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À la défense de l'UQAM : messages d'appui
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Lettre à la ministre Michelle Courchesne

Francine Ouellette
Employée
- 14 septembre 2007

Sur le thème de «Rodrigue, as-tu du cœur?» (Le Cid de Pierre Corneille)

Madame la ministre,

Je n'ajouterai pas aux savantes et parfois fort pertinentes analyses et critiques économiques et politiques sur la situation de l'UQAM qui foisonnent depuis des semaines dans les médias.

L'UQAM, c'est 40 000 étudiants aujourd'hui, 170 000 diplômés, quelques milliers de professeurs, chargés de cours et employés de soutien qui travaillent avec cœur et courage depuis 1968.

C'est beaucoup d'hommes et de femmes qui depuis bientôt 40 ans, se sentent obligés chaque jour de faire plus et mieux que les autres (universités) avec moins, cent fois moins, qui se sentent chacun responsable de faire mentir le cliché de bon ton selon lequel l'UQAM est une éternelle junior un peu risible, qui a cette outrecuidance étrange de se penser aussi bonne que les grandes.

Pour nous, à qui on demande de payer pour les gestes de quelques gestionnaires, de certains complices connus et d'autres, moins connus qui jouent aujourd'hui au père fouettard envers l'UQAM ce n'est pas la situation de l'UQAM qu'on trouve la plus désolante, c'est celle d'une ministre qui ne fait pas la différence entre une fabrique de brosses à dents et une université, c'est celle de nos accusateurs aux mains grises, gens de pouvoir de toutes sortes dans un réseau dont l'UQAM est le pilier central.

Qu'on dépense des millions pour analyser comment l'UQAM s'est enfoncée dans quelques centaines des millions de déficit, soit. Quand la poussière sera retombée, on se rappellera que le gouvernement, la ministre, le siège social de l'UQ, en situation de difficulté et de danger aigu pour l'UQAM, n'ont, eux non plus, rien vu venir quand c'était le temps. Puis, le drame déclaré, ils n'ont rien su faire d'autre qu'accuser, mépriser et feindre d'ignorer la misère réelle qui vient du sous-financement chronique de toutes les universités et les dégâts de règles telle que la «solidarité ministérielle» dans les grandes organisations et le prix à payer pour ne pas y adhérer.

Madame la ministre, vos propos dans Le Devoir du 1er septembre sont trop disgracieux pour être répétés. Ils témoignent d'une sorte de mépris destructeur et hargneux que toute la communauté de l'UQAM ressent. C'est plus ou moins 250 000 personnes qui s'identifient à une grande université avec plaisir et fierté depuis 40 ans que vous avez heurtées gravement. Vous salissez leur expérience, vous dénigrez un choix important de leur vie en méprisant ouvertement cette institution, en feignant de ne pas savoir que ce n'est pas par hasard que ce drame survient dans la plus pauvre des universités.

Non je n'ai pas de colonnes de chiffres à vous offrir, les gens dévoués du vérificateur général qui sont en nos murs vont tous dégoter tous les chiffres qu'il y a à dégoter.

Madame la ministre, je vous en conjure, ne soyez pas la fossoyeure de l'UQAM, de nos efforts, de nos espoirs.

- Une parmi les dévoués et les dévouées.

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 20 septembre 2007