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La Galerie de l'UQAM à la une


Cloaca no 5, la machine de l'artiste Wim Delvoye reproduisant le système digestif humain. Photo: Nathalie St-Pierre.

Par Marie-Claude Bourdon

Ce n'est pas tous les jours qu'une galerie d'art contemporain fait la une des journaux, qu'on en parle dans les bulletins de nouvelles, dans les émissions de radio, à la télévision et même dans le Journal de Montréal, trois jours de suite. C'est pourtant l'exploit que la Galerie de l'UQAM a réalisé depuis le vernissage, le 15 janvier dernier, de Cloaca no 5, l'exposition de l'artiste belge de réputation internationale Wim Delvoye. Véritable métaphore de notre monde consumériste, sa machine à produire de la merde - littéralement - a conquis l'attention des médias.

 

Louise Déry, la directrice de la Galerie de l'UQAM, ne s'étonne pas de l'impact médiatique de l'exposition, mise en circulation par la Illingworht Kerr Gallery de l'Alberta College of Art + Design. Dans les médias, certains ont critiqué les subventions versées à la galerie pour montrer une «machine à caca». Mais, dans l'ensemble, la démarche de l'artiste a plutôt suscité la curiosité amusée des journalistes et du public. «Évidemment, il y a eu des réactions de rejet, dit Louise Déry. Mais si la controverse a pour effet d'engager un dialogue avec des gens qui ne sont pas familiers avec l'art contemporain, de les amener à se poser des questions sur l'art, pour moi, c'est un succès.»

 

Tout en s'appropriant logos et images de marques connus (sa signature, Wim Delvoye, est calquée sur le logo de Walt Disney), l'artiste belge réalise des expériences qui interrogent les limites de l'art, de la science et de la vie. L'oeuvre présentée à la Galerie de l'UQAM, Cloaca no 5 (un titre qui s'inspire de la marque de parfum bien connue), est l'un des huit exemplaires uniques de la machine conçue par Delvoye pour reproduire fidèlement le système digestif humain. Programmée par un ordinateur, mais nourrie par des humains, la machine mange (des restes de la cafétéria), diffuse des odeurs nauséabondes et défèque. Quand elle a faim, une petite lumière clignote.

 

Prouesse scientifique? Selon l'artiste, son équipe se compose de techniciens (plombiers, électriciens) davantage que de savants, et il n'a nulle intention d'exposer son oeuvre dans un musée de la technologie. Mais est-ce de l'art? «L'art, répond-il sur un ton à la fois sérieux et provocateur, c'est quelque chose qui ne sert à rien. Pour moi, un artiste, c'est quelqu'un qui n'est pas nécessaire, qui s'amuse, qui gaspille son temps.» Cette sculpture qui consomme et rejette des déchets est inutile, note le commissaire de l'exposition, Wayne Baeraldt, «mais elle nous interroge sur nous-mêmes et sur la société dans laquelle nous vivons.»

 

L'exposition est présentée jusqu'au 14 février. Tous les mercredis de 13h à 13h45, un médiateur est sur place pour échanger avec le public. Vous pouvez apporter votre lunch et manger en compagnie de Cloaca! Le mardi 3 février, une table ronde réunira une historienne de l'art, un gastro-entérologue et une sociologue, qui exprimeront leurs points de vue sur l'oeuvre de Wim Delvoye. Le 14 février, le court-métrage Next Floor, qui met en scène un banquet luxueux et grotesque, sera projeté en boucle à l'occasion de la journée de clôture de l'exposition. Ce film, réalisé par le diplômé en communication Denis Villeneuve, a reçu le Grand prix Canal + du meilleur court métrage au Festival de Cannes 2008.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 10 (26 janvier 2009)

Catégories : Arts, Employés

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 26 janvier 2009