
René Roy
Photo : Nathalie St-Pierre
«La créativité est aussi importante pour les scientifiques que pour les artistes», affirme René Roy, lauréat 2010 du prix Léo-Pariseau de l’ACFAS. Créé en 1944 en l’honneur de Léo Pariseau, radiologue et premier président de l’ACFAS, ce prix souligne le travail d’une personne œuvrant dans le domaine des sciences biologiques ou des sciences de la santé.
Professeur au Département de chimie et spécialiste de la chimie médicinale, René Roy est un chercheur réputé autant en recherche fondamentale qu'en recherche appliquée. Fondateur et directeur de PharmaQAM, un centre de recherche institutionnel axé sur la découverte de nouveaux médicaments, le professeur est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en chimie thérapeutique. Ses travaux visent notamment à élucider les mécanismes moléculaires impliqués dans certaines infections bactériennes ou lors de la transplantation d'organes, et à contribuer à la synthèse de structures moléculaires pouvant servir à mettre au point des vaccins ou des médicaments.
Auteur de plus de 240 publications, René Roy a participé à la création et à la commercialisation de deux vaccins contre la méningite, dont le premier vaccin synthétique contre l’Haemophilus influenzae (HIB), une bactérie responsable de la pneumonie et de la méningite de type B, qui tue entre 400 000 et 700 000 enfants chaque année dans les pays en développement. Produit à un coût accessible, ce vaccin, destiné également aux personnes ayant des déficiences au niveau du système immunitaire, a été conçu en collaboration avec le chercheur cubain Vicente Guillermo Verez Bencomo.
En plus de travailler à améliorer la composition d’un prototype de vaccin contre le cancer du sein, le chercheur poursuit actuellement des travaux sur la construction d’architectures moléculaires appelées glycodendrimères, qui permettent de contourner le problème de la résistance aux antibiotiques. Ces molécules, qui ont valu à René Roy de figurer au palmarès des Dix découvertes de l'année du magazine Québec Science en 2008, servent à protéger les cellules des muqueuses humaines en empêchant les bactéries d’y adhérer. «Elles pourraient ainsi contribuer au traitement de plusieurs personnes souffrant de la fibrose kystique, qui meurent à la suite d’une infection bactérienne aux poumons», souligne-t-il.
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 4 (18 octobre 2010)
Série thématique : Prix de l'ACFAS 2010
Catégories : Sciences, Professeurs
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