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Michel Goulet
Photo: Nathalie St-Pierre

Doctorat en sexologie : une première


Par Claude Gauvreau

Après avoir été la première université au Québec à offrir un baccalauréat, puis une maîtrise en sexologie, l'UQAM s'apprête à créer le premier programme de doctorat en sexologie en Amérique du Nord. Ce programme interdisciplinaire, que l'on prévoit démarrer prochainement, vise à former des chercheurs hautement qualifiés destinés à travailler dans le milieu universitaire et dans les organismes du réseau de la santé, de l'éducation et des services sociaux.

«Les diplômés de deuxième cycle intéressés par la recherche sur la sexualité humaine, qu'ils soient de l'UQAM ou d'une autre université, ne seront plus obligés de faire un doctorat en psychologie, en sociologie ou en éducation, comme ce le fut le cas pour plusieurs des 550 étudiants qui, depuis 1980, ont obtenu un diplôme de maîtrise en sexologie», souligne Michel Goulet, professeur au Département de sexologie et directeur de la maîtrise.

Ce nouveau doctorat n'aurait jamais vu le jour si la sexologie ne s'était pas constituée en un champ d'étude et de recherche interdisciplinaire, autonome et distinct, rappelle le professeur. «Bien sûr, la sexualité humaine était déjà étudiée, depuis plusieurs années, par d'autres disciplines - psychologie, anthropologie, criminologie, sociologie - qui possèdent leurs propres cadres théoriques et méthodologiques. L'approche interdisciplinaire en sexologie favorise toutefois les échanges, confronte les perspectives et les méthodes, tout en permettant aux étudiants d'acquérir une capacité d'analyse plus large des enjeux en matière de sexualité. Le fait de côtoyer des collègues issus de différents horizons disciplinaires, au sein d'un même département, transforme aussi le regard que chacun porte sur son propre objet d'étude.»

Intégrés à la recherche et au milieu

Le nouveau programme, qui comportera un stage au sein d'une chaire, d'un institut ou d'un laboratoire, permettra aux étudiants d'intégrer les différentes équipes de recherche du département. «Nous avons un noyau de chercheurs très actifs pouvant constituer une force d'attraction pour de nombreux étudiants», observe Michel Goulet. De 2005 à 2010, les professeurs en sexologie de l'UQAM ont obtenu de différents organismes subventionnaires des fonds de plus de 9 M $ en tant que chercheurs principaux et de 33 M $ en tant que cochercheurs. Leurs travaux se déploient autour de trois grands axes thématiques : prévention, éducation et promotion de la santé sexuelle; interventions cliniques (thérapie, traitement de dysfonctions sexuelles, aide aux victimes d'agressions); dimensions particulières de la sexualité(représentations sociales, violence dans les relations amoureuses, sexualisation précoce).

Les futurs étudiants au doctorat pourront profiter de l'important réseau de collaboration que les sexologues de l'UQAM ont développé au fil des ans avec plus de 50 partenaires : organismes de santé publique, instances gouvernementales, hôpitaux, commissions scolaires, groupes communautaires.

Le doctorat est aussi susceptible d'attirer des candidats déjà intégrés au milieu professionnel (criminologues, psychologues, psychoéducateurs, travailleurs sociaux), qui désirent se spécialiser par l'acquisition d'une formation de pointe en sexologie.

Un pôle d'excellence francophone

Contrairement à d'autres programmes de troisième cycle, le doctorat en sexologie comportera plusieurs cours et séminaires, dont certains seront donnés par plus d'un professeur en fonction de problématiques particulières. «L'un des thèmes privilégiés sera celui de la santé sexuelle. Nous voulons aussi que les futurs doctorants approfondissent leur réflexion sur les pratiques d'évaluation des interventions éducatives, cliniques et préventives en matière de sexualité, un domaine de recherche encore peu développé.»

Les promoteurs du doctorat aspirent à ce que l'UQAM devienne, dans la Francophonie, un pôle d'excellence de la recherche en sexologie, autour duquel gravitera un réseau d'experts. «En Europe et en Afrique, l'UQAM est déjà citée comme une université qui offre une formation de très grande qualité, indique Michel Goulet. Les futurs diplômés du doctorat pourront, pour leur part, contribuer à l'essor de la sexologie en faisant sa promotion, ici ou à l'étranger.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 6 (15 novembre 2010)

Catégories : Sciences humaines, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 15 novembre 2010