
Dorval Brunelle.
Photo : Nathalie St-Pierre.
L'Institut d'études internationales de Montréal (IEIM) a été créé, il y a sept ans, à l'instigation de Jacques Lévesque, doyen de la Faculté de science politique et de droit à l'époque. Dorval Brunelle en est le troisième directeur, mais le premier à provenir de l'UQAM.
Encore tout chaud, le nouvel organigramme de l'Institut comporte maintenant douze centres d'études et chaires de recherche. Certains d'entre eux se déclinant en d'autres constituantes, cela donne 24 unités de recherche au total. Deux nouvelles chaires viennent de se joindre à l'IEIM : la Chaire Nycole Turmel sur les espaces publics et les innovations politiques, ainsi que la Chaire UNESCO d'étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique. Le Groupe de recherche en droit international et comparé de la consommation (GREDICC) s'y est également ajouté.
L'IEIM a maintenant une double mission. Le premier volet de celle-ci, que Dorval Brunelle qualifie de «classique», consiste à soutenir et à renforcer l'intégration de la dimension internationale à l'ensemble des activités de ses constituantes et partenaires oeuvrant sur la scène internationale. Le deuxième volet de la mission veut faciliter l'extension et le redéploiement de ces activités sur la scène internationale. «On peut parler de l'international tout en restant ici, note le professeur. L'exemple frappant est la Chaire de Micheline Labelle qui travaille sur les questions de citoyenneté, d'immigration, de diaspora; c'est de l'international qui se passe ici.»
Il est important que l'IEIM s'ajuste à une définition plus ouverte, plus récente, plus nouvelle de l'international. «À l'heure actuelle, plusieurs composantes de notre vie comportent une dimension internationale. Ce n'était pas le cas il y a dix ou vingt ans», poursuit-il.
Dorval Brunelle voudrait que l'IEIM devienne le lieu de réflexion et de pratique de l'internationalisation, non seulement à l'UQAM, mais à Montréal et si possible au Québec. Concrètement il souhaite, par exemple, inviter des conférenciers prestigieux pour en faire bénéficier le grand public. «Nous avons un rôle très important à jouer en fait de sensibilisation aux questions d'internationalisation, auprès de nos concitoyens, en particulier auprès du public montréalais», affirme M. Brunelle.
Il souhaite que l'Institut continue à multiplier les projets en partenariat avec la Ville de Montréal, les universités montréalaises et d'autres acteurs de la métropole. Par exemple, l'IEIM a participé, même s'il y avait un rôle assez modeste, à l'organisation de la Semaine du Japon. Il contribue à la Semaine de l'Allemagne et, à l'automne 2009, à une Semaine de l'Égypte.
L'IEIM organise aussi des cycles de conférence. C'est ainsi qu'en collaboration avec l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), José Bové et Monique Chemillier-Gendreau ont été invités. Dorval Brunelle souligne avec enthousiasme la richesse des partenariats de l'Institut. Le défi le plus important, dit-il, c'est de favoriser les collaborations entre les centres de recherche et les chaires, afin de maximiser l'impact des différents acteurs.
Dorval Brunelle a ressorti des cartons de l'IEIM une idée abandonnée, celle d'organiser un colloque qui aura lieu la première semaine de novembre 2009. Il portera sur l'interface privé/ public, civil/ militaire. Les participants tenteront de voir comment des catégories comme celles-là ont été contestées, révisées, retravaillées de toutes sortes de façons. «Par exemple, cela peut aussi bien toucher à la politisation de l'espace privé, à l'instigation des mouvements féministes, qu'à la privatisation des activités des armées», explique-t-il.
Le nouveau directeur de l'IEIM, qui n'en a pas assez avec ses nouvelles tâches, se lance dans la recherche avec le bureau de direction de l'Institut. Avec des collègues des autres institutions d'enseignement supérieur à Montréal, le sociologue est en train de mettre sur pied une recherche sur le rôle que peuvent jouer les universités auprès de la Ville de Montréal et de ses principaux acteurs, dans la promotion de l'international.
Plusieurs constituantes de l'IEIM offrent des écoles d'été. Dorval Brunelle aimerait en établir un inventaire complet. «Notre site Web deviendrait une espèce de vitrine de tout ce qui touche de près ou de loin à l'international. Non seulement les activités qui sont organisées par les constituantes de l'Institut, mais celles qui sont offertes à l'extérieur.»
Le directeur de l'Institut a plusieurs autres idées en tête. «Dès que je vois quelque chose qui fonctionne, mon seul souci est de le démultiplier, de le cloner», conclut Dorval Brunelle.
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 13 (9 mars 2009)
Catégories : Politique et droit, Professeurs
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