
Robert Proulx
Photo: Jean-François Leblanc

André Bourret
Photo: Nathalie St-Pierre
Les universités francophones au Québec font piètre figure dans le palmarès 2010 des meilleures universités canadiennes établi récemment par le magazine Maclean's. L'UQAM termine ainsi au 12e et dernier rang dans la catégorie des universités offrant un vaste éventail de programmes, mais sans école de médecine. Selon Robert Proulx, vice-recteur à la Vie académique, «le palmarès ne rend pas justice à des établissements comme l'UQAM parce qu'il mesure principalement la richesse des universités.»
Le 16 novembre dernier, la Direction de l'UQAM faisait savoir par voie de communiqué que l'Université a été évaluée par le magazine sans sa participation directe, à partir de renseignements obtenus de sources externes, dont Statistique Canada et des organismes subventionnaires. Depuis 2000, en effet, l'UQAM ne participe pas à l'enquête annuelle de Maclean's, sa direction estimant que le palmarès manque de crédibilité et occulte plusieurs dimensions des choix offerts par les différentes universités.
Ce sont les indicateurs reflétant les moyens financiers dont disposent les universités qui influencent le plus la note globale des établissements. «Près de 60 % des critères d'évaluation portent sur les ressources financières et matérielles (bibliothèques, technologies, services aux étudiants, complexe sportif)», souligne André Bourret, directeur du Service de planification académique et de recherche institutionnelle. À ce chapitre, l'UQAM est désavantagée par rapport à d'autres universités plus riches. Ainsi, elle se classe au 12e rang selon l'indicateur Operating Budget et au 11e rang, derrière Concordia (9e), pour le ratio professeurs/étudiants. «Le fait que l'UQAM possède moins de ressources que d'autres universités, démontre simplement qu'elle est sous-financée et qu'il existe un écart de richesse entre les établissements universitaires», observe Robert Proulx.
Quant à la réputation des différentes universités, souvent liée à l'âge et à la richesse des établissements, cet indicateur compte pour 20 % de la note générale.
Quand on examine la performance académique, c'est-à-dire les subventions de recherche, les prix et distinctions remportés par les professeurs et les étudiants, ainsi que le taux de persévérance aux études, on constate que l'UQAM fait plutôt bonne figure et se situe même souvent au-dessus de la moyenne nationale :
• Social Sciences and Humanities Grants : 4e sur 12, devant Concordia (6e);
• Student Awards : 6e sur 12, devant Concordia (9e);
•Medical/Science Grants : 8e sur 12, devant Concordia (9e);
• Faculty Awards : 7e sur 12, devant Concordia, 10e position pour distinctions accordées aux professeurs (national awards);
• Total Research Dollars : 9e rang.
Une donnée aussi pertinente que le taux de diplomation des étudiants est malheureusement absente du palmarès, poursuit André Bourret. «À l'UQAM, le taux atteint près de 80 % au premier cycle. Le ratio professeurs/étudiants, autre donnée intéressante, s'est beaucoup amélioré à l'UQAM depuis dix ans. Il se situe aujourd'hui à 24,5, et non à 28 comme le prétend Maclean's, ce qui classerait l'UQAM au milieu du peloton.»
Le modèle d'université privilégié par Maclean's est celui des universités traditionnelles, bien nanties, comme McGill ou Berkeley, note Robert Proulx. «Ce modèle, dit-il, ne correspond pas à l'identité de l'UQAM, jeune université qui s'est donné une mission d'accessibilité et de services à la collectivité.»
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'UQAM, Concordia et l'Université York, à Toronto, sont les trois universités qui se trouvent au bas du classement, conclut André Bourret. «Ce sont trois universités de taille moyenne, ayant des missions semblables, qui ont décidé d'implanter leur campus non pas en retrait mais en plein centre-ville.»
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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 7 (29 novembre 2010)
Catégorie : Étudiants
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