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Naël Shiab, rédacteur en chef du Montréal Campus, et le journaliste Roch Côté.
Photo : Nathalie St-Pierre

Le Campus a 30 ans!


Par Valérie Martin

Pour souligner son trentième anniversaire, Montréal Campus, le journal-école des étudiants de l'UQAM, a frappé fort : 23 000 exemplaires de son édition spéciale ont été encartés dans l'édition du week-end du 26 février dernier du quotidien Le Devoir. «Nous voulions sortir le Montréal Campus de son cadre universitaire et le faire connaître auprès des lecteurs du Devoir», lance le rédacteur en chef, Naël Shiab, finissant au baccalauréat en journalisme.

Cette édition spéciale intitulée «30 ans de journalisme étudiant et indépendant» contient une entrevue exclusive avec la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, et aborde différents thèmes comme l'histoire du journalisme étudiant et la presse universitaire dans le monde, le tout sous formes d'articles longs et de dossiers fouillés. «La mode est aux articles courts qui se lisent rapidement, remarque Naël Shiab. Avec cette édition, nous avons voulu être à contre-courant du mouvement.»

Naissance d'un journal

Roch Côté, père fondateur de Montréal Campus, est embauché à l'UQAM en 1979 comme professeur de presse écrite. «À l'époque, il n'y avait pas de journal étudiant, ce qui n'avait aucun sens puisqu'il n'y a rien de mieux qu'une vraie salle de rédaction pour apprendre les rudiments du métier», raconte le journaliste, qui enseigne toujours le cours Atelier de presse quotidienne, à titre de chargé de cours.

En 1980, Roch Côté met sur pied le Montréal Campus en compagnie de deux étudiants en communication, Johanne Babin (aujourd'hui coordonnatrice au vice-décanat aux études de l'ESG UQAM) et Yvon Brossard. Les apprentis journalistes élisent domicile dans le local du professeur Côté. «Mon bureau leur servait de salle de rédaction et ils pouvaient emprunter ma ligne téléphonique pour leurs entrevues, se remémore Roch Côté. Pour ma part, j'allais corriger les travaux des étudiants dans le corridor!» Par la suite, l'UQAM fournira ligne téléphonique et salle de rédaction indépendante aux équipes successives du Montréal Campus.

Pas question pour le professeur de s'ingérer dans le contenu rédactionnel et les prises de décision du journal. «C'était et ça demeure encore aujourd'hui un journal entièrement produit par et pour des étudiants», précise-t-il. Pour ce faire, Roch Côté instaure la charte de la société des rédacteurs, toujours en vigueur 30 ans plus tard, qui stipule que le journal est un organe libre et indépendant se dissociant de tout parti et courant politiques, ainsi que de l'Université et de ses associations étudiantes. «Le journal n'embrasse aucune cause particulière. C'est une presse d'information, explique le chargé de cours. La charte du Montréal Campus est largement inspirée de celle du défunt quotidien Le Jour, où je travaillais comme journaliste.» Les collaborateurs (qui ont signé plus de trois articles) et les membres du personnel régulier du Montréal Campus font partie de la société de rédacteurs, administrent leur propre budget, décident du contenu rédactionnel du journal et sont rémunérés pour leurs articles.

Un journal qui persiste... et signe

Malgré des années difficiles, le journal étudiant a pu survivre grâce aux revenus publicitaires et à la vente de beignes et de café offerts dans les locaux de la salle de rédaction. «Depuis les débuts ou presque, le journal peut compter sur la présence du publicitaire Rémi Plourde, qui a maintes fois volé à sa rescousse. Il a su tisser au fil des années des liens étroits avec les annonceurs», relate Roch Côté.

Une autre variable explique le succès du Campus : ses cohortes d'apprentis journalistes qui ont façonné le journal, lui donnant, selon les années et les modes, une tangente plus culturelle ou plus sociale. «Le Montréal Campus a compté dans ses rangs un nombre impressionnant de collaborateurs, que ce soit Vincent Marissal, Nathalie Collard, Manon Cornellier ou d'autres que l'on retrouve aujourd'hui partout dans les médias, souligne Roch Côté. Tant et aussi longtemps qu'il y aura une relève, le journal existera.»

Que peut-on souhaiter au Montréal Campus pour les prochaines années? «Que l'on préserve son indépendance. C'est un acquis fragile, rappelle Naël Shiab. Le Montréal Campus ne s'est jamais gêné pour remettre en question l'Université. Son mandat, c'est de rapporter aux étudiants ce qui se passe à l'UQAM. Il a un rôle de surveillance. Il ne faut pas oublier qu'il est l'un des derniers journaux indépendants francophones de Montréal, d'où l'importance de le garder en vie le plus longtemps possible.»

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Source : Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 15 (18 avril 2011)

Catégories : Communication, Étudiants

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 18 avril 2011