
Lora Lehr
Photo : Andrew Dobrowolskyj
L'équipe féminine de soccer des Citadins connaît un bon début de saison. «Contrairement à l'an dernier, nous marquons des buts», note fièrement Lora Lehr. La demie de terrain, qui suit des cours libres de cycles supérieurs en vue d'être admise au doctorat en psychologie, a inscrit le seul but de la rencontre face aux Gaiters de l'Université Bishop's, le 17 septembre dernier, permettant aux Citadins de remporter leur première victoire de la saison. Deux jours plus tard, elle remettait cela en marquant à nouveau dans une victoire de 3 à 0 des Citadins face aux Patriotes de l'UQTR. En plus de récolter le titre de joueuse du match chez les Citadins lors des deux rencontres, elle s'est vu décerner le titre d'athlète de la semaine à l'UQAM.
Lora Lehr joue au soccer depuis l'âge de trois ans. Elle a déjà fait partie du Centre national de développement et de l'équipe du Québec, avec laquelle elle a participé aux Jeux du Canada, en 2005. «J'aime ce sport, car il permet de se fixer des objectifs autant individuels que collectifs», explique celle qui en est à sa deuxième saison avec les Citadins.
La jeune femme de 23 ans souhaite déposer sa demande d'admission au doctorat en psychologie, mais n'a pas encore obtenu l'assentiment d'un directeur de recherche. «Je m'intéresse à la motivation dans le domaine sportif, souligne-t-elle. J'aimerais comprendre pourquoi un nombre grandissant de jeunes athlètes décrochent de plus en plus tôt de leur discipline, et ce, dans tous les sports. Je crois que cela a à voir avec les méthodes de développement et d'entraînement, mais seule une recherche poussée permettrait de le vérifier.»
Étudier en français pour la première fois de sa vie est un défi qu'elle souhaite relever. Née à Rosemère, dans les Laurentides, d'une mère d'origine italienne et d'un père d'origine yougoslave, Lora a appris le français en côtoyant ses coéquipières au sein de ses équipes de soccer. «Chez moi, on parlait davantage anglais et italien, même si mes parents parlent un peu français», raconte l'étudiante-athlète, qui a fait la totalité de ses études en anglais.
Après ses études collégiales à Dawson, elle a obtenu une bourse pour étudier la psychologie et jouer au soccer pour l'équipe de l'Université américaine Fairleigh Dickinson, à Teaneck, dans le New Jersey. «J'y ai joué trois ans et ce fut exigeant, car le jeu est plus rapide qu'ici, raconte-t-elle. Nous avons eu une première année difficile, marquée par un changement d'entraîneur, puis une deuxième où nous avons manqué de justesse les séries éliminatoires. Nous avons rebondi lors de ma dernière année pour finalement nous incliner en demi-finale du championnat.»
Le parcours américain de Lora Lehr semble se répéter avec les Citadins. À sa première année, en 2009-2010, les Citadins ont peiné et récolté seulement une victoire, contre onze défaites et deux matchs nuls. «J'avais de grandes attentes et j'ai été déçue, comme mes coéquipières.» Le vent semble tourner cette année. «Malgré la jeunesse de notre équipe, nous avons une bonne chimie et nous jouons avec confiance, même face aux puissances du circuit», souligne-t-elle.
Lora espère que les Citadins parviendront à se classer pour les séries éliminatoires, puisqu'il s'agit de sa dernière année d'éligibilité - les étudiants-athlètes du circuit universitaire canadien ont droit à cinq ans de compétition et Lora avait déjà joué trois ans aux États-Unis avant de se joindre aux Citadins. Que fera-t-elle une fois ses crampons «universitaires» accrochés? «J'aimerais continuer à jouer dans une ligue, mais la priorité ira à mon doctorat», dit-elle.
Elle demeurera toutefois liée au soccer, car elle entraîne depuis deux ans une équipe de filles âgées de 14 ans à Boisbriand. «J'adore ça, confie-t-elle. Ça me rend fière de leur transmettre mes connaissances et de les voir progresser. Mes filles sont à l'image des Citadins. Elles étaient peu confiantes la première année, mais un bon esprit d'équipe s'est développé et elles ont connu une bonne saison l'été dernier.» Pourra-t-on en dire autant des Citadins à la fin de la saison 2010-2011?
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 3 (4 octobre 2010)
Catégories : Sports, Étudiants
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