
Anne Latendresse
Photo: Nathalie St-Pierre

Vue sur Rio de Janeiro.
Photo: istockphoto.com
Par sa taille, son poids démographique et sa réussite économique, par son statut de leader régional et la vigueur de sa démocratie, le Brésil est devenu un acteur incontournable dans l'arène internationale, après des décennies d'instabilité politique. «C'est un pays fascinant qui suscite l'intérêt des chercheurs universitaires. Marqué par d'importantes différences régionales, sociales et culturelles, le Brésil a porté au pouvoir un ancien dirigeant d'une centrale syndicale, après avoir été gouverné pendant longtemps par des représentants de la grande bourgeoisie», souligne Anne Latendresse, professeure au Département de géographie et nouvelle directrice du Centre d'études et de recherches sur le Brésil (CERB), créé il y a dix ans.
Le CERB regroupe une vingtaine de professeurs et d'étudiants de l'UQAM, ainsi que d'autres universités québécoises, provenant de différentes disciplines : arts et lettres, sciences, sciences humaines, communications, science politique et droit. Il reçoit des professeurs et des étudiants du Brésil et facilite le séjour de chercheurs québécois dans des universités brésiliennes. L'UQAM a ainsi accueilli récemment neuf doctorants brésiliens pour un séjour de six mois au Québec. Rattachés pour la plupart à l'Institut de planification urbaine et régionale de l'Université fédérale de Rio de Janeiro, ils participeront à des séminaires sous la supervision de professeurs de l'UQAM.
«Au Canada, l'UQAM est reconnue aujourd'hui comme le principal centre d'expertise universitaire sur le Brésil, car c'est ici que les recherches sur ce pays sont les plus nombreuses et les plus diversifiées», note la directrice du CERB.
Plusieurs chercheurs de l'UQAM s'intéressent aux transformations sociales qui ont marqué le Brésil au cours des 20 dernières années, notamment en matière de démocratisation du pouvoir, de gestion et de planification urbaine. «Berceau des forums sociaux mondiaux, le Brésil a favorisé la création d'espaces politiques où peuvent s'exprimer des mouvements citoyens, comme le mouvement des paysans sans terre, observe Anne Latendresse. Les deux mandats du président Lula, qui a quitté le pouvoir à la fin de 2010, ont témoigné d'une volonté de gouverner autrement. C'est pourquoi le CERB a organisé, cet hiver, des séminaires pour dresser un bilan de sa présidence.»
L'intérêt de l'UQAM pour le Brésil se traduit également par sa participation au réseau BRACERB, créé en 2005, qui a permis la signature d'ententes de coopération avec 14 universités brésiliennes, dont deux l'an dernier avec l'Université fédérale de Rio de Janeiro et l'Université de Sao Paulo, les plus importantes au pays. Le réseau facilite l'organisation de séjours linguistiques pour les Brésiliens qui veulent apprendre le français à l'UQAM et propose l'équivalent aux Québécois désirant perfectionner leur portugais dans l'un des établissements brésiliens. Il offre aussi une réduction des frais de scolarité pour les étudiants de doctorat des universités participantes.
Depuis quelques années, les collaborations entre les chercheurs de l'UQAM et ceux des universités brésiliennes se sont multipliées. À l'initiative des professeurs Luc-Normand Tellier, du Département d'études urbaines et touristiques, et Carlos Vainer, de l'Université fédérale de Rio de Janeiro, un réseau de chercheurs du Brésil, d'Argentine, de l'UQAM, de l'Université de Montréal et de l'Université Laval s'est formé, il y a deux ans, autour de la thématique «Métropoles, Inégalités et Planification démocratique». Les travaux couvrent notamment les conflits urbains, la participation citoyenne, la gestion publique et l'environnement. Trois colloques se sont déjà tenus sur ces questions et un quatrième aura lieu en octobre 2011, à Montréal, dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier.
Un autre projet de recherche sur les méga-événements urbains mobilise des chercheurs uqamiens et brésiliens. «Le Brésil accueillera la Coupe du monde de soccer en 2014 et les Jeux olympiques en 2016. Il s'agit d'étudier les impacts sociaux, économiques et culturels de ces événements, en prenant pour exemples Montréal, Rio et Sao Paulo», précise la responsable du CERB. Enfin, les résultats d'une recherche sur le rôle des universités dans le développement local seront publiés dans un ouvrage collectif, qui sera lancé en avril au Brésil.
À l'UQAM, le CERB envisage la création, en 2012, de stages d'études au Brésil et la relance d'un programme de certificat sur la langue et la culture brésiliennes, en partenariat avec l'École de langues. «Nous visons à consolider les activités scientifiques du CERB et à renforcer sa visibilité, tant à l'UQAM qu'à l'extérieur, souligne Anne Latendresse. Nos rencontres hebdomadaires, les «Midis Brésil brunché», se poursuivront pour permettre aux étudiants, aux professeurs et au grand public de partager des connaissances autour d'un thème particulier.»
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Source : Journal L'UQAM, Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 14 (4 avril 2011)
Catégories : Sciences humaines, Professeurs
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