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PharmaQAM prend son envol


René Roy, professeur au Département de chimie et directeur de PharmaQAM, et ses adjointes et collègues Sarah Jenna et Isabelle Marcotte.
Photo: Nathalie St-Pierre.

Par Dominique Forget

C'est une bibliothèque pas comme les autres que l'équipe de PharmaQAM est en train de garnir, dans les laboratoires du Complexe des sciences Pierre-Dansereau. Une bibliothèque... de molécules. Les chercheurs y réfèrent familièrement sous le nom de «chimiothèque». Pour l'instant, une centaine de molécules meublent les «rayons». Certaines ont été extraites d'arbres de la forêt boréale ou des racines de plantes africaines. D'autres ont été fabriquées de toutes pièces par des chimistes. Parmi elles, on espère trouver quelques candidates utiles à la fabrication de médicaments contre le cancer, la fibrose kystique ou des maladies neurodégénératives.

La collection pourrait rapidement s'élargir. C'est que le centre de recherche PharmaQAM est en pleine ébullition. «En 2007, nous avions formé une petite équipe, encore informelle, avec des collègues du Département de chimie», explique le professeur René Roy, directeur de PharmaQAM. «En 2008, l'UQAM nous a accrédité comme centre de recherche en émergence et nous avons obtenu 152 000 $ en fonds de démarrage. Aujourd'hui, nous comptons 43 membres rattachés à onze institutions québécoises et nous attendons des réponses pour des demandes de subventions qui totalisent 10 millions $!»

Le tiers des scientifiques provient de l'UQAM qui forme le cœur des activités du nouveau centre de recherche. Sarah Jenna et Isabelle Marcotte, toutes deux professeures au Département de chimie, détiennent respectivement les fonctions de directrice adjointe, volet biologie, et directrice adjointe, volet chimie, de PharmaQAM.

Cibles thérapeutiques

«L'équipe de PharmaQAM est vraiment pluridisciplinaire, explique Sarah Jenna. Nous assumons une grande partie de la chaîne d'identification des molécules thérapeutiques : de leur isolement et purification, jusqu'aux essais préliminaires chez des modèles animaux.»

La première étape consiste justement à identifier ou à «fabriquer» des animaux atteints d'une maladie qui s'apparente à une maladie humaine. Sarah Jenna, par exemple, utilise comme modèle d'étude des nématodes (de petits vers) ayant subi des mutations génétiques qui provoquent des déficiences similaires à certaines formes de retard mental, à la maladie d'Alzheimer ou à la dystrophie musculaire chez l'humain.

Il s'agit ensuite d'identifier, à l'aide de diverses méthodes de pointe en biochimie, une «cible thérapeutique», c'est-à-dire une portion très précise de la cellule malade ou de son mécanisme, sur lequel on veut agir pour régler son fonctionnement et traiter la déficience.

Une fois identifiée, cette cible thérapeutique peut être modélisée en trois dimensions sur ordinateur, par des bio-informaticiens, membres de PharmaQAM. «Les molécules qui se trouvent dans notre chimiothèque peuvent également être modélisées, poursuit Isabelle Marcotte. On peut ainsi voir à l'écran si une molécule spécifique arrive à s'emboîter ou non dans la cible thérapeutique.»

Plus la bibliothèque de molécules sera diversifiée, plus les chances de trouver une candidate intéressante seront élevées. Au besoin, des chimistes pourront modifier une molécule de la banque, un peu comme un forgeron lime une clé pour la faire entrer dans une serrure. «On modifie la structure de la molécule pour la rendre plus active», précise Isabelle Marcotte.

Un bon créneau

Les molécules les plus prometteuses sont appelées des leads, dans le jargon. Elles sont testées sur les modèles animaux pour évaluer leur potentiel thérapeutique et leur toxicité.

Aux dires de Sarah Jenna, l'industrie pharmaceutique pourrait très bien faire face à une pénurie de leads d'ici une dizaine d'années.

«Auparavant, les compagnies criblaient des milliers de molécules au hasard, dans l'espoir d'identifier quelques leads. Mais cette technique est très coûteuse. Maintenant, l'industrie veut travailler avec des molécules qui, dès le départ, présentent un certain potentiel.» Le centre de recherche de l'UQAM investit donc un bon créneau.

Dès le mois de juin 2009, PharmaQAM tiendra son tout premier colloque auquel seront conviés des experts internationaux. Des conférences grand public sont prévues. «Une journée spéciale pour les VIP est également à l'horaire, ajoute René Roy. Nous accueillerons entre autres des délégués de compagnies pharmaceutiques pour leur montrer de quoi l'UQAM est capable.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 11 (9 février 2009)

Catégories : Sciences, Santé, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 9 février 2009