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Denis Chouinard
Photo: Lucie Cermakova

Festival de films étudiants : rencontre avec la Finlande


Photo: Jaana Rannikko

Par Pierre-Etienne Caza

En novembre dernier, l'UQAM a été la première université canadienne à prendre part au festival Illumenation, organisé par l'Université Aalto d'Helsinki, en Finlande. Cinq finissants du baccalauréat en communication (cinéma), Pierre-Marc Asselin, Patrick Bilodeau, Kathleen Cousineau, Naomie Décarie-Daigneault et Alexandre Desjardins, ont participé à cet événement, qui regroupait également des étudiants et des professeurs des universités d'Helsinki, de Potsdam (Allemagne) et de Göteborg (Suède).

«Il s'agit d'un événement qui dépasse le cadre du traditionnel festival de films étudiants, car toutes les universités participantes doivent organiser un atelier», explique le cinéaste Denis Chouinard, professeur invité à l'École des médias, qui accompagnait les finissants de l'UQAM. «C'est une mise en commun des méthodes d'apprentissage qui permet de voir comment le cinéma est enseigné ailleurs dans le monde», poursuit-il.

L'atelier mis sur pied par Denis Chouinard s'intitulait Facing the Truth. «Je proposais à chaque participant d'aller devant la caméra et de parler de lui, explique-t-il. On regardait ensuite les images sur un grand écran. C'est un exercice qui sert à faire comprendre aux futurs réalisateurs ce que représente le fait d'être devant une caméra pour un acteur. Ils prennent conscience qu'un regard bien posé ou un froncement de sourcil est parfois beaucoup plus éloquent qu'une phrase qui en dit trop.»

Des films différents

Des films réalisés par des étudiants de l'UQAM au cours des trois dernières années ont été projetés lors du festival. «Notre façon de faire des films est différente, note Denis Chouinard. Les projets européens sont beaucoup plus personnels, plus expérimentaux, moins narratifs.»

Les finissants qui ont participé à l'aventure partagent son point de vue et ont apprécié se frotter à un cinéma différent. «Nos films étaient sombres, se penchaient sur la répétition, le vide, l'ennui, le pathétisme de nos existences un peu minables, analyse Naomie Décarie-Daigneault. En revanche, les films des étudiants européens étaient beaucoup plus aboutis et riches en termes de contenu, particulièrement les deux films suédois qui nous ont été présentés, des œuvres très singulières, relevant d'un style assumé et personnel.»

Les finissants de l'UQAM ont tenté de comprendre comment il pouvait y avoir un tel écart entre les films d'ici et ceux des universités européennes en questionnant les réalisateurs sur leur parcours et leur formation. «Nous sommes des enfant comparativement à eux, souligne Kathleen Cousineau. Nous avons en moyenne 22 ans, alors qu'ils ont entre 28 et 30 ans. L'expérience de la vie transparaît dans l'écriture de leur scénario et dans leur façon de réaliser.» Mais la jeunesse n'explique pas tout, croit Patrick Bilodeau. «C'est la peur d'exploiter nos expériences personnelles qui gruge la pertinence de nos films», affirme-t-il.

Nourrir la création

Professeur invité à l'UQAM depuis 2008, Denis Chouinard adore enseigner aux étudiants en cinéma. «Pour un créateur comme moi, c'est stimulant d'être entouré de jeunes, car ils me montrent de nouvelles façons de faire. Cela me permet de me questionner par rapport à ma propre démarche», note le réalisateur de Clandestins (1997), L'Ange de goudron (2001) et Délivrez-moi (2006).

Le cinéaste vient de terminer un documentaire tourné en collaboration avec des étudiants de l'UQAM. Celui-ci s'intitule Betsiamites et porte sur la condition des Amérindiens en lien avec la prolifération des moyens de communication au XXIe siècle.

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Source : Journal L'UQAM, Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 11 (21 février 2011)

Catégorie : Communication

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 21 février 2011