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Lise Lemay
Photo: Jean-François Hamelin

Développer le potentiel de tous les enfants


Par Jean-François Ducharme

Que diriez-vous si vous pouviez vous consacrer entièrement à vos études dans le domaine qui vous passionne? Lise Lemay vit ce rêve que caressent tous les étudiants depuis le début de son parcours à l'UQAM.

Pour approfondir ses recherches, qui étudient les effets de la fréquentation d'un service de garde éducatif en bas âge en lien avec la prévention des problèmes de comportement, l'étudiante au doctorat en éducation bénéficie d'une bourse d'études de 35 000 $ par année du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. «Je me considère très chanceuse, car grâce à cette bourse, je peux me concentrer totalement sur mes études et même économiser pour rembourser une partie des prêts étudiants contractés au baccalauréat», affirme-t-elle.

Cette reconnaissance n'est pas la seule qu'ait obtenu l'étudiante au cours des dernières années. Elle a également remporté le Prix Denise-Véronneau de 10 000 $ décerné au meilleur mémoire de maîtrise, le premier prix d'un Concours de vulgarisation à la recherche et une bourse à la mobilité lui permettant de participer à un congrès international en Allemagne.

Relever un défi

Née d'une mère acadienne et d'un père québécois, Lise Lemay amorce ses études universitaires à Moncton, au Nouveau-Brunswick, où elle complète un baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire. C'est durant son dernier stage, dans une classe de maternelle, qu'elle est confrontée à une situation qui transforme sa vision de l'éducation. «Un élève de la classe avait de graves problèmes de comportement, à tel point qu'il représentait un danger autant pour les autres enfants que pour lui-même, confie-t-elle. Même si je lui consacrais toute mon énergie et mon attention, je me sentais totalement impuissante parce que mes interventions n'apportaient pas les résultats espérés.»

Souhaitant relever ce défi qui la confronte dans ses compétences professionnelles, elle décide de poursuivre des études à la maîtrise et d'orienter ses recherches sur la prévention de telles difficultés comportementales chez les enfants avant leur entrée à l'école. Dans l'espoir de trouver une directrice de recherche qui partage ses intérêts, elle passe au peigne fin toutes les facultés des sciences de l'éducation au Québec. C'est en parcourant le site web de l'UQAM que l'étudiante découvre Nathalie Bigras, professeure au Département d'éducation et pédagogie, qui s'intéresse elle aussi au potentiel éducatif des services de garde. «Je lui ai écrit un courriel pour lui demander de devenir ma directrice de maîtrise, raconte Lise Lemay. La journée même, elle m'acceptait dans son équipe et m'offrait un emploi d'assistante de recherche!»

Dès son arrivée à l'UQAM, Lise se joint à l'équipe du projet Jeune enfant et ses milieux de vie (JEMVIE), dirigée par Nathalie Bigras, qui effectue une étude comparative de groupes d'enfants en centre de la petite enfance, en service de garde en milieu familial et à la maison. «Nos recherches examinent l'influence des caractéristiques de l'enfant, de sa famille et du service de garde fréquenté sur le développement de l'enfant, explique-t-elle. J'espère identifier les dimensions du milieu de garde qui contribuent à influencer le développement optimal de l'enfant, dont l'apprentissage de comportements sociaux appropriés.»

Même si elle travaille avec des professeurs possédant une grande expertise de ce domaine de recherche, l'étudiante ne tarde pas à faire sa place au sein de l'équipe. Les professeurs lui demandent notamment de recruter des candidats pour le projet, saisir des données qualitatives, contribuer à la rédaction de demandes de subvention et assister à des congrès. «J'ai même eu la chance de former de nouvelles assistantes de recherche, dit-elle. Je suis très choyée que les membres de l'équipe me laissent une si grande place, que ma voix soit aussi entendue que la leur.»

Réinvestir les connaissances

Les plus récentes recherches soulignent que certains problèmes de comportement chez les enfants gagnent en stabilité à partir de la maternelle. C'est pourquoi l'éducation à la petite enfance est si importante, soutient Lise Lemay. «L'opinion du public au sujet des éducatrices a beaucoup évolué en 10 ans. Avant, on les considérait plus comme des gardiennes d'enfants, mais aujourd'hui, on reconnait davantage les compétences professionnelles qu'elle détiennent, ainsi que leur apport dans l'éducation des enfants.»

Intervenir tôt afin de prévenir la manifestation de comportements inappropriés constituerait donc non seulement une bonne stratégie pour réduire les problèmes de comportement à long terme, mais s'avérerait également un excellent investissement au plan financier. «Les interventions auraient plus de chances de réussite si elles étaient amorcées dès l'entrée à l'école», soutient-elle.

Lise souligne l'importance du transfert des connaissances dans son domaine de recherche. Il est important de favoriser le réinvestissement des connaissances scientifiques dans le milieu de la pratique et ultimement, dans le travail des éducatrices. «Mon plus grand rêve est qu'aucun enfant ne soit laissé derrière les autres, que chaque enfant puisse développer son plein potentiel», conclut-elle.

 

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Source : Brochure de la Faculté des sciences de l'éducation , 15 novembre 2010

Catégories : Éducation, Étudiants

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 15 novembre 2010