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Nouveau doctorat en chimie


Daniel Bélanger, Mario Morin et Gwenaël Chamoulaud, responsables de la mise en oeuvre du nouveau doctorat en chimie.
Photo : Nathalie St-Pierre.

Par Dominique Forget

Mario Morin, vice-doyen à la recherche à la Faculté des sciences, et Daniel Bélanger, directeur du Département de chimie, ont vu quatre années d'efforts récompensées au mois de février dernier. Le programme de doctorat en chimie, sur lequel ils planchaient depuis 2005, a enfin vu le jour. Une excellente nouvelle pour un département en plein essor.

«Depuis 2001, nous avons remplacé la moitié du corps professoral en chimie, à cause des départs à la retraite», souligne Mario Morin, qui a dirigé le Département avant Daniel Bélanger. «Les jeunes recrues ont d'excellents profils en recherche. Nous avons cependant réalisé, lors des entrevues d'embauche, que le fait de ne pas avoir de doctorat nous nuisait pour attirer les meilleurs candidats. Les doctorants jouent un rôle important dans la poursuite de la recherche à l'université.»

Jusqu'ici, les professeurs de chimie avaient réussi à contourner le problème en codirigeant des étudiants officiellement inscrits à des universités partenaires comme McGill, Concordia, l'Université de Montréal ou l'Institut national de la recherche scientifique. «Souvent, ça voulait dire qu'on se payait une bonne partie du boulot d'encadrement, sans avoir la reconnaissance», note Daniel Bélanger. Jusqu'à tout récemment, 25 étudiants étaient dirigés par des professeurs de chimie de l'UQAM, mais inscrits ailleurs. «En rapatriant ces étudiants chez nous, nous recevrons entre 400 000 et 500 000 $ par année des ministères de l'Éducation», poursuit le directeur.

Santé et matériaux

Pour les deux chimistes qui ont élaboré le projet, en collaboration avec Gwenaël Chamoulaud, directeur technique de NanoQAM, il n'était pas question d'offrir un programme en tous points identique à ceux qui existent déjà dans les trois autres universités montréalaises. Ils ont mis sur pied un doctorat propre à l'UQAM, qui reflète les forces de ses professeurs.

«Nous avons retenu deux grandes orientations, explique Mario Morin. D'abord, la chimie pharmaceutique et médicinale. Ensuite, la chimie des matériaux.» Les étudiants dont les recherches s'inscriront dans le premier volet travailleront à l'identification et au développement de molécules ayant un potentiel thérapeutique. Les autres se frotteront à la conception de matériaux inusités, comme les polymères biodégradables ou les alliages utiles au domaine des énergies nouvelles. «Il y a beaucoup de défis de ce côté, explique Daniel Bélanger. Prenons la voiture électrique. On doit trouver des matériaux légers qui lui donneront une autonomie suffisante.»

Quelques entreprises privées sont déjà associées aux recherches du Département de chimie, comme Phostech Lithium, un des plus grands fabricants de piles au lithium du monde, qui distribue ses produits aux quatre coins de la planète. Les futurs doctorants de l'UQAM pourront profiter de ce genre de partenariat pour s'initier au monde de la recherche dans le privé.

Apprendre à gérer des projets

En Amérique du Nord, on estime que parmi les finissants au doctorat en sciences pures, seulement 20 % poursuivent une carrière dans le milieu de la recherche académique. D'où l'importance d'ouvrir les horizons professionnels des étudiants pendant leurs études doctorales. Bien que le nouveau programme de l'UQAM soit orienté «recherche», il comprendra un cours en gestion des ressources humaines. «Les entreprises nous assurent que nos diplômés sont impeccables en ce qui concerne le travail de laboratoire, dit Mario Morin. Mais il leur manque certaines habiletés en gestion. C'est cette lacune que nous voulons pallier.» Un cours de pédagogie est également prévu, pour les finissants qui choisiront l'enseignement, au cégep par exemple. Mario Morin aimerait éventuellement ajouter un cours en gestion de projets.

Ce type de programme, qui tient compte des réalités du marché, aura tout pour attirer les étudiants. Le salaire minimum garanti, de 15 000 $ par année, est aussi alléchant. «Certaines études montrent que chez les étudiants aux cycles supérieurs qui ne reçoivent pas de soutien financier, le taux de diplomation est de 50 %, dit Mario Morin. Chez ceux qui reçoivent un coup de pouce, il est de 80 %.»

Lorsque le programme aura atteint son rythme de croisière, il devrait accueillir une trentaine d'étudiants. Dès l'été, une dizaine de doctorants actuellement en codirection, devraient être rapatriés à l'UQAM. «Ils sont contents de venir chez nous, dit Daniel Bélanger. Et nous sommes tout aussi heureux de les accueillir.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXV, no 15 (6 avril 2009)

Catégories : Sciences, Professeurs

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