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À l'école du documentaire


Loïc Guyot pendant le tournage d'Opération solidarité, au Pérou.
Photo : Sabrina Hammoun.

Par Claude Gauvreau

Âgé de 36 ans, Loïc Guyot a déjà signé pour la télévision plusieurs documentaires remarqués par la critique, ici et à l'étranger, dont Technofolie, L'Amérique française, Ma voisine est une pin-up et Mission fraternité. Professeur à l'École des médias depuis 2007, où il est directeur de programmes au premier cycle, le documentariste contribue à la formation d'une nouvelle génération de réalisateurs. Il fait partie de la vingtaine de professeurs mis en valeur par la campagne promotionnelle L'effet UQAM, qui vise à souligner l'impact de leurs travaux de recherche et de création.

Ce jeune créateur se décrit comme un pur produit de l'UQAM. Bachelier en cinéma, il détient aussi une maîtrise en médias interactifs. Hésitant au début entre le cinéma et le journalisme, il opte pour le documentaire et produit, en guise de mémoire, un CD-Rom interactif sur le jazzman Charles Papasoff. «Je n'avais pas 30 ans et j'estimais que je manquais de maturité pour prendre la parole et écrire de la fiction. Comme d'autres cinéastes au Québec, j'ai préféré faire d'abord du documentaire pour grandir.»

À la découverte de l'autre

L'été dernier, Loïc Guyot a séjourné trois mois au Pérou, en Bolivie, au Costa Rica et au Nicaragua pour tourner une série intitulée Opération solidarité. «J'ai suivi quatre coopérants québécois dans différents pays d'Amérique du Sud parce que je voulais comprendre à quoi sert la coopération internationale.» Cet intérêt pour les sujets sociaux se retrouve aussi dans Ma voisine est une pin-up, un documentaire portant sur un concours annuel organisé par la station de radio CHOI, de Québec, qui invite des jeunes filles de la région à poser en petite tenue pour illustrer le calendrier le plus vendu en Amérique du Nord. «L'idée était de montrer la machine qui, derrière le concours, exploite la naïveté de jeunes femmes en quête de célébrité.»

Son œuvre la plus récente, et la plus personnelle, Loïc Guyot l'a coréalisée avec sa conjointe. L'envol des aigles, qui sera diffusée sur les ondes de TV5, raconte comment la communauté d'un quartier du sud-ouest de Montréal s'est mobilisée pour former une équipe de football afin de combattre le décrochage scolaire et la criminalité chez les jeunes. «Je ne suis pas Michael Moore, mais j'essaie de proposer des choses au spectateur dans l'espoir de provoquer une réflexion, souligne le professeur. Ce qui me plaît aussi, c'est la découverte de l'autre. La réalisation de documentaires représente pour moi une formidable école de la vie.»

Savoir raconter

Engagé depuis peu dans la réalisation d'un premier long métrage de fiction, Loïc Guyot a appris à composer avec les contraintes budgétaires et de temps qu'impose la télévision. «Un réalisateur télé doit apprendre à travailler avec un diffuseur-producteur qui a des attentes particulières et qui connaît bien son public.»

Depuis une quinzaine d'années, les séries télé comme The Sopranos, Six Feet Under et Mad Men aux États-Unis, ou Minuit le soir et Tout sur moi au Québec, sont de plus en plus originales et audacieuses. On les suit comme on se laisse prendre par un grand roman. «La série télé n'a pas remplacé ou vaincu le cinéma, mais elle le pousse à aller plus loin, soutient Loïc Guyot. Elle permet d'aborder différentes thématiques et de développer des personnages auxquels on finit par s'attacher. Les Québécois aiment profondément leurs téléromans et téléséries, ainsi que leurs vedettes, parce qu'ils s'y reconnaissent.»

Proche de ses étudiants - il joue au hockey cosom avec eux une fois par semaine - le jeune professeur cherche à leur transmettre plus qu'un savoir-faire. «À l'École des médias, les étudiants en télé touchent à tout : fiction, documentaire, reportage. Nous voulons former des créateurs polyvalents, capables de réfléchir sur un contenu, insiste Loïc Guyot. Grâce aux nouvelles technologies, les étudiants peuvent maintenant se procurer, au coût de 3 500 $, une caméra HD. Cependant, tout le monde ne peut pas s'improviser réalisateur ou scénariste. Il faut savoir raconter une histoire avec un début, un milieu et une fin. Ce n'est pas simple, mais ça s'apprend.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 5 (1 novembre 2010)

Catégories : Communication, Diplômés, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 1 novembre 2010