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Catherine Amiot
Photo : Nathalie St-Pierre

Étudier en terre étrangère


Près de 500 étudiants internationaux ont participé à une soirée d'accueil, le 27 septembre dernier.
Photo : Denis Bernier

Par Pierre-Etienne Caza

L'UQAM accueille environ 2 500 étudiants internationaux qui viennent acquérir un bagage de connaissances... et se frotter du même coup à la culture québécoise. À quel moment ce contact est-il suffisant pour déclencher chez eux des transformations? «Nous en savons très peu sur le processus de changement identitaire qui survient chez les étudiants internationaux», reconnaît Catherine Amiot, professeure au Département de psychologie. La jeune chercheuse a décidé de remédier à la situation en mettant sur pied un projet de recherche avec son collègue Andrew Ryder, de l'Université Concordia. Intitulée «Identités culturelles et sentiment d'appartenance chez les étudiants internationaux : une étude longitudinale», leur recherche, qui démarre cet automne, vise à mieux comprendre le processus par lequel les étudiants internationaux en arrivent à développer un sentiment d'appartenance envers un nouveau groupe culturel.

Spécialisée en psychologie sociale, Catherine Amiot s'intéresse aux questions d'identité sociale, c'est-à-dire à la partie du concept de soi qui relève de l'appartenance à des groupes sociaux. «Même si la société tend à s'individualiser, nous faisons néanmoins partie de groupes qui influencent notre identité sociale», explique la jeune chercheuse, qui a créé et qui dirige le Laboratoire de recherche sur le soi et l'identité, autour duquel est articulé son programme de recherche.

Catherine Amiot étudie le sentiment d'appartenance à des groupes spécifiques, mais aussi à des entités plus larges et inclusives, comme les syndicats, ou même à l'humanité dans son ensemble. «Je m'intéresse par exemple à l'expression "citoyens du monde", note-t-elle. Les gens développent-ils vraiment une identification sociale à un tel groupe et si oui, comment se traduit-elle?»

Une étude longitudinale

Pour son projet de recherche sur les étudiants internationaux, Catherine Amiot espère obtenir un échantillon d'environ 200 répondants à l'UQAM. «Quand on débute une recherche comme celle-ci, le taux de participation est habituellement élevé car les sujets sont fiers que l'on s'intéresse à ce qu'ils vivent, dit-elle. En ajoutant la participation d'étudiants de Concordia, nous aurons une belle représentativité des étudiants internationaux à Montréal.»

Les sujets qui participeront à la recherche devront compléter un court questionnaire à différents moments durant leurs études. «Très peu de recherches ont porté sur le développement du sentiment d'appartenance à une nouvelle culture à travers le temps», souligne la chercheuse, curieuse de voir à quel groupe culturel d'origine diront appartenir les étudiants internationaux et à quel groupe ils s'identifieront au fil du temps. Un étudiant français se définira-t-il comme tel ou plutôt comme Européen? Et une fois ici, développera-t-il un sentiment d'appartenance à la ville de Montréal? au Québec? au Canada? à l'Amérique du Nord?

Durant l'étude, un bulletin électronique sera créé afin d'informer périodiquement les participants des résultats obtenus, lesquels seront disponibles à l'été 2011. Les étudiants internationaux intéressés à participer à l'étude peuvent contacter la professeure Amiot, au(514) 987-3000 poste 5006 (amiot.catherine@uqam.ca).

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 3 (4 octobre 2010)

Catégories : Sciences humaines, Étudiants, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 4 octobre 2010