
Nicole Bonenfant

Sylvain Le May
Photo: Nathalie St-Pierre

Photo: Nathalie St-Pierre
L'UQAM accueille, le 7 avril prochain, le colloque «Participation à la vie éducative, apprentissages et transitions». Organisé par le Réseau international sur le processus de production du handicap (RIPPH), le rendez-vous propose une série de conférences sur le thème de l'inclusion scolaire et compte attirer, au pavillon Sherbrooke, près de 200 participants, professeurs, membres d'organismes communautaires et étudiants. «Nous désirons faire le point sur l'intégration et l'accompagnement des étudiants en situation de handicap et trouver des solutions, notamment pour améliorer l'enseignement dispensé à ces étudiants», explique Patrick Fougeyrollas, président-fondateur du RIPPH.
Les établissements d'enseignements accueillent aujourd'hui davantage d'étudiants en situation de handicap (déficience visuelle, auditive, physique, troubles de santé mentale, troubles d'apprentissage, etc.). Depuis trois ans, beaucoup d'efforts ont été investis, principalement au primaire et au secondaire, pour l'intégration de ces étudiants en classe «régulière». Et les universités n'échappent pas au mouvement. À l'UQAM, les étudiants en situation de handicap étaient un peu plus de 500 en 2009-2010, un chiffre qui a presque triplé en cinq ans. «L'université, au même titre que les autres établissements d'enseignement, doit être un lieu inclusif et d'ouverture, où les apprentissages se font dans le respect des différences et en toute égalité. L'accès à la connaissance, c'est la clé d'une qualité de vie et d'une vie sociale active», croit Patrick Fougeyrollas, un spécialiste de l'étude du phénomène de construction sociale du handicap.
Mais encore faut-il que les universités se dotent de moyens pour accueillir cette clientèle particulière. «D'où l'importance de rendre les universités plus accessibles, en facilitant la mobilité des étudiants - rampes d'accès, portes automatiques - et en formant le personnel enseignant à leurs besoins», précise Patrick Fougeyrollas.
L'un des thèmes du colloque concerne la situation des étudiants aux prises avec des problèmes de santé mentale ou des troubles d'apprentissage. Près de la moitié de la clientèle en situation de handicap de l'UQAM se classait dans cette catégorie en 2009-2010, contre 14 % seulement 6 ans auparavant. Pour aider ces étudiants à réussir, il faut entre autres revoir le fonctionnement habituel des cours, notamment en ce qui a trait aux examens. «Un individu souffrant d'un déficit de l'attention peut, en période d'examen, demander du temps supplémentaire. S'il souffre d'un trouble d'apprentissage, l'étudiant peut exiger un type d'examen en fonction de ses capacités - un test à choix multiples, par exemple, plutôt qu'une question à développement», dit Sylvain Le May, conseiller accueil et intégration aux Services à la vie étudiante.
L'UQAM fait figure de pionnière en matière d'accueil et d'intégration des étudiants en situation de handicap. La Politique institutionnelle no 44, qui porte sur l'intégration de ces étudiants, a été ratifiée en 1987 et sera actualisée d'ici la fin de l'année. Quant au volet accueil et soutien aux étudiants en situation de handicap des Services à la vie étudiante, il offre salle de repos et locaux où les étudiants peuvent réaliser leurs travaux à l'aide d'ordinateurs adaptés (imprimante en braille, écran à gros caractères, logiciel de synthèse vocale, etc.). L'aide de psychologues et de conseillers en orientation scolaire est également proposée.
L'accessibilité au savoir et à la réussite reste très importante pour l'UQAM. C'est d'ailleurs l'un des principes directeurs du Plan stratégique 2009-2014. «Nous voulons permettre à l'ensemble des groupes marginalisés ou fragilisés - les étudiants autochtones, les étudiants étrangers, les étudiants parents et les étudiants en situation de handicap - d'avoir accès à l'université et à la réussite académique, souligne Nicole Bonenfant, directrice de la Division des Services-conseil à la vie étudiante. L'université, c'est plus que des salles de cours, c'est aussi un milieu de vie, un endroit où socialiser et s'impliquer, où les conditions de passage et les expériences de vie doivent être prises en compte.»
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Source : Journal L'UQAM, Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 14 (4 avril 2011)
Catégories : Éducation, Employés
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