
Louise Déry
Photo : Denis Bernier
Louise Déry, directrice de la Galerie de l'UQAM, participait en tant qu'experte du domaine de l'art contemporain à la délégation de 12 personnes accompagnant la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, dans le cadre d'une visite officielle en République populaire de Chine, du 30 juin au 5 juillet derniers. La délégation comptait des représentants d'institutions et d'organisations non gouvernementales engagées dans les secteurs économiques et sociaux, qui allaient prendre la mesure de l'impact socioéconomique et culturel des partenariats sino-canadiens.
Le groupe a débuté son périple par une visite de l'Exposition universelle de Shanghai, où la ville de Montréal - représentée officiellement par Louis Dussault, professeur associé au Département de communication sociale et publique et chercheur à la Chaire de relations publiques et communication marketing - présente sa propre exposition dans la «Zone de meilleures pratiques urbaines» du pavillon du Canada. «L'art contemporain canadien était malheureusement très peu mis en valeur au pavillon du Canada», a constaté Louise Déry.
La délégation s'est ensuite déplacée vers Guangzhou, dans la province de Guangdong, principal moteur du boom économique chinois, d'où sont originaires la plupart des Sino-Canadiens, puis vers la province de Sichuan, la plus peuplée de la Chine, avant de conclure son périple dans la capitale nationale du pays, Beijing.
«Dans un premier temps, ce genre de mission à l'étranger donne la chance aux membres de la délégation, originaires de différentes régions du Canada, d'établir un dialogue entre eux, souligne Mme Déry. Mais, plus important encore, il s'agit d'une occasion exceptionnelle pour ces personnes, provenant de différentes sphères d'activités, d'entreprendre un dialogue culturel à l'international.»
Mme Déry a notamment pu visiter plusieurs musées, galeries et studios d'artistes, en plus de rencontrer quelques artistes locaux. «Ce voyage a été l'occasion de découvrir quelques exemples d'art contemporain chinois, poursuit-elle. L'une des premières choses qui saute aux yeux est certainement la conjoncture économique actuelle de la Chine, qui connaît une croissance effrénée. Cette conjoncture est extrêmement favorable aux artistes chinois. Les jeunes artistes ont accès à un marché très important pour vendre leur art. Il y a beaucoup de collectionneurs, et même des entreprises, qui ont un véritable appétit pour l'art contemporain. De plus, plusieurs projets de construction en cours intègrent le travail des artistes. Bref, c'est un lieu d'émergence important pour l'art contemporain.»
Par ailleurs, la directrice de la Galerie de l'UQAM a pu constater que la place des femmes dans ce domaine est quasi inexistante. «Lors de mon court séjour, je n'ai vu aucune œuvre et n'ai rencontré aucune femme artiste chinoise. On m'a donné l'occasion de rencontrer plusieurs artistes masculins, mais je n'ai malheureusement pas eu accès à des pratiques féminines», précise-t-elle.
À titre de commissaire d'exposition, la directrice de la Galerie de l'UQAM a toujours été intéressée par la réciprocité, c'est-à-dire inviter des artistes contemporains étrangers ici, tout en déployant un maximum d'efforts pour exporter les pratiques artistiques canadiennes. Or, Louise Déry a décelé un grand absent en sol chinois : l'art canadien. «Chaque fois que nous avons la chance d'aller à l'étranger, nous découvrons à quel point nous accusons un retard à y faire émerger nos artistes, précise-t-elle. Les subventions ne sont pas au rendez-vous. Pendant que le gouvernement fédéral sabre dans les appuis financiers au rayonnement à l'étranger de notre culture et que nous ne sommes pas présents sur la scène internationale, d'autre pays occupent la place. Nous avons une réelle carence à ce niveau.»
Selon Mme Déry, il faut chercher à sensibiliser les membres de notre gouvernement et nos entrepreneurs à l'international. Les entreprises canadiennes doivent être des véhicules de promotion de l'art canadien, dit-elle. «Ce sont elles qui, avant les artistes, sont les premières à faire affaires avec le monde extérieur. Qui ira promouvoir l'art canadien en Chine, sinon d'autres Canadiens? Nous nous devons de les intéresser à notre art pour qu'ils en fassent la promotion, qu'ils le collectionnent, de manière à ce que leurs homologues internationaux entrent en contact avec notre culture.»
À plus petite échelle, ce voyage aura aussi permis à la directrice de la Galerie de l'UQAM d'évaluer les possibilités de partenariats avec la Chine. Aura-t-on bientôt droit à une exposition d'un artiste chinois à la Galerie? «Je reviens de ce magnifique voyage avec un carnet de contacts bien rempli et nous verrons bien si cela est possible», conclut-elle en laissant planer le mystère.
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Source : Service des communications, UQAM
Catégorie : Arts
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