Louise Boisclair
Diplômée, artiste multidisciplinaire, auteure, chercheure Ateliers Le cheval de Troie
- 2 juin 2007
L'UQAM est en pleine tourmente mais de grâce reconnaissons publiquement sa notoriété. Ce n'est pas parce qu'elle traverse une crise qu'elle perd l'ensemble de ses qualités acquises en plus de trois décennies.
J'ai très souvent accompagné et conseillé des décideurs en gestion de crise pour comprendre à distance la pression que doivent vivre les instances de l'UQAM et par ricochet, les étudiants, les professeurs et le personnel. C'est partout pareil, la crise sème le doute et porte ombrage. Pendant un certain temps on perd nos moyens créatifs. Si tous conviennent que les projets immobiliers avalisés sous l'ancien rectorat et par une poignée d'administrateurs obnubilés étaient disproportionnés et qu'un redressement s'impose, ce qui est en train de se négogier, ne perdons pas de vue l'essentiel: la mission première et quotidienne d'une institution universitaire. Toute sorte de solutions peuvent être trouvées si l'on réfère à la loufoque tragicomédie du budget du Québec.
Les gens perdent de vue la richesse de la forêt boréale pour une rangée d'épinettes qui portent ombrage à des milliers de conifères et de feuillus. Ne procédons pas non plus à des coupes radicales qui viendraient hypothéquer des droits acquis. Ne pénalisons pas des générations d'étudiants à venir, des centaines de professeurs déjà au bout de leur souffle ni un personnel dévoué et déjà débordé. L'UQAM est une grande jeune université très appréciée pour son esprit novateur et ses compétences. Elle a une personnalité propre que lui envient de plus vieilles unversités. Elle est composée de professeurs brillants et dévoués et parmi ses administrateurs se retrouvent, j'en suis convaincue, des personnes intègres et efficaces. Bien sûr il y a ici et là quelques pions et pommes piquées. Qui n'a pas un jour provoqué un glissement ou un dérapage simplement par inconscience ou faiblesse de jugement. J'admets ici que les conséquences ne sont pas négligeables.
De grâce Madame Laberge et tout le conseil d'administration, poursuivez et affichez publiquement haut et fort que des solutions seront trouvées pour ne pas pénaliser ceux qui n'ont rien à voir avec cette bourde. Des milliers d'étudiants vous font confiance et croient en la valeur de l'UQAM. Il serait grandement apprécié que les professeurs, les étudiants et le personnel ne soient pénalisés pour une responsabilité qui n'est pas la leur. En plus d'entendre publiquement les corrections apportées à la situation il faut entendre haut et fort que l'UQAM n'a pas perdu sa raison d'être ni sa force qui est l'enseignement et la recherche, Je suis convaincue que des levées de fonds et des négociations gouvernementales peuvent contribuer à combler le manque. Comme c'est souvent le cas, les crises sont formatrices et permettent de renforcer notre équilibre. Après tout comme le dit un proverbe chinois, petite, perte, petit gain, grosse perte, gros gain.
Bonne vie à l'UQAM.