
Claude Corbo
Photo: Nathalie St-Pierre
«C'est un très grand soulagement d'avoir réglé cette situation», déclare le recteur d'entrée de jeu à l'évocation du dossier de l'Îlot Voyageur. Comme le gouvernement en a fait l'annonce récemment, l'UQAM est désormais totalement libérée, financièrement et juridiquement, de ce boulet qu'elle traînait depuis la crise immobilière.
«L'UQAM clôt un chapitre difficile de son histoire, ce qui va lui permettre de s'occuper de son avenir», ajoute Claude Corbo, réitérant sa reconnaissance, en tant que porte-parole de l'université, à l'endroit du gouvernement.
L'annonce concernant la mise en oeuvre de la restructuration de l'Îlot Voyageur constitue une très bonne nouvelle non seulement pour l'UQAM, mais aussi pour le quartier et pour la Ville de Montréal, souligne le recteur. «C'est un quartier culturellement très riche, avec l'UQAM, la Grande Bibliothèque, les Archives nationales, la Cinémathèque, l'Institut national de l'image et du son. Cela vaut la peine de le mettre en valeur.»
L'UQAM, qui a toujours des besoins immobiliers, pourrait-elle occuper des espaces au sein du nouveau complexe qui remplacera le projet de l'Îlot Voyageur? «Nous sommes en train de préparer notre Plan directeur immobilier et nous devons, dans le cadre de cet exercice, déterminer quels seront nos besoins d'espace dans les prochaines années, répond le recteur. Tant que cet exercice n'est pas terminé, la question est prématurée.»
Et l'exercice n'est pas simple, insiste Claude Corbo, car il faut prendre en compte de multiples variables. D'abord, il faut prévoir la croissance du corps professoral. En effet, 145 nouveaux postes de professeurs s'ajouteront d'ici 2014 au plan d'effectifs. Or, comme on ne connaît pas le fin détail de la répartition de ces nouveaux postes, il faut prévoir des ajouts d'espaces ici et là, sans savoir précisément dans quel département chaque nouveau professeur se retrouvera. Les paramètres de l'équation doivent aussi inclure les objectifs de l'UQAM concernant l'accroissement de l'effectif étudiant (notamment les 700 nouveaux étudiants de maîtrise et de doctorat qu'on souhaite recruter dans le cadre du Plan stratégique et du Plan de retour à l'équilibre budgétaire), ainsi que l'évolution des fonds de recherche (pour les besoins en espaces de laboratoire, par exemple) et les normes du ministère de l'Éducation, qui génèrent leurs propres contraintes d'espace.
«Dans un Plan directeur immobilier, il faut aussi tenir compte de dimensions qualitatives, observe le recteur. Par exemple, il faut tenter de faire en sorte que les unités d'un même secteur, qu'elles soient académiques ou administratives, soient proches les unes des autres. Il faut aussi concilier les désirs exprimés par les différentes unités et s'assurer d'avoir des espaces plus conviviaux pour nos étudiants. Ce sont tous ces enjeux, à la fois quantitatifs et qualitatifs, qui rendent la chose complexe.»
Si le règlement définitif du dossier de l'Îlot Voyageur a été une bonne nouvelle pour l'UQAM cet automne, le recteur se félicite également de l'aboutissement du projet de refonte des systèmes de gestion administrative. Depuis l'implantation de SIGA3, en octobre, «deux paies ont déjà été émises sans problème. C'est un très bon signe», note le recteur.
La complexité de ce type de système est telle qu'il faudra encore des mois pour en maîtriser toutes les applications, acquérir l'expertise nécessaire à son entretien et pour que les utilisateurs se l'approprient. «Mais quand on regarde les dépassements de coûts et d'échéancier qu'ont connus plusieurs organismes publics engagés dans le renouvellement de leurs systèmes de gestion administrative, on constate que l'UQAM a géré ce dossier d'une façon très serrée.»
Le 6 décembre prochain, Claude Corbo participera à la deuxième rencontre des partenaires en éducation conviée par la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, qui portera cette fois-ci sur l'avenir des universités et leur contribution au développement du Québec. Comme on le sait, les universités québécoises accusent un retard de financement important par rapport aux autres établissements universitaires du pays. Or, «on ne peut pas maintenir indéfiniment un tel écart entre les universités québécoises et canadiennes et demander en même temps aux universités québécoises d'être aussi performantes que les universités canadiennes», dit Claude Corbo.
L'objectif de la rencontre du 6 décembre est de faire en sorte qu'on améliore le financement des universités et il faudra pour cela qu'on s'interroge sur le niveau des droits de scolarité, croit le recteur. «Le gouvernement du Québec accorde à ses universités des subventions qui se comparent avantageusement à celles octroyées par les autres provinces, rappelle- t-il. On sait par ailleurs que les droits de scolarité au Québec sont significativement inférieurs à ceux en vigueur dans le reste du Canada.»
Est-ce à dire que de nouvelles hausses sont inévitables? «Je ne pense pas que la gratuité soit une solution, répond Claude Corbo. Je ne pense pas non plus qu'on puisse indéfiniment défendre un gel des droits de scolarité. Cela ne passe pas dans la société québécoise. Il risque d'y avoir une augmentation. La question est de savoir dans quelle mesure, et comment on maintiendra l'accessibilité dans l'éventualité d'une hausse.»
En ce qui concerne la possibilité de laisser chaque université établir ses droits de scolarité, Claude Corbo s'y oppose. «Les décisions qui seront prises en matière de financement universitaire ou de droits de scolarité ne devraient pas creuser davantage les écarts de richesse entre les établissements», affirme-t-il. Quant à l'idée de faire varier les droits d'un programme à un autre, il n'en voit pas l'intérêt. «La variation des coûts de formation est déjà assumée par le gouvernement puisque les subventions varient selon les disciplines de formation», dit-il.
Le recteur affirme qu'il poursuit sa réflexion sur les droits de scolarité. «À l'UQAM, un peu plus d'un étudiant sur deux (53 %) est originaire d'une famille sans antécédents universitaires et un étudiant sur deux bénéficie du programme de prêts et bourses du gouvernement, souligne-t-il. C'est pourquoi cette question doit être pensée dans une perspective d'accessibilité.»
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 7 (29 novembre 2010)
Catégories : Étudiants, Employés
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