intervenants de chez nous», note Alain Gingras. «Et aussi d'améliorer les communications en situation de crise à l'UQAM», conclut Daniel Hébert.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 9 (12 janvier 2009)

Catégorie : Employés

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 12 janvier 2009