UQAM - Université du Québec à Montréal
Entrevues
UQAM › Entrevues › Un homme et ses arbres
Micro

Christian Messier
Photo : Charles Audet

Un homme et ses arbres


Par Valérie Martin

Spécialiste en écologie forestière appliquée (il possède un doctorat en ingénierie forestière), professeur au Département des sciences biologiques et cofondateur du Centre d'étude de la forêt (CEF), Christian Messier est récipiendaire du prix ACFAS - Michel Jurdant dédié à l'écologie. «Ma vision écologique a été influencée entre autres par mes années d'enseignement à l'UQAM, fait remarquer le chercheur. Les facultés de foresterie sont davantage orientées vers l'exploitation de la forêt alors que les sciences biologiques, elles, sont tournées vers la protection de l'environnement.»

Le professeur et son équipe sont les instigateurs du schéma d'aménagement de la forêt boréale baptisé Triade, dont les objectifs principaux sont d'assurer une gestion durable de la forêt. Le modèle Triade se divise en trois zones : la première réservée aux aires protégées, la deuxième vouée à la culture intensive de fibres de bois destinées à l'industrie et la troisième allouée à l'aménagement écosystémique, qui permet de reproduire le cycle naturel des forêts. Ce modèle a inspiré la nouvelle Loi sur les forêts du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.

Titulaire de la Chaire Hydro-Québec sur la maîtrise de la croissance des arbres, le professeur s'intéresse également à la place de l'arbre en milieu urbain. «En raison des changements climatiques, on désire augmenter les espaces verts et planter davantage d'arbres pour réduire la chaleur et obtenir une meilleure qualité de l'air dans les régions urbaines», explique-t-il.

Selon lui, un des grands débats à venir dans le domaine forestier concerne la résilience des forêts. Comment rendre les forêts plus résistantes aux changements climatiques? Faut-il ou non modifier les écosystèmes actuels pour leur permettre de mieux s'acclimater? «Les forêts devront s'adapter à un climat totalement différent de celui du siècle dernier : plus chaud, plus sec ou plus pluvieux selon les régions du globe, avec l'introduction de nouvelles maladies et de nouveaux insectes. Dans de telles conditions, faudra-t-il conserver nos espèces indigènes ou introduire de nouvelles espèces exotiques, plus résistantes, par exemple, à certaines maladies?»

En partenariat avec l'Université McGill, le chercheur travaille sur un projet de plantation d'espèces exotiques en interaction avec des espèces indigènes. Le sujet reste néanmoins controversé puisqu'il implique l'intervention de l'homme. «S'il y a un risque à prendre, le rôle de la recherche est d'évaluer les avantages et les désavantages de chaque option», soutient le professeur.

Séparateur

Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 4 (18 octobre 2010)

Série thématique : Prix de l'ACFAS 2010

Catégories : Sciences, Développement durable, Professeurs

Séparateur

Flèche Haut

UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 18 octobre 2010