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Louise Vandelac
Photo : François Desaulniers

Spécialiste des liens


Par Valérie Martin

C'est pour l'ensemble de sa carrière que Louise Vandelac, professeure au Département de sociologie et à l'Institut des sciences de l'environnement, a reçu le prix ACFAS Jacques-Rousseau - Multidisciplinarité. Ce prix, créé en 1980 en l'honneur de Jacques Rousseau, botaniste, ethnologue et ancien secrétaire de l'ACFAS, souligne les réalisations scientifiques exceptionnelles d'une personne qui a largement dépassé son domaine de spécialisation et qui a établi des ponts novateurs entre différentes disciplines.

L'interdisciplinarité - elle détient un Ph.D. en sociologie et une maîtrise en économie politique - est apparue très tôt comme une nécessité dans la carrière de cette chercheuse, également associée au Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé, la société et l'environnement (CINBIOSE). «Pour saisir les mécanismes en jeu et le pourquoi de certaines réalités masquées, les échanges entre disciplines m'apparaissaient essentiels», soutient la chercheuse. Quelles que soient les thématiques auxquelles la professeure s'est intéressée, l'angle d'approche reste le même : lier la connaissance approfondie d'un sujet à une analyse de ses enjeux et de ses impacts à travers des outils d'ordre politique, économique, anthropologique, biologique, culturel et social.

La trame du vivant constitue le thème principal des travaux de cette professeure engagée, arrivée à l'UQAM en 1982, où elle a notamment participé à la création de l'Institut d'études et de recherches féministes (IREF). Ses travaux ont porté entre autres sur la place des femmes dans le monde du travail et sur les technologies de reproduction. Depuis une dizaine d'années, elle s'interroge plus largement sur les impacts des technosciences (OGM, clonage, animaux et plantes transgéniques, nanosciences) sur l'environnement et sur la santé des populations en étudiant les risques à long terme de la manipulation du vivant.

La santé et l'environnement

Le lien entre problèmes de santé et dégradation de l'environnement est l'une des préoccupations actuelles de la chercheuse. Ainsi, «les changements climatiques, qui augmentent la fréquence des événements extrêmes à l'échelle de la planète (sécheresses, inondations, ouragans) ont des conséquences graves sur des populations davantage victimes de malaria et de diarrhée infantile», déplore la chercheuse. Plus près de nous, les nombreuses substances chimiques présentes dans l'air et dans l'eau seraient associées à de nombreux cas de cancers et au syndrome d'hypersensibilité chimique multiple. «On n'a pas le droit de ne pas tenter de comprendre ce qui est en jeu», martèle la professeure.

Dans un contexte où les enjeux sont de plus en plus complexes, Louise Vandelac croit que seul le travail collectif et coopératif permet de développer une intelligence commune et d'analyser avec pertinence l'ensemble des défis à relever.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 4 (18 octobre 2010)

Série thématique : Prix de l'ACFAS 2010

Catégories : Sciences, Sciences humaines, Développement durable, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 18 octobre 2010