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Louis Dussault
Photo: Nathalie St-Pierre

Une année à Shanghai


Le pavillon de Montréal à l’Exposition universelle de Shanghai, en 2010. Photo: Philippe Roy

Par Pierre-Etienne Caza

«La Ville de Montréal n'est pas passée inaperçue lors de l'Exposition universelle 2010 de Shanghai», souligne fièrement Louis Dussault. Pour la première fois dans l'histoire des expositions universelles, 50 villes à travers le monde ont été invitées à y exposer. Montréal, qui célébrait l'an dernier le 25e anniversaire de son jumelage avec Shanghai, a relevé le défi avec brio. Professeur associé au Département de communication sociale et publique de l'UQAM, Louis Dussault était le représentant officiel de la Ville et le responsable du pavillon de Montréal.

Les villes à l'honneur

Le thème de l'Expo de Shanghai, qui s'est déroulée de mai à octobre 2010, était «Meilleure ville, meilleure vie». «Chaque ville devait présenter ce qu'elle qualifiait de meilleure pratique urbaine en matière d'environnement, explique Louis Dussault. Montréal a présenté le Complexe environnemental Saint-Michel.»

L'ancienne carrière de calcaire (Miron) a été rachetée par la Ville de Montréal en 1988. Une portion du complexe comprend aujourd'hui un centre de récupération qui traite toutes les matières recyclables des Montréalais, une centrale qui convertit en électricité les biogaz produits par le site d'enfouissement, ainsi que des lieux de compostage. Ce site où l'on a enfoui des résidus depuis plus de 30 ans se transforme donc progressivement en un grand parc, comparable en superficie au parc du Mont-Royal, et qui rallie nature, culture, sciences et sports - l'animation du site a été confiée à la TOHU, la Cité des arts du cirque, et le Cirque du Soleil y a construit son siège social.

Au pavillon de Montréal, les visiteurs ont pu voir la métamorphose du complexe environnemental grâce à une immense plateforme composée de 720 blocs animés individuellement par ordinateur. «Nous avons attiré 750 000 visiteurs, dont plus de 125 délégations officielles provenant de différentes villes chinoises intéressées par le  problème de la gestion des déchets», souligne Louis Dussault, qui fut sollicité par les médias chinois durant toute la durée de l'exposition.

Le fameux passeport

Dans le milieu des expositions universelles, celle de Montréal a la réputation d'avoir été l'une des plus réussies, précise le professeur Dussault. «Avant 1967, les expositions universelles étaient plutôt commerciales, tandis que Montréal a ajouté une touche socioculturelle qui perdure.»

L'idée du fameux passeport - estampillé dans chacun des pavillons - a vu le jour lors de l'Expo 67 et a été reprise lors des expositions subséquentes. À Shanghai, elle a fait fureur! «Les gens entraient à peine dans les pavillons, tout ce qu'ils voulaient, c'était l'estampille dans leur passeport!», raconte-t-il en riant. Son propre passeport de l'Expo 67, qu'il a conservé précieusement, a même été exposé au pavillon de Montréal et a donné lieu à une couverture médiatique nationale!

Un expert en protocole

Louis Dussault est un expert reconnu dans l'univers du protocole. Ancien adjoint au chef du protocole du gouvernement du Québec (1975-1978) et chef du protocole de la Ville de Montréal de 1988 à 1995, il a participé à l'accueil de la Reine Élizabeth II, à l'occasion des Jeux olympiques de 1976, ainsi qu'à la visite du Pape à Montréal, en 1984.

Il est l'auteur d'un livre de référence dans le domaine du protocole, intitulé Le protocole. Instrument de communication (Protos, 1995 et 2003), lequel a été traduit en chinois, en roumain et en vietnamien. «On perçoit souvent le protocole comme étant le fait de gens qui empêchent, qui régissent et qui policent, dit-il. Je crois que j'ai changé la donne avec mon livre, en mettant en lumière que le protocole permet plutôt de rapprocher les gens, car ce sont des façons de faire codifiées qui, lorsqu'elles sont connues, facilitent la communication entre des individus dans des circonstances publiques.»

La parution de son livre allait clore ses activités dans le milieu protocolaire, croyait-il, mais ce fut l'inverse. «On m'a demandé de donner des ateliers, des conférences, on m'a embauché à l'UQAM et puis en Chine.» Louis Dussault enseigne en effet le protocole occidental aux étudiants en relations publiques de la Shanghai International Studies University.

Chercheur à la Chaire de relations publiques et communication marketing de l'UQAM, il travaille présentement sur le protocole en milieu amérindien. «Je lis les rapports des explorateurs du XVIe siècle et je peux clairement distinguer les éléments de protocole chez les Amérindiens. Ce sont des sociétés qui étaient déjà parfaitement organisées, mais nous n'avons pas su le reconnaître, car nous n'en comprenions pas les codes. Je souhaite analyser le protocole amérindien sous l'angle historique et voir comment il a évolué jusqu'à aujourd'hui.» À suivre.

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 10 (7 février 2011)

Catégories : Communication, Gestion

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 7 février 2011