Rachel Chagnon
Professeure au Département des sciences juridiques de l'UQAM
- 14 septembre 2007
J'ai lu samedi dernier que le réseau de l'UQ «menaçait» d'exiger un budget mensuel à l'UQAM. Je ne suis pas allée dans le détail du comment et du pourquoi, mais pour ma part, j'ai trouvé plutôt moche cette menace faite à un adversaire déjà par terre.
Moche est d'ailleurs le mot qui me vient à l'esprit lorsque j'entends les paroles qu'ont les dirigeants politiques, les gouverneurs de l'UQ et plusieurs journalistes à l'endroit de l'UQAM.
Si, au début, j'arrivais à comprendre leur frustration, que je ressens aussi à double titre d'étudiante et d'employée, ils me donnent de plus en plus l'impression de faire dans l'acharnement gratuit. Je me demande si une seule personne parmi ces braves gens a eu ne serait-ce qu'une pensée pour les employés et les étudiants de l'UQAM, qui ne sont pour rien dans ce bourbier.
En effet, l'UQAM est aussi une grande institution qui forme des comptables, des chimistes, des enseignants, des avocats, et j'en passe. Ces diplômés deviennent des citoyens utiles au Québec et d'honnêtes contribuables. L'UQAM compte aussi des employés dévoués et des chercheurs enthousiastes et mobilisés. Tous ces gens paient aussi des impôts et contribuent à l'enrichissement collectif des Québécois. Et je trouve moche que personne au gouvernement ou dans les autres grandes instances où se décide le sort de l'UQAM ne semble être le moindrement préoccupé par leur sort.
Aussi, de façon plus spécifique, je trouve plutôt moche que ces braves gens aient oublié que 42 000 étudiants, comme moi, ont investi beaucoup dans l'obtention d'un diplôme universitaire à l'UQAM. Cet investissement se chiffre en dizaine de milliers de dollars par étudiant, plus de 40 000 $ en ce qui me concerne. Si, par leur entêtement et leur mépris, le gouvernement québécois et l'UQ devaient provoquer le démantèlement de l'UQAM et ruiner cet investissement, je n'aurais aucun scrupule à leur envoyer une mise en demeure dûment chiffrée. Nous sommes 42 000, faites le calcul... Et, évidemment, je ne parle pas de tous les autres problèmes liés à la liquidation d'une telle institution. Je pense qu'il est grand temps de cesser l'acharnement gratuit sur le dos des dirigeants de l'UQAM et de trouver des solutions viables. Dans l'état actuel des choses, c'est-à-dire compte tenu entre autres du refus de Québec d'investir correctement dans le réseau universitaire, demander l'équilibre budgétaire n'est pas une solution viable. Aucune université québécoise n'y parvient. Et ça, la ministre le sait, ce qui est vraiment très moche!