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Martin Drapeau, diplômé du doctorat en psychologie de l'UQAM en 2003.

Photo: Nathalie St-Pierre

Chercheur et psychologue clinicien


Par Claude Gauvreau

De nombreux diplômés du doctorat de l'UQAM enseignent aujourd'hui dans le réseau universitaire. Depuis le début de l'année, le journal L'UQAM présente chaque mois le portrait de l'un de ces diplômés.

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Une lettre publiée dans le numéro de mai 2010 du magazine Psychologie Québec, signée par les chefs de service en psychologie, soulignait que de nombreux postes de psychologues n'étaient pas comblés et que les ressources en psychologie se faisaient rares dans le réseau public. Selon Martin Drapeau, vice-président de l'Ordre des psychologues du Québec et professeur de psychologie du counseling et de psychiatrie à l'Université McGill, «les soins en psychothérapie au Québec devraient être disponibles à tous ceux qui le souhaitent, indépendamment de leurs ressources financières, comme c'est le cas au Royaume-Uni et en Australie. Nous devons nous demander quelle importance nous accordons à la santé mentale et ce que nous sommes prêts à faire pour élargir l'accès aux services psychologiques en général.»

Détenteur d'un doctorat en psychologie de l'UQAM (2003), ce psychologue âgé de 38 ans dirige le Groupe de recherche sur les processus psychothérapeutiques à l'Université McGill, auquel est rattachée une clinique de consultation. «En étudiant les processus psychothérapeutiques - rapports entre patients et thérapeutes, techniques utilisées - nous cherchons à comprendre les facteurs qui influencent le déroulement d'une thérapie et sa réussite, explique Martin Drapeau. Nous savons qu'aucun traitement n'est efficace avec tous les patients, quelle que soit l'approche utilisée. La question est de savoir quel traitement est le plus adéquat pour un patient en particulier aux prises avec un problème particulier.»

Après un baccalauréat et une maîtrise en psychologie aux universités de Montréal et Laval, et des études en droit, en sociologie et en criminologie, le jeune chercheur choisit l'UQAM pour son doctorat et rédige sa thèse sur les processus de changement chez les agresseurs sexuels pédophiles. «L'UQAM possède une solide expertise dans le domaine de la psychodynamique - version moderne du travail psychanalytique développé par Freud -, une approche qui m'intéressait à l'époque, dit-il. De plus, ses liens avec la communauté et la possibilité d'effectuer des stages de recherche à l'étranger offerte par son programme de doctorat m'attiraient particulièrement.»

Combiner des approches

Différentes écoles de pensée existent dans le domaine de la psychothérapie. Les plus importantes sont reliées aux approches psychodynamique, humaniste, cognitive-comportementale et interactionnelle. Certaines insistent sur la qualité du lien établi avec le patient, d'autres soulignent l'importance d'utiliser la bonne technique au bon moment. Martin Drapeau déplore pour sa part les querelles de chapelle entre les différentes écoles. «Aucune approche ne peut prétendre répondre à tous les besoins. Chose certaine, une bonne thérapie peut très bien intégrer divers ingrédients provenant d'approches différentes.»

Sur quoi s'appuie-t-on pour décider que tel traitement sera privilégié? La norme, c'est le diagnostic, observe le psychologue. «Si on fait face à un problème de dépression, ce sera le traitement x, s'il s'agit d'un trouble d'anxiété, ce sera le traitement y. On a trop tendance à choisir un traitement uniquement parce qu'il est reconnu efficace pour un trouble donné. Un trait de personnalité ou culturel d'un patient peut être parfois un meilleur indicateur pour déterminer le choix d'un traitement.»

Deux solitudes

Selon Martin Drapeau, trop peu de gens reçoivent les soins appropriés à leur état de santé. Ainsi, dans les cas de dépression, de nombreuses personnes ne bénéficient pas d'un traitement adéquat. «Des individus souffrant de dépression ou d'un trouble d'anxiété consultent d'abord leur médecin de famille qui, souvent, leur prescrit un médicament, alors que le traitement de choix devrait être la psychothérapie. Pour que l'offre de services soit diversifiée et de qualité, il importe que les psychologues et les médecins généralistes travaillent main dans la main et que des psychologues soient intégrés aux groupes de médecine familiale.»

Le vice-président de l'Ordre des psychologues plaide aussi en faveur de liens plus étroits entre les chercheurs et les psychologues cliniciens. «Ayant moi-même un pied dans chacun de ces mondes, j'ai pu constater l'existence de deux solitudes. Un transfert bidirectionnel des connaissances est essentiel. Cela permettrait aux cliniciens d'avoir accès à la recherche, voire d'y contribuer, et aux chercheurs de se pencher sur des problèmes qui préoccupent les cliniciens.»

 

 

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 13 (21 mars 2011)

Catégories : Sciences humaines, Diplômés, Professeurs

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 21 mars 2011