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Félix Maltais
Photo: Jean-François Hamelin

Quand éducation rime avec plaisir


Par Jean-François Ducharme

Félix Maltais n'a jamais enseigné à des élèves, ni même étudié dans ce domaine. Pourtant, le fondateur du mouvement Les Débrouillards a grandement contribué à faire avancer la cause de l'éducation au Québec au cours des 30 dernières années. 

La Faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM a d'ailleurs souligné la carrière exceptionnelle de ce pilier de la vulgarisation scientifique en lui décernant un doctorat honoris causa en 2008, l'hommage ultime. «Le doctorat honorifique de l'UQAM est la récompense la plus importante de ma carrière, affirme l'éditeur et communicateur. Il a confirmé le sens de la mission de notre équipe des Débrouillards : éduquer tout en s'amusant.»

Durant la cérémonie de remise du doctorat honoris causa, Félix Maltais a d'ailleurs été témoin de l'impact des Débrouillards auprès des jeunes qui ont grandi en lisant ses livres et magazines ou en regardant ses émissions de télévision. «Les finissants se sont levés pour m'applaudir, raconte-t-il. C'est l'honneur que l'on réserve habituellement à une vedette, ce que je ne suis absolument pas! Ce formidable hommage a simplement confirmé le sens de la mission de notre équipe : éduquer tout en amusant.»

Le début d'une belle aventure

Félix Maltais ne se dirigeait pas d'emblée vers une carrière en éducation. Ses premières amours professionnelles, il les a vécues en s'impliquant dans des journaux étudiants, puis dans divers projets dans le domaine de la communication scientifique. «Curieusement, plusieurs personnes me prenaient pour un enseignant par ma façon de vulgariser la science», dit-il en riant.

Afin d'accentuer la présence de la science dans les médias régionaux, l'Association des communicateurs scientifiques du Québec lui confie en 1979 la mission de créer l'Agence Science-Presse. C'est dans ses premières chroniques destinées aux jeunes qu'il crée le Professeur Scientifix, qui deviendra le porte-parole et symbole des Débrouillards. «Plusieurs pensent que c'est moi le Prof Scientifix, mais en fait, ce personnage représente toute l'équipe.»

La chronique du Prof connait un succès instantané dans tous les journaux. Devant cet engouement, l'Agence Science-Presse publie en 1981 un premier livre entièrement dédié aux jeunes. Le Petit Débrouillard, qui comprend une soixantaine d'expériences, sera vendu à pas moins de 60 000 exemplaires.

Un an plus tard, l'Agence Science-Presse et le Conseil de développement du loisir scientifique créent le Club des Petits Débrouillards et lancent Les Débrouillards, le premier magazine de vulgarisation scientifique pour enfants au Québec. Ce magazine fait de nombreux adeptes dès sa parution. «C'est un outil formidable pour amener les jeunes à développer l'amour de la lecture», souligne son fondateur.

Au cours des années suivantes, de nombreux dérivés du magazine viennent répondre à une demande de plus en plus grande. C'est ainsi que seront produits une cinquantaine de livres, des séries pour la télévision - diffusées durant neuf ans -, des sites Internet, des cédéroms et, plus récemment,  des numéros spéciaux consacrés aux sports et aux arts. «C'est très important de promouvoir les valeurs du sport et de l'activité chez les jeunes, et les sensibiliser aux activités artistiques et culturelles», souligne Félix Maltais.

L'esprit des Débrouillards demeure

Aujourd'hui, une douzaine de pays, principalement en Europe et en Afrique, ont rejoint le réseau et font désormais partie de la galaxie Débrouillard. Malgré ce succès, l'esprit des Débrouillards est resté le même au fil des ans, assure son créateur. «Nos magazines abordent toujours la science dans une optique amusante, avec beaucoup d'humour. De plus, nous continuons à entretenir des relations privilégiées avec nos lecteurs, notamment en publiant leurs lettres et dessins sur notre site web et dans nos magazines.»

C'est d'ailleurs les témoignages des enfants, de leurs parents et enseignants qui lui procurent sa plus grande satisfaction. Contribuer au développement de l'esprit des jeunes et recevoir leur reconnaissance est le principal parallèle qu'il fait entre son travail et celui des enseignants. «Enseigner est un métier très exigeant, car les enseignants ont une influence énorme sur les enfants et un rôle crucial dans leur développement, souligne-t-il. Mais la récompense que l'on reçoit des enfants est proportionnelle à la grandeur du défi. Chaque personne peut nommer des enseignants qui l'ont marquée dans sa vie. Cette reconnaissance est la plus belle que l'on puisse imaginer!»

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Source : Brochure de la Faculté des sciences de l'éducation , 15 novembre 2010

Catégorie : Éducation

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 15 novembre 2010