
Steve Masson
Photo: Jean-François Hamelin
Les yeux de Steve Masson s'illuminent lorsqu'il parle de son domaine de recherche. «La neuroéducation est un domaine nouveau, dynamique et au potentiel immense, affirme l'étudiant au doctorat en éducation. Plus de 90 % des connaissances actuelles sur le cerveau ont été développées au cours des 15 dernières années. C'est pour cette raison que de nombreux chercheurs de l'UQAM s'intéressent à la neuroéducation et comptent même parmi les pionniers du domaine.»
Dans le cadre de son projet de recherche, le jeune chercheur compare l'activité cérébrale d'un groupe d'experts en sciences à celle d'un groupe de novices pendant qu'ils répondent à des questions de physique. Il évalue l'activité de leurs neurones à l'aide d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). «On pourrait s'attendre à ce que les cerveaux des novices travaillent davantage que celui des experts lorsqu'ils répondent à des questions de sciences auxquelles ils ne sont pas familiers, souligne Steve Masson. C'est pourtant le contraire qui se produit, puisque le cerveau s'active et se mobilise davantage chez les experts en sciences que chez les novices.»
Parmi les régions particulièrement activées dans le cerveau des experts, il y a le cortex préfrontal, le cortex médial et le cortex cingulaire antérieur. Ces régions sont habituellement activées lorsqu'il faut inhiber une stratégie ou une réponse inappropriée qui vient spontanément à l'esprit. «Ce que l'on peut déduire de cette découverte, c'est que le cerveau des experts contient toujours des conceptions erronées, même après plusieurs années d'éducation scientifique, mais que leur cerveau les inhibe», explique-t-il.
Il semble que les experts réussissent à développer deux réseaux de neurones en parallèle, poursuit Steve Masson. Un des réseaux est lié à une conception spontanée, alors qu'un autre réseau permet d'inhiber cette même conception. «Devant ce constat, l'enseignement des sciences devrait donc principalement viser à développer des stratégies pour favoriser l'inhibition dans le cerveau des élèves, et non pas à remplacer complètement les idées préconçues», analyse le chercheur.
Durant son parcours universitaire, Steve Masson a réalisé des études de baccalauréat et de maîtrise en enseignement et en didactique des sciences à l'Université de Montréal. Lorsqu'est venu le moment d'entreprendre des études de doctorat, son premier choix était l'UQAM. «Le premier facteur qui a motivé ma décision de m'inscrire à l'UQAM est la présence de mon directeur de recherche, Patrice Potvin, qui est l'un des plus talentueux chercheurs dans le domaine de l'apprentissage des sciences au Canada, explique-t-il. J'ai beaucoup de chance de travailler avec lui ainsi qu'avec mon codirecteur, Martin Riopel.»
Il souligne qu'il n'a pas hésité à s'inscrire à la Faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM, qui possède une excellente réputation. «Le programme de doctorat de l'UQAM est à la fois exigeant et très formateur, souligne-t-il. Le niveau d'encadrement offert à l'Université est tout à fait exceptionnel. Par exemple, lors des séminaires de recherche, des professeurs provenant des diverses composantes du réseau de l'Université du Québec ont pu, par leurs commentaires et critiques, contribuer considérablement à l'élaboration et la concrétisation de mon projet de thèse.»
Outre les séminaires, Steve Masson a beaucoup apprécié les deux stages de recherche qu'il a effectuées sous la direction d'Hélène Poissant, professeure à la Faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM, qui a été la première chercheure d'une faculté d'éducation québécoise à réaliser une étude impliquant l'utilisation de l'IRMf.
En plus d'étudier au doctorat, Steve Masson dispense un cours d'introduction à la neuroéducation aux étudiants de maîtrise de l'UQAM. Ce cours, il l'a lui-même conçu en collaboration avec le professeur Martin Riopel. «Dans le cadre de ce cours, nous discutons des récentes recherches qui étudient les mécanismes cérébraux qui sous-tendent notamment l'apprentissage et l'enseignement du français, des mathématiques et des sciences, précise-t-il. Ce cours permet aux étudiants de développer des outils pour être en mesure de comprendre et de profiter des nouvelles connaissances que nous avons du cerveau humain. C'est un cours fascinant et le sujet passionne les étudiants!»
Bien que les progrès des 15 dernières années aient été immenses, Steve Masson considère que les impacts de la neuroéducation commencent à peine à se faire sentir. «Dans 10 ou 20 ans, je crois que nous aurons un portrait assez clair des mécanismes cérébraux reliés à la lecture, au calcul et à l'apprentissage en général, prédit le chercheur. Plus nous connaîtrons le cerveau au regard de l'apprentissage des savoirs scolaires, plus nous serons en mesure d'identifier précisément la nature des difficultés qu'éprouvent certains élèves, de cibler des interventions précises susceptibles de les aider et de vérifier l'efficacité de ces interventions. L'avenir de la neuroéducation promet de grandes innovations.»
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Source : Brochure de la Faculté des sciences de l'éducation , 15 novembre 2010
Catégories : Éducation, Étudiants
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