
Marc-Antoine Brouillette
Photo: Nathalie St-Pierre

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Au printemps dernier, la nouvelle de l'heure sur la planète fut pendant quelques jours le raid israélien contre la flottille humanitaire pro-palestinienne en route vers Gaza. L'étudiant Marc-Antoine Brouillette ne l'oubliera pas de sitôt, car il travaillait au sein de la division du Moyen-Orient de la salle de nouvelles de Voice of America, un organisme basé à Washington qui radiodiffuse et produit des contenus d'actualités pour le Web en 44 langues, rejoignant chaque semaine 125 millions de personnes.
C'est au cours d'une réunion d'information donnée à l'UQAM par le ministère des Relations internationales du Québec (MRI) que Marc- Antoine Brouillette avait entendu parler des stages offerts par le Washington Center, un organisme à but non lucratif qui propose à certains étudiants l'occasion de travailler et d'étudier dans la capitale américaine. «Le MRI évalue la pertinence de notre projet de stage dans le cadre de nos études», explique l'étudiant à la maîtrise en communication, qui a été l'un des quatre étudiants universitaires sélectionnés cette année par le Washington Center.
Du 26 mai au 7 août dernier, le jeune chercheur a intégré la salle de nouvelles anglophones de Voice of America (VOA), division du Moyen-Orient. «Je faisais partie d'une équipe d'une quinzaine de rédacteurs, qui alimentent la section Moyen-Orient du site Web en contenu d'actualités», explique-t-il.
Le mandat officiel de Marc-Antoine Brouillette durant son stage était d'élaborer une stratégie de communication utilisant les médias sociaux. «J'ai proposé de créer un blogue portant sur des nouvelles un peu plus pointues au Moyen-Orient, afin de favoriser une meilleure interaction entre les lecteurs et les rédacteurs de VOA, explique-t-il. J'ai également suggéré de mettre en place un module de commentaires et aussi un concours de journalisme pour les étudiants universitaires du Moyen-Orient afin d'alimenter le site en sujets pertinents.»
Parti avec la volonté de partager sa vision des médias sociaux, le jeune chercheur s'est toutefois heurté aux contraintes du terrain. «Voice of America est un organisme financé par le gouvernement fédéral, c'est donc la voix officielle du gouvernement, explique-t-il. Les journalistes sont intègres et pratiquent leur métier avec professionnalisme, mais l'idée de laisser les internautes commenter l'actualité de façon libre sur un blogue était insensée. Le conflit israélo-palestinien, entre autres, amène son lot de courriels et de commentaires enflammés et souvent impubliables.»
Même si son projet n'a pas vu le jour concrètement - ce n'était pas le but de l'exercice non plus, précise-t-il - son séjour à Washington a été des plus enrichissants. «J'ai suivi un cours intitulé Press, Politics and Power et j'ai interviewé la correspondante de Radio-Canada à Washington, Joyce Napier, dans le cadre d'un travail. J'ai aussi eu la chance de visiter les studios de NBC et de CNN», souligne-t-il.
Puisqu'il habitait à cinq minutes de Capitol Hill et des bureaux de VOA, il a pu se frotter aux réalités de la capitale américaine. «Washington est une ville fascinante, où l'extrême richesse côtoie de très près l'extrême pauvreté, note-t-il. Mais ce qui m'a le plus marqué est la présence militaire dans la ville et le niveau de surveillance à l'entrée des édifices fédéraux. Chaque jour, je devais montrer patte blanche, passer dans un détecteur de métal, ouvrir mon ordinateur et surtout ne pas avoir oublié ma carte d'accès. Le niveau de peur est encore très élevé.»
Durant son baccalauréat en histoire, Marc-Antoine Brouillette s'est intéressé à la communication d'un point du vue historique, notamment aux campagnes de propagande en Allemagne, aux États-Unis et au Canada lors de la Deuxième Guerre mondiale. Cet intérêt l'a poussé à compléter un certificat en communication, puis à poursuivre à la maîtrise en communication.
Encore à l'étape de projet, son mémoire, sous la direction du professeur Serge Proulx, portera sur la façon dont les relations publiques se sont approprié le Web 2.0. «Je veux voir si les médias sociaux permettent réellement une communication symétrique et bidirectionnelle, explique le jeune chercheur. À ce titre, mon expérience à Washington est riche en enseignement.»
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 7 (29 novembre 2010)
Catégories : Communication, Étudiants
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